La France n’a, à ce stade, aucun signe de circulation large du hantavirus sur son territoire, mais les autorités restent en alerte maximale autour des passagers rapatriés du navire MV Hondius. Mardi 12 mai, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a affirmé qu’il n’existait « pas d’élément » montrant une diffusion du virus dans le pays, tout en confirmant que 22 contacts rapprochés avaient été identifiés et pris en charge ou en cours de prise en charge. Cette mise au point intervient alors qu’une passagère française infectée reste hospitalisée en soins intensifs et que l’OMS continue de suivre de près ce foyer international.
Une position officielle plus rassurante, sans relâcher la surveillance
Selon France 24, qui cite les déclarations de Stéphanie Rist devant l’Assemblée nationale, les autorités françaises se disent plutôt rassurées sur l’absence de propagation communautaire. La ministre a toutefois insisté sur le fait que toutes les inconnues n’avaient pas encore disparu, notamment sur le séquençage complet du virus impliqué dans le foyer du MV Hondius. Autrement dit, Paris veut éviter toute dramatisation, mais refuse aussi de conclure trop vite.
L’Organisation mondiale de la santé reste sur une ligne proche. Dans sa note d’épidémie du 4 mai, puis dans ses communications relayées le 12 mai par Reuters, l’OMS juge le risque mondial faible. Elle estime néanmoins que d’autres cas peuvent encore apparaître, car la période d’incubation est longue et les interactions entre passagers ont été nombreuses avant l’identification du virus.
Ce que l’on sait du foyer lié au MV Hondius
Le foyer concerne une croisière passée par l’Atlantique Sud. L’OMS a expliqué que les cas observés étaient liés au virus Andes, une souche de hantavirus déjà connue en Amérique du Sud et pour laquelle une transmission interhumaine reste rare mais documentée dans certaines circonstances de contact étroit et prolongé. D’après Reuters, l’OMS comptabilisait mardi neuf cas confirmés, auxquels s’ajoutaient deux cas suspects. Trois décès ont déjà été signalés parmi les passagers touchés.
La France est concernée parce qu’une passagère française a été testée positive après le retour du navire aux Canaries. France 24 rapporte qu’elle est prise en charge à Paris et qu’elle souffre d’une forme sévère. Les autorités françaises rappellent cependant que cette situation reste liée au cluster du navire, et non à une diffusion observée dans la population générale.
Pourquoi les autorités parlent d’un risque faible pour le public
Le hantavirus n’est pas présenté par les autorités sanitaires comme un virus à diffusion facile dans la vie quotidienne. L’OMS rappelle que l’infection humaine est habituellement liée à un contact avec des excrétions de rongeurs infectés. Dans le cas du virus Andes, une transmission d’une personne à l’autre peut exister, mais elle reste inhabituelle et impose en général une proximité importante. C’est ce point qui distingue fortement cet épisode d’un scénario de type Covid-19.
Reuters a également rapporté qu’aux Pays-Bas, 12 membres du personnel d’un hôpital avaient été placés en quarantaine par précaution après une entorse aux protocoles les plus stricts lors de la manipulation d’échantillons biologiques. Cet épisode montre surtout le niveau de prudence adopté par les soignants, et non la preuve d’une flambée hors de contrôle.
Les prochaines étapes en France et en Europe
Dans l’immédiat, la priorité reste le suivi des cas et des contacts, la surveillance médicale et l’analyse virologique complète. Les autorités françaises affirment avoir enclenché des protocoles rigoureux, tandis que l’OMS poursuit la coordination entre plusieurs pays concernés par les passagers et membres d’équipage du navire. La fenêtre de vigilance reste ouverte pendant plusieurs semaines en raison du délai d’incubation évoqué par les experts.
Pour le public, le message central reste double: il n’existe pas aujourd’hui de signal de circulation large du hantavirus en France, mais le dossier n’est pas refermé. Tant que le suivi des contacts et les investigations internationales se poursuivent, les autorités continueront de communiquer avec prudence, en essayant d’éviter à la fois l’alarmisme et le relâchement.
Sources : France 24, Reuters, OMS.
