Le parquet national antiterroriste a ouvert, vendredi 5 juin 2026 à Paris, une enquête préliminaire pour « tortures » et « crime de guerre » après un signalement du gouvernement sur le traitement de Français de la flottille pour Gaza par les autorités sionistes.
Le dossier porte sur les conditions d’interception, de détention puis d’expulsion de ressortissants français engagés dans ce convoi maritime. La qualification retenue à ce stade vise des faits de torture au sens de la convention de New York du 10 décembre 1984 ainsi que des faits de crime de guerre.
Une enquête confiée à un office spécialisé
L’enquête préliminaire est confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité. Elle intervient après l’annonce, le 29 mai, d’une saisine de la justice française par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, à la suite des mauvais traitements dénoncés contre des membres français de la flottille.
Le dossier a pris une dimension publique après la diffusion d’une vidéo par Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite chargé de la Sécurité nationale dans l’État sioniste. Les images montraient des militants agenouillés, les mains liées ou maintenus tête au sol, après leur interception en mer et leur placement en détention dans le sud de l’État sioniste.
Ce que l’enquête devra établir
Les avocates de membres français de la flottille ont dénoncé des violences, des humiliations et des atteintes subies pendant la détention. Des militants revenus en France ont aussi témoigné de traitements qu’ils qualifient de torture. L’ouverture de l’enquête ne préjuge pas des conclusions judiciaires : elle doit permettre de vérifier les faits, d’identifier les responsabilités éventuelles et d’apprécier leur qualification pénale.
Le convoi, composé d’une cinquantaine de navires, avait quitté la Turquie le 14 mai avec l’objectif affiché de rejoindre Gaza et de contester le blocus maritime imposé par l’État sioniste. Les autorités sionistes ont annoncé l’interpellation de 430 militants étrangers, dont 37 Français, puis leur expulsion le 21 mai.
Un dossier désormais judiciaire
La procédure déplace le débat du terrain diplomatique vers le terrain judiciaire français. Elle rassemble, dans un même dossier, le signalement gouvernemental, les témoignages des ressortissants concernés, les images diffusées publiquement et les qualifications pénales retenues à l’ouverture de l’enquête.
Sources
- RFI — Enquête ouverte par le Pnat après le signalement sur la flottille pour Gaza
- Franceinfo — Ouverture d’une enquête sur l’arrestation de la flottille pour Gaza
- Libération — La justice française saisie après le traitement de Français de la flottille
- BFMTV — Enquête préliminaire confiée à l’Office central compétent
- Ouest-France — Signalement et témoignages autour de la flottille pour Gaza
