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    L’Afrique à l’ère de l’électromobilité : Révolution en cours

    France

    L’Afrique est en train de prendre les devants dans le domaine de l’électromobilité, alors qu’en Europe, les discussions autour de l’abandon des moteurs à combustion continuent. Des pays comme l’Éthiopie et le Kenya innovent en proposant des véhicules électriques, transformant ainsi le paysage du transport sur le continent.

    Éthiopie : Un leader dans l’électromobilité

    L’Éthiopie, avec près de 130 millions d’habitants, prévoit un embargo sur l’importation de voitures à moteur à combustion à partir de début 2024. Cette décision est motivée par des raisons économiques, le pays étant fortement dépendant des importations de carburant, dont les coûts ont dépassé 6 milliards de dollars en 2023, pesant sur les réserves de devises. En réponse, le gouvernement investit massivement dans les énergies renouvelables, notamment l’hydroélectricité.

    Un bus électrique de Roam sur une autoroute en Afrique.

    Cependant, la transition vers l’électromobilité rencontre des obstacles importants. Les infrastructures de recharge sont rares et les coupures de courant fréquentes compliquent la tâche des propriétaires de véhicules électriques qui doivent souvent charger chez eux. Une enquête de l’agence de presse AP à Addis-Abeba révèle que la communauté croissante des utilisateurs de voitures électriques est partagée dans son enthousiasme.

    Malgré ces défis, le gouvernement reste déterminé. Selon le quotidien français « Le Monde », des incitations fiscales intéressantes sont proposées aux importateurs de véhicules électriques. Le droit de douane sur les voitures électriques a été réduit à 15 %, tandis que les véhicules à combustion sont soumis à des taxes cumulées pouvant atteindre 128 %. Ainsi, les voitures électriques se présentent comme une alternative plus économique. Initialement, le gouvernement avait prévu 148 000 voitures électriques d’ici 2032, mais ce chiffre a été révisé à 439 000 d’ici 2030, représentant potentiellement un tiers de la flotte automobile du pays, qui compte actuellement environ 1,2 million de véhicules.

    Le Kenya : Une approche pragmatique

    De son côté, le Kenya, voisin de l’Éthiopie, connaît également un essor de l’électromobilité, non pas à travers des interdictions gouvernementales, mais grâce à des solutions pratiques. Le pays génère déjà plus de 90 % de son électricité à partir de sources renouvelables, avec une importance croissante de la photovoltaïque. À Nairobi, une communauté d’opérateurs de panneaux solaires émerge, cherchant à améliorer leurs installations, comme l’explique Joseph Gakuru, directeur de Qtron.

    Des motos électriques Roam Air au Kenya.

    Qtron a compris ces opportunités en se lançant dans la conversion de véhicules anciens en modèles électriques, comme les Land Rover Defender ou les Mercedes. Les clients peuvent choisir entre des technologies de conversion venant d’Allemagne, de Chine ou de Tesla, les pièces chinoises étant particulièrement populaires en raison de leur coût abordable et de leur disponibilité rapide.

    Roam : Innovation dans le transport électrique

    L’entreprise kenyane Roam a franchi une étape supplémentaire en produisant ses propres motos électriques et bus. Son premier modèle, l’E-Moped Air, a été conçu spécifiquement pour le marché africain, avec un prix d’environ 2200 euros. Ce scooter, capable d’atteindre 90 km/h avec une autonomie de 140 kilomètres, peut être rechargé sur n’importe quelle prise. Roam gère également des stations de remplacement de batteries mobiles alimentées par des panneaux solaires.

    Les ambitions de Roam vont au-delà des motos, visant à révolutionner le transport public avec des bus électriques pouvant accueillir jusqu’à 90 passagers et ayant une portée de 360 kilomètres. D’ici 2026, l’entreprise prévoit de produire 200 bus électriques, prouvant ainsi que les coûts d’exploitation réduits des véhicules électriques les rendent plus viables que les modèles diesel.

    La révolution de l’électromobilité en Afrique est donc bien entamée, avec des approches variées selon les pays. Tandis que l’Éthiopie impose un cadre réglementaire strict, le Kenya construit un marché dynamique et autonome. Ces développements montrent que le continent possède les ressources nécessaires pour se positionner comme un acteur clé dans la transition vers des solutions de transport durables.

    Électromobilité | Éthiopie | Kenya | Transport | Énergie Renouvelable | France
    source:https://www.tagesanzeiger.ch/zwischen-aufbruch-und-abhaengigkeiten-afrikas-elektro-revolution-986377342621

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