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    La lutte du théâtre marocain face aux défis du soutien

    Maroc

    La lutte du théâtre marocain face aux défis du soutien

    Mohammed Farkani, jeune metteur en scène marocain de 38 ans, s’efforce depuis sa sortie de l’Institut supérieur de théâtre et d’animation culturelle de Rabat en 2011, d’explorer le théâtre expérimental avec un groupe d’amis. En 2014, il a fondé la troupe « Théâtre Farkanisme », qui porte son nom de famille. Située à Salé, près de la capitale Rabat, la troupe a présenté plusieurs œuvres théâtrales de sa propre création et mise en scène. Malgré les nombreux défis, dont le soutien dédié au théâtre et les politiques qui en découlent, Farkani s’efforce de se produire chaque année avec une ou deux œuvres.

    المخرج المسرحي محمد فركاني

    Des défis de production

    Farkani exprime son insatisfaction à propos de sa dernière pièce « Quelque part », qui a remporté le prix des costumes lors du dernier festival national de théâtre. Il souligne que le niveau des productions présentées était en deçà des attentes, nécessitant davantage de maturité. La rapidité de production, causée par le retard dans l’annonce des résultats de soutien, a entravé la qualité des spectacles. Le ministère a annoncé ces résultats le 8 août, fixant un délai très court pour les répétitions.

    Les lacunes du soutien théâtral

    Les troupes de théâtre marocaines, dépendantes de ce soutien, se voient contraintes d’accepter des conditions peu favorables. Certaines ont refusé de présenter leurs œuvres, bien conscientes des sanctions possibles. Ce climat a conduit à des protestations, notamment de la part de la « Fédération marocaine des troupes de théâtre professionnelles », qui a exprimé son mécontentement face à la situation chaotique du théâtre, affectant gravement le parcours de ces troupes.

    Une politique de soutien à repenser

    Depuis la mise en place d’une politique de soutien en 1998, les résultats se sont éloignés des objectifs initiaux. Au lieu de transformer les troupes en institutions autonomes, ce soutien a entraîné la prolifération de nombreuses troupes, motivées davantage par des considérations financières que par un véritable désir artistique. Cela soulève une question importante : « Pratiquons-nous le théâtre pour obtenir du soutien, ou recevons-nous du soutien pour pratiquer le théâtre ? »

    Les défis structurels du théâtre marocain

    Yassine Ahjham, metteur en scène et président de la troupe « Terre des cultures », souligne que le théâtre marocain, malgré son rôle central dans l’identité culturelle nationale, fait face à des défis profonds, notamment un manque de planification. La précipitation dans la production nuit à la qualité des œuvres. Il est essentiel de prendre le temps de préparer les pièces, depuis l’écriture jusqu’à la mise en scène.

    Le public, maillon manquant

    Aḥmad al-Sabiyāʿ, dramaturge marocain, souligne que le principal manquement dans la politique de soutien réside dans l’absence d’un public engagé. Malgré les efforts du ministère de la Culture pour établir un public régulier, le théâtre marocain peine à créer une audience fidèle et interactive. Les initiatives prises, telles que l’organisation de festivals et l’encouragement du théâtre de rue, n’ont pas encore permis d’atteindre cet objectif crucial.

    Un besoin de dialogue national

    Pour Hassan Hemouch, metteur en scène avec plus de 30 ans d’expérience, le théâtre marocain nécessite une volonté politique conjointe et un dialogue constructif entre les acteurs du secteur. Il est essentiel d’élaborer une stratégie capable de transformer la production théâtrale en une industrie culturelle viable, tout en attirant un public large et diversifié. Il est crucial d’engager un dialogue responsable pour évaluer le soutien théâtral, en tenant compte des recommandations des organisations professionnelles.

    Vers une réforme nécessaire

    Les défis liés au soutien et leurs conséquences sur le théâtre marocain doivent être abordés sérieusement. La mise en place de mesures qui favorisent l’engagement du public est indispensable. Le soutien financier doit être perçu non pas comme une aide ponctuelle, mais comme un investissement dans un secteur culturel vital.

    مسرحية دوخة للمخرج الغالي اكريميش

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