More

    L’impact du changement climatique sur les migrations mondiales en 2024

    Afrique, Asie, Amérique Latine, Europe

    Avec l’intensification des phénomènes liés au changement climatique, les vagues de migration climatique risquent de se multiplier, avertissent les experts. La hausse des températures mondiales provoque des catastrophes naturelles de plus en plus destructrices, poussant des populations à chercher sécurité et moyens de subsistance ailleurs.

    Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature montre toutefois que la réalité est beaucoup plus nuancée : l’âge, le niveau d’éducation, le genre et la situation économique déterminent de manière cruciale qui part et qui reste coincé face aux risques croissants.

    Une étude qui bouscule les idées reçues

    Les auteurs de l’étude soulignent que les chocs climatiques extrêmes — vagues de chaleur, sécheresses et inondations — n’entraînent pas uniquement des départs massifs. Ils peuvent aussi empêcher des personnes de quitter leur lieu de vie en raison d’un manque de ressources.

    Helen Benfenist, professeure en sciences sociales de l’environnement à l’université de Stanford et auteure principale, rappelle que « le climat extrême peut pousser certains individus à se déplacer, tout en augmentant le nombre de ceux qui ne peuvent pas partir. Les décisions de migration restent fortement liées à des caractéristiques démographiques et sociales précises. »

    Méthodologie : une base de données mondiale et un modèle prédictif plus précis

    Les chercheurs ont exploité une vaste base de données mondiale comprenant :

    • plus de 125 000 cas de migrations transfrontalières ;
    • des classifications par âge, sexe et niveau d’éducation ;
    • des enregistrements climatiques détaillés : températures, humidité des sols et niveaux de précipitations.

    À partir de ces éléments, l’équipe a construit un modèle prédictif capable d’expliquer les mouvements migratoires avec une précision supérieure aux modèles antérieurs — jusqu’à 12 fois meilleure selon les résultats publiés.

    Cependant, les auteurs insistent : les facteurs climatiques ne représentent qu’une partie du tableau. L’économie, la politique et les réseaux sociaux continuent d’exercer une influence décisive sur les décisions de mobilité.

    Qui part et qui reste ?

    La recherche révèle des tendances démographiques marquées :

    • Les personnes âgées et les individus peu ou pas scolarisés montrent une propension plus élevée à partir, souvent à la recherche de conditions de vie moins pénalisantes.
    • Les adultes disposant d’un haut niveau d’éducation ne présentent pas de changements significatifs de comportement face aux chocs climatiques, ce qui reflète une plus grande capacité d’adaptation grâce aux ressources et aux opportunités professionnelles.

    Ces différences indiquent que la vulnérabilité économique et sociale demeure un déterminant central des trajectoires migratoires liées au climat.

    Variations selon les régions et les types d’aléas

    La réponse des populations dépend aussi du contexte géographique et des phénomènes observés :

    • Dans les régions tropicales, les vagues de chaleur ont augmenté la migration parmi les personnes instruites, alors que les moins scolarisés ont été moins affectés.
    • Dans les zones arides, les périodes de sécheresse poussent surtout les moins éduqués à migrer, généralement vers des villes ou localités proches.
    • Les fortes pluies et les inondations entraînent principalement des déplacements internes et des vagues de relocalisation locale.

    Le résultat est que l’opportunité et la vulnérabilité s’entremêlent pour façonner des parcours très différents selon les profils sociaux.

    La « double peine » des plus vulnérables

    Les auteurs parlent d’une « double peine » : les groupes les plus fragiles manquent à la fois des moyens d’adaptation locaux et des ressources nécessaires pour migrer vers des lieux plus sûrs.

    Population vulnérable exposée aux effets du changement climatique

    Les populations les plus vulnérables, en particulier en Afrique, subissent davantage les impacts du changement climatique et des événements extrêmes (Reuters)

    La chercheuse insiste sur la nécessité d’agir pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer, en renforçant :

    • les capacités d’adaptation locales et les infrastructures ;
    • les politiques de protection pour ceux contraints de migrer ;
    • les investissements à long terme : semences résistantes à la sécheresse, technologies agricoles avancées, etc.

    « Il faut répondre aux besoins des différents groupes, non seulement de ceux qui partent, mais aussi de ceux dont la capacité de mobilité est limitée », ajoute Helen Benfenist.

    Conséquences et projections

    Les projections internationales donnent une idée de l’ampleur possible du phénomène. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le nombre de personnes déplacées pour des raisons liées à des événements climatiques extrêmes pourrait atteindre 216 millions d’ici 2050.

    Les régions susceptibles d’enregistrer les plus forts taux de migration comprennent :

    • l’Afrique subsaharienne ;
    • l’Asie de l’Est et le Pacifique ;
    • l’Asie du Sud ;
    • l’Asie du Nord ;
    • l’Amérique latine ;
    • l’Europe et l’Asie centrale.

    Les auteurs mettent en garde : se focaliser uniquement sur les nombres globaux risque d’occulter les profils les plus vulnérables et d’entraîner des politiques inadaptées.

    Vers des politiques plus ciblées

    L’étude plaide pour des réponses nuancées et différenciées. Parmi les pistes recommandées :

    • renforcer l’adaptation locale pour ceux qui ne peuvent pas migrer ;
    • élaborer des politiques migratoires sensibles aux différences démographiques ;
    • investir dans des solutions agricoles durables et des infrastructures résilientes ;
    • protéger légalement et socialement les personnes contraintes à la mobilité.

    Au cœur du débat, il s’agit moins des volumes que des identités et des besoins des personnes affectées par la migration climatique.

    source:https://www.aljazeera.net/climate/2025/9/12/%d8%aa%d8%ba%d9%8a%d8%b1%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d9%85%d9%86%d8%a7%d8%ae-%d8%aa%d8%b9%d9%8a%d8%af-%d8%aa%d8%b4%d9%83%d9%8a%d9%84-%d8%ae%d8%a7%d8%b1%d8%b7%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%87%d8%ac%d8%b1%d8%a9

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici


    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    BCE, Banque de France, OCDE : trois signaux macroéconomiques qui pèsent sur la France cet été

    Alors que la BCE laisse entendre qu'une nouvelle hausse des taux est improbable en juillet, la Banque de France ramène sa prévision de croissance 2026 à 0,5 % et l'OCDE confirme que la France reste l'un des cancres budgétaires de la zone euro. Trois signaux qui dessinent un été tendu pour le portefeuille des Français et les comptes de l'État.

    Espagne : la croissance continue de défier la sinistrose française

    Le ministre espagnol de l'Économie Carlos Cuerpo a annoncé...

    à Lire

    Categories