Si vous avez du mal à dormir, un médecin vous a peut-être déjà prescrit des benzodiazépines, ces somnifères largement utilisés pour lutter contre les troubles du sommeil. Mais après 50 ans, une nouvelle étude invite à reconsidérer leur usage : selon ses auteurs, arrêter ces médicaments pourrait allonger l’espérance de vie et améliorer la qualité de vie.
Somnifères après 50 ans : des bénéfices potentiels à l’arrêt
Les chercheurs à l’origine de ces travaux, publiés dans The Lancet Regional Health et mis en ligne le 24 octobre 2025, se sont intéressés aux conséquences d’un arrêt de la consommation de somnifères chez les personnes de plus de 50 ans. Leur modèle met en évidence une baisse de 8,5 % du nombre de chutes et une diminution de 2 % des troubles cognitifs.
Ces troubles cognitifs peuvent être associés à l’apparition d’une démence, ce qui renforce l’intérêt de limiter l’exposition à ces médicaments chez les seniors. Selon l’étude, cette réduction des risques se traduit aussi par une meilleure autonomie, une hausse de l’espérance de vie et un gain de qualité de vie.
Moins de chutes, moins de troubles cognitifs, plus d’autonomie
Les auteurs soulignent qu’en réduisant le recours aux somnifères après 50 ans, les effets positifs pourraient se faire sentir à l’échelle individuelle, mais aussi collective. Moins de chutes signifie moins de fractures, moins d’hospitalisations et davantage de maintien à domicile pour les personnes âgées.
Du point de vue de la santé publique, l’impact serait également économique. Des patients plus autonomes et moins exposés aux complications liées aux benzodiazépines représenteraient une charge moindre pour les systèmes de santé.
Les autorités de santé rappellent les risques des benzodiazépines
Cette mise en garde ne date pas d’hier. En juillet 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament avait déjà alerté sur la consommation massive de benzodiazépines en France. Plus de 9 millions de Français en prennent, et un sondage réalisé auprès d’environ 2000 personnes indiquait que 44 % des répondants déclaraient utiliser un médicament contre les troubles du sommeil ou pour calmer l’anxiété, au moins occasionnellement.
L’agence rappelle que ces médicaments exposent à un risque de dépendance chez tous les utilisateurs. C’est pourquoi elle recommande de ne pas dépasser quatre semaines de traitement, soit 28 jours, pour les somnifères ou anxiolytiques. Chez les plus de 65 ans, le risque est encore plus marqué, avec davantage de chutes et un risque accru de démence.
Quels dangers pour les seniors ?
Les conséquences peuvent être lourdes chez les personnes âgées, déjà plus fragiles face aux effets secondaires. Les chutes peuvent entraîner des fractures, une perte d’autonomie et parfois une dépendance durable. À cela s’ajoutent les troubles cognitifs, qui peuvent compliquer la vie quotidienne et accélérer la perte d’indépendance.
Dans ce contexte, les spécialistes insistent sur la nécessité de mieux encadrer les prescriptions de benzodiazépines, en particulier chez les personnes de plus de 50 ans qui les utilisent sur de longues périodes.
La thérapie comportementale et cognitive mise en avant
Pour réduire la prescription de somnifères, les auteurs de l’étude recommandent de se tourner vers des alternatives comme la thérapie comportementale et cognitive, ou TCC. Cette approche, proposée par des psychologues formés, fait partie des traitements conseillés contre l’insomnie chronique par l’Assurance maladie.
En France, le dispositif Mon soutien psy permet d’accéder à douze séances par an gratuites chez des psychologues partenaires. Une option qui peut aider les personnes souffrant de troubles du sommeil à trouver une prise en charge plus durable, sans dépendre systématiquement des benzodiazépines.
