Accueil ActualitéReconstruction à Mayotte : un an après le cyclone Chido, la SIM relance ses efforts

Reconstruction à Mayotte : un an après le cyclone Chido, la SIM relance ses efforts

par Lea
France

Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido frappe Mayotte. Pour la SIM, le bilan est lourd : sur les 3 400 logements du parc, environ 1 600 sont endommagés. « Presque la moitié de notre parc a été touchée », résume Ahmed Ali Mondroha, directeur général de la SIM. Le choc est majeur et, sur le terrain, les conséquences se font sentir dans les foyers comme dans le fonctionnement de l’organisme. Des relogements temporaires et des bâches de protection ont été mis en place selon les cas.

Les dégâts varient d’un logement à l’autre : environ 900 logements ont été légèrement affectés, surtout par des infiltrations. Trois cents ont été sérieusement touchés et autant gravement, avec des toitures arrachées ou des charpentes devenues inutilisables. Dans certains cas, des familles ont été relogées et d’autres ont dû poser des bâches en attendant les travaux.

Plus d’un an après le passage de Chido, le chantier reste loin d’être terminé mais il progresse. Des avancées se mesurent dans la réouverture progressive de certains logements et la sécurisation des structures les plus fragiles. Les équipes explorent des solutions pour accélérer certains segments tout en préservant la sécurité. Les responsables évoquent une trajectoire qui demeure soutenable malgré les aléas locaux.

Au 31 décembre 2025, près de 1 200 habitats avaient été engagés dans des travaux ; 600 avaient déjà été réparés et remis en exploitation. Il reste environ 300 à 400 logements à engager et environ 1 000 à livrer. Les travaux varient selon l’état des logements : certains ont été légèrement touchés, d’autres nécessitent des interventions plus lourdes pour sécuriser les immeubles.

Écoquartier Tsararano, Démbeni, Mayotte
Écoquartier Tsararano – chantier en cours

L’objectif de la SIM est d’achever l’ensemble des travaux d’ici fin 2026, sauf imprévu. Ce calendrier, étalé sur deux ans, est imposé non seulement par l’ampleur des dégâts, mais aussi par les contraintes locales. À Mayotte, même quand les financements existent, les matériaux et la disponibilité des entreprises ne suivent pas toujours immédiatement, ce qui ralentit certaines opérations.

Des fois il n’y a pas assez de matériaux à Mayotte, même s’il y a des fournisseurs ici, souvent il faut attendre. On passe commande, eux commandent derrière, mais ils n’ont pas tout le stock qu’il faut à l’instant T. Cette situation ralentit certaines opérations plus longtemps.

Pour faire face, la SIM a dû s’adapter en interne. Les équipes en charge du patrimoine et celles de la construction neuve ont été regroupées pour piloter la reconstruction. Trois ingénieurs ont également été envoyés en renfort depuis la métropole par CDC Habitat.

Ahmed Ali Mondroha
Ahmed Ali Mondroha, directeur général de la SIM

Côté finances, la facture des travaux s’élève à environ 52 millions d’euros. Les pertes de loyers liées aux logements temporairement inhabitables sont estimées à 8 millions d’euros, et les coûts comptables liés aux équipements détruits à près de 12 millions. Au total, l’impact du cyclone s’élève à environ 72 millions d’euros. Pour y faire face, la SIM a bénéficié de 41 millions d’euros de prêts CatNat via la Banque des territoires, de 20 millions d’euros d’indemnisation par son assureur et d’une augmentation de capital d’environ 10 millions. « On a réussi à boucler le financement, mais ça reste une opération exceptionnelle pour nous », souligne le directeur général.

Malgré les difficultés, la SIM demeure ambitieuse avec un parc de 3 400 logements à fin 2025. L’objectif est de livrer en moyenne 400 logements par an pendant dix ans, ce qui permettrait de dépasser les 7 000 logements. Des projets prévoient notamment des logements étudiants à Dembeni, près de l’université, et de nouveaux logements dans la périphérie de Mamoudzou, ainsi que dans les communes de Sada, Tsingoni et le nord de l’île, là où la demande est forte.

Des projets prévoient notamment des logements étudiants à Dembeni et de nouveaux logements dans la périphérie de Mamoudzou, ainsi que dans les communes de Sada, Tsingoni et le nord de l’île, là où la demande est forte. La demande est forte dans ces zones et les logements viseront des catégories de locataires variées.

Immeuble Juwa – location très sociale
Immeuble Juwa – location très sociale

La SIM mise aussi sur de nouveaux modes de construction pour maîtriser les coûts : construction hors site, matériaux alternatifs et économie circulaire. Sur certains chantiers, la terre issue des terrassements est transformée en briques réutilisées localement. D’autres projets intègrent la récupération des eaux de pluie, des jardins partagés et des panneaux photovoltaïques pour réduire les factures d’énergie des locataires. Une opération à Labattoir a même obtenu une certification environnementale, encore rare sur le territoire.

Sur le terrain, la situation reste parfois tendue : infiltrations persistantes, logements encore en travaux et coupures d’eau. Les locataires expriment leur fatigue, et les autorités tentent d’apporter des solutions temporaires comme des cuves d’eau ou des remises de loyers allant jusqu’à 100 % pour les logements les plus touchés. « On ne pouvait pas tout réparer en six mois. Mais on fait au mieux, et surtout, on avance ! »

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