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    Fin de l’importation de gaz russe : l’Europe fait face à un tournant

    France

    La fin de l’importation de gaz russe marque un tournant historique pour l’Europe, qui ne reçoit plus de gaz via les pipelines ukrainiens pour la première fois depuis la Guerre froide. Malgré cela, l’Allemagne reste encore dépendante des livraisons secrètes de Moscou.

    Fin du transit et perte de la domination énergétique

    À partir de janvier 2025, l’Europe entre dans une nouvelle ère. La non-renouvellement de l’accord de transit pour le gaz russe par l’Ukraine entraîne l’arrêt des livraisons des anciennes pipelines soviétiques. En 2023, l’Europe tirait encore environ cinq pour cent de ses importations annuelles via le gazoduc Urengoi-Pomary-Uschhorod, actif depuis les années 80 pour transporter le gaz de Sibérie à travers l’Ukraine. Ce changement signifie la fin de la domination des marchés énergétiques européens par le gaz russe bon marché.

    Avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la « Bruderschafts »-pipeline représentait plus de 13 % des exportations de gaz russe vers l’Europe. L’année précédant l’invasion, la Russie couvrait plus de 40 % de la consommation annuelle de gaz en Europe.

    Un coup dur pour l’économie russe

    La transition énergétique, bien qu’essentielle, s’accompagne de coûts élevés. Les importations de gaz en provenance de Norvège (30 %), des États-Unis (20 %), d’Afrique du Nord (14 %) et du Qatar (5 %) sont désormais plus coûteuses que les livraisons russes. De plus, l’Allemagne a investi des milliards d’euros dans la construction de nouveaux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL).

    Ce changement impacte également la Russie. Selon le ministre ukrainien de l’Énergie, Herman Haluschtschenko, « c’est un événement historique. La Russie perd ses marchés et subira des pertes financières ». Gazprom, le géant énergétique d’État russe, perdrait environ cinq milliards d’euros en revenus à cause de l’arrêt définitif des livraisons.

    Un nouvel axe vers l’Est

    Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie tente de rediriger ses exportations vers l’Orient, particulièrement vers la Chine, avec des livraisons prévues à 38 milliards de mètres cubes par an, atteignant ainsi les volumes exportés vers l’Europe en 2023. Cela pourrait propulser la Russie au rang de principal fournisseur de gaz de Pékin.

    Les défis persistants de l’Europe

    Toutefois, l’Europe ne peut pas complètement se détacher de la Russie à court terme. La Hongrie, par exemple, continue de dépendre des livraisons de gaz russes via le gazoduc Turkstream. De plus, la dépendance de l’Europe vis-à-vis du pétrole russe reste une préoccupation majeure, malgré l’embargo en place depuis l’invasion de l’Ukraine. La Russie continue cependant de vendre du pétrole à l’international, souvent par l’intermédiaire de réseaux complexes, et une partie de ces livraisons finit par atteindre l’Europe.

    Les objectifs futurs de l’UE

    Bruxelles vise à ce qu’aucune énergie ne soit plus importée de Russie d’ici 2027. Le nouveau commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen, a déclaré qu’il mettrait en œuvre un plan urgent pour accélérer cette déconnexion, avec des discussions stratégiques sur d’autres livraisons de GNL en provenance des États-Unis.

    La lutte contre les résistances de pays comme la Hongrie et la Slovaquie représente un défi, mais Jorgensen est déterminé à rendre cette année historique en matière de transition énergétique.

    L'Europe se libère progressivement des importations de pétrole et de gaz russes.

    Gaz Russe | Europe | Gaz | Russie | Ukraine | Énergie | France

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