En Turquie, la libération de Raphaël Boukandoura est au cœur des réactions après que le journaliste français ait été placé en garde à vue lundi à Istanbul, lors d’une couverture d’une manifestation du DEM. Plusieurs médias ont appelé mardi à sa libération immédiate et les rédactions mobilisent le soutien. Le Quai d’Orsay indique que l’ambassade de France et le consulat général à Istanbul suivent la situation de près afin d’exercer la protection consulaire si besoin. Des avocats turcs et des organisations professionnelles appellent à garantir le travail des journalistes et à une issue rapide.

À Istanbul, Boukandoura placé en garde à vue lors d’une couverture
Lundi, Raphaël Boukandoura a été interpellé par la police alors qu’il couvrait une manifestation du DEM dans le quartier de Sarıgazi, à Istanbul. L’information initiale indique que les appels pour la libération immédiate proviennent des médias qui l’employaient, notamment Courrier international, Libération, Ouest-France et Mediapart, dans un communiqué commun. « Raphaël Boukandoura est un excellent professionnel, installé en Turquie depuis 2015. Nous pensons à sa famille », écrivent-ils, soulignant que « la liberté d’informer est un droit essentiel ». « Nous exigeons des autorités turques qu’elles respectent la liberté de la presse », avait déclaré plus tôt dans un communiqué la direction de Courrier international, à laquelle s’est associée sa Société des journalistes. Boukandoura, correspondant de l’hebdomadaire depuis neuf ans, « ne faisait qu’exercer son métier de journaliste en couvrant cette manifestation », soulignent-ils. Ouest-France avait demandé dès lundi sa « libération immédiate ».
Le Syndicat national des journalistes, premier dans la profession, a aussi « exigé la libération immédiate » du journaliste, rappelant « avec force que ce journaliste ne faisait qu’exercer son métier ». Erol Önderoğlu, représentant de RSF, a jugé « inacceptable que le journaliste français, présent à Sarıgazi (Istanbul) pour couvrir une manifestation, se retrouve arbitrairement en garde à vue … Boukandoura n’est pas un manifestant, et on ne peut traiter un journaliste comme un criminel » a-t-il insisté en appelant les autorités à « revenir sur cette grave injustice ». RSF place la Turquie à la 159e place sur 180 de son classement de la liberté de la presse.
Contexte et suites des réactions
Selon le DEM, plusieurs membres du parti ont été également interpellés. Le parti DEM entendait notamment dénoncer « la mort de nombreux civils, y compris femmes et enfants », dans les quartiers à majorité kurde d’Alep « transformés en zones de guerre ». En parallèle, le récit rappelle qu’en mars 2025, un photographe de l’AFP, Yasin Akgül, avait également été arrêté pour participation à une manifestation interdite qu’il couvrait dans l’exercice de son métier. Détenu pendant quatre jours, il a été jugé et finalement relaxé en novembre ainsi que trois de ses confrères.
