Au 1 580e jour de l’invasion russe de l’Ukraine, mardi 23 juin 2026, Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont publiquement mis en cause le rôle des États-Unis dans les négociations de paix, au moment où les bombardements russes tuaient au moins neuf civils dans le sud et le centre du pays.
Devant des diplomates étrangers réunis à Moscou, Sergueï Lavrov a estimé que les États-Unis « semblent renoncer à toute prétention au rôle de médiateur impartial et suivre au contraire une voie consistant à intensifier la pression des sanctions sur la Russie ». Le chef de la diplomatie russe a ajouté, selon l’agence officielle russe, qu’en apportant un soutien militaire à Kiev, « l’Europe redevient la principale menace pour la paix et la sécurité mondiales ».
Quelques heures plus tard, lors d’une cérémonie au Kremlin, Vladimir Poutine a accusé les membres de l’Otan de « se préparer » à une guerre contre la Russie. « Ils […] augmentent leurs budgets militaires, leurs budgets pour attaquer. Dans le même temps, pour justifier de telles dépenses et la militarisation radicale de leurs États, les dirigeants des pays de l’Otan et de l’UE ont recours, comme auparavant, à des déclarations mensongères sur une supposée menace militaire russe », a-t-il déclaré.
Ce discours marque un nouveau durcissement de la rhétorique russe, à l’heure où le président américain Donald Trump avait estimé la semaine dernière, en marge du G7 en France, que la Russie « devrait conclure un accord » et avait menacé de réimposer des sanctions levées.
Neuf civils tués, plus de trente blessés
Les frappes russes de la journée ont touché plusieurs localités du sud et du centre de l’Ukraine, selon les bilans communiqués mardi soir par les autorités régionales sur Telegram.
À Kryvyï Rih, dans la région de Dnipropetrovsk, une frappe de missiles russes sur une infrastructure civile a tué deux hommes et une femme et blessé vingt-six personnes, a indiqué le gouverneur Oleksandr Ganja. Dans le district voisin de Nikopol, trois civils — deux femmes et un homme — ont été tués et six autres blessés, selon le même responsable.
Dans la région de Zaporijjia, la chute de « trois bombes aériennes » russes sur la localité de Marïvka a causé la mort d’une femme et fait deux blessés, a annoncé le gouverneur Ivan Fedorov. À Kherson, sur les bords du Dniepr, une attaque russe a tué une femme, selon le gouverneur Oleksandre Prokoudine.
Sur la côte, à Odessa, une femme de 26 ans a été tuée mardi sur une plage lors d’attaques de drones russes menées en plein jour sur des zones côtières de la grande ville bordant la mer Noire, a précisé le parquet local, ajoutant qu’un homme avait également été blessé.
Une crise bilatérale qui complique la mobilisation des bailleurs
La journée diplomatique a été alourdie par l’annonce, mardi, que le président Volodymyr Zelensky ne participerait pas à la Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine 2026 qui s’ouvre jeudi à Gdansk, en Pologne. La première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko dirigera la délégation de Kiev.
Cette absence survient sur fond de vives tensions entre Kiev et Varsovie autour de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, après que Zelensky a baptisé fin mai une unité militaire du nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), une organisation nationaliste tenue en Pologne pour responsable de la mort de plus de 100 000 Polonais. Le président polonais Karol Nawrocki a annoncé la semaine dernière retirer à Zelensky la plus haute distinction du pays, l’Ordre de l’Aigle blanc, décision à laquelle Zelensky a répondu ce week-end en renvoyant sa décoration — une initiative imitée par trois anciens présidents ukrainiens.
La Commission européenne a réagi mardi par la voix de sa porte-parole Paula Pinho, estimant que la situation « ne fait qu’un heureux, c’est l’agresseur de l’Ukraine, nous ne devrions donc pas lui faciliter la tâche », tout en se disant « confiante » dans la recherche d’une solution entre Varsovie et Kiev.
