Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé samedi à Bunia, capitale de la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette province est présentée par l’OMS et plusieurs médias comme l’épicentre d’une épidémie d’Ebola qui progresse dans le pays.
La RDC a déclaré le 15 mai 2026 une nouvelle flambée d’Ebola. Selon les éléments relayés par l’AFP, le virus a déjà été détecté dans trois provinces congolaises ainsi qu’en Ouganda voisin. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale.
Une visite à Bunia au cœur de la riposte
Tedros Adhanom Ghebreyesus se trouve en RDC depuis jeudi et effectue un déplacement en Ituri de samedi à dimanche. Avant son arrivée à Bunia, il a été reçu vendredi soir à la Primature par la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka, selon Actualite.cd, qui cite la communication de la Primature. Cette rencontre a aussi été présentée comme un appui aux efforts nationaux de riposte et au renforcement durable du système de santé congolais.
Dans une lettre ouverte adressée aux habitants de l’Ituri et publiée sur X, le dirigeant de l’OMS avait annoncé son déplacement en ces termes : « Je me rends à Bunia. J’y serai personnellement, aux côtés de mes collègues, pour rencontrer vos dirigeants, écouter vos préoccupations et faire tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider ».
Les sources disponibles décrivent une situation sanitaire encore difficile à mesurer avec précision. En RDC, 246 décès sur plus de 1 000 cas suspects ont été enregistrés, selon un bilan de l’Africa CDC cité jeudi par l’AFP. Les autorités sanitaires internationales estiment aussi que l’ampleur réelle de l’épidémie reste probablement sous-estimée, notamment en raison des capacités limitées de confirmation en laboratoire.
Une souche Bundibugyo et des réponses médicales encore limitées
La flambée en cours est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Actualite.cd rapporte que Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné l’absence de vaccin homologué et de traitement spécifique contre cette souche actuellement en circulation. Il a rappelé que ce virus, identifié pour la première fois en 2007 à Bundibugyo, en Ouganda, avait été moins étudié que d’autres formes en raison du faible nombre de cas enregistrés lors des précédentes flambées.
Plusieurs candidats vaccins et traitements sont toutefois en cours de développement et pourraient être évalués dans le cadre de la riposte actuelle, selon la même source. En attendant, l’OMS indique poursuivre son appui aux autorités congolaises sur plusieurs volets : surveillance épidémiologique, suivi des contacts, dépistage, isolement des cas, coordination des partenaires et renforcement des capacités opérationnelles sur le terrain.
Malgré la gravité de la situation, le patron de l’OMS a affiché un message de confiance dans la capacité de la RDC à réagir. Actualite.cd le cite déclarant : « Nous savons que c’est une crise assez complexe, mais la RDC dispose déjà d’une vaste expérience dans la lutte contre le virus. Nous sommes certains que nous serons en mesure de contenir cette épidémie une fois de plus ». Le Figaro et Ouest-France rapportent aussi qu’il a estimé jeudi soir que la situation pouvait être maîtrisée.
Les fermetures de frontières contestées
Le déplacement du responsable de l’OMS intervient aussi alors que certains pays ont imposé des restrictions visant les voyageurs en provenance de RDC. Interrogé sur ces mesures, Tedros Adhanom Ghebreyesus a jugé que les fermetures de frontières et les mesures d’isolement ne constituaient pas une réponse efficace contre Ebola.
Selon Actualite.cd, il a expliqué que les fermetures de frontières pouvaient ralentir la propagation pendant quelques jours ou quelques semaines, mais ne permettaient pas de contenir l’épidémie. Il a également averti que de telles mesures risquaient de décourager la transparence des pays touchés, alors que la coopération internationale demeure essentielle dans une riposte sanitaire.
Sur le terrain, l’Ituri concentre une large majorité des cas confirmés en RDC, d’après l’OMS citée par les médias. Une mission gouvernementale est arrivée à Bunia afin d’évaluer la situation et de renforcer la réponse locale, rapporte Actualite.cd.
Les sources rappellent enfin le poids historique d’Ebola en Afrique. Le virus a tué plus de 15 000 personnes sur le continent au cours des cinquante dernières années. En RDC, l’épisode le plus meurtrier avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés entre 2018 et 2020, selon les chiffres repris par Ouest-France et Le Figaro.
