Le 2 juillet 2026, la Cour administrative d’appel de Paris a rétabli au passif du couple Arnault un total de 22,5 millions d’euros — 12,96 millions au titre de l’impôt sur le revenu et de cotisations sociales de 2010, et 9,5 millions au titre de l’ISF de 2012 à 2015. Le dossier, techniquement centré sur la cascade d’actionnariat de LVMH, repart vers le Conseil d’État.
Une note fiscale de 22,5 millions d’euros
Le groupe présidé par Bernard Arnault doit s’acquitter d’un redressement fiscal de près de 22,5 millions d’euros, selon un arrêt du 2 juillet 2026 rendu par la Cour administrative d’appel de Paris. La décision « remet à la charge » du dirigeant et de son épouse des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, ainsi que des droits liés à l’impôt de solidarité sur la fortune.
Le détail, confirmé par plusieurs agences et confirmé par la révélation initiale du média en ligne L’Informé, distingue deux postes : 12,96 millions d’euros pour l’année 2010, et 9,5 millions d’euros pour la période 2012-2015. LVMH, premier groupe mondial du luxe, n’avait pas encore fait connaître sa réaction samedi après-midi.
Le détail des sommes contestées
| Poste fiscal | Période | Montant |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu et cotisations sociales | 2010 | 12,96 M€ |
| Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) | 2012-2015 | 9,5 M€ |
| Total | — | 22,5 M€ |
L’arrêt vise exclusivement les années antérieures à l’entrée en vigueur de l’IFI, qui a remplacé l’ISF en 2018.
Six années de contentieux administratif
Le dossier n’est pas nouveau : il court depuis près de six ans.
- Décembre 2020. Le tribunal administratif de Paris accepte la demande du couple Arnault et prononce la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu ainsi que la restitution de l’ISF 2012-2015.
- Novembre 2023. Le ministre de l’Économie et des Finances forme un appel devant la Cour administrative d’appel de Paris, demandant l’annulation du jugement de 2020.
- 2 juillet 2026. La Cour administrative d’appel infirme partiellement la première décision et rétablit les cotisations à la charge du couple Arnault.
- À venir. Le couple Arnault peut encore déposer un recours devant le Conseil d’État, juridiction suprême de l’ordre administratif.
Pilinvest, sommet belge d’une cascade d’actionnariat
Le fond du litige ne porte pas sur les montants en eux-mêmes mais sur la structure d’actionnariat de LVMH. Selon L’Informé, qui le premier a consulté l’arrêt, la famille Arnault ne détient pas directement le capital du groupe de luxe : elle le contrôle via une cascade de holdings. « Tout en haut de cette pyramide se trouve une société belge, Pilinvest », écrit le média en ligne, structure qui contribue à réduire la déclaration d’impôts de la première fortune de France.
Ce type d’architecture — holdings empilées dans des juridictions à fiscalité particulière — est dans le viseur récurrent de l’administration fiscale française. La Cour d’appel a estimé que la décharge initialement accordée par le tribunal administratif en 2020 n’était pas fondée.
Un dossier suivi de près par Bercy
La décision du 2 juillet intervient après la saisine expresse du ministre des Finances en 2023, signe que l’enjeu dépassait le seul dossier Arnault. Pour l’administration, il s’agissait de confirmer que des cotisations légalement dues ne peuvent être effacées par le seul effet d’une cascade de holdings transfrontalière.
Reste l’épisode final : le recours devant le Conseil d’État. Seul le rapporteur public de la haute juridiction pourra, le cas échéant, proposer une solution différente. Dans tous les cas, la note fiscale de 22,5 millions d’euros demeure exigible tant que la décision n’est pas infirmée.
Sources
- « Impôts : Bernard Arnault soumis à un redressement fiscal de 22,5 millions d’euros » — 20 Minutes / AFP, 4 juillet 2026
- « Bernard Arnault soumis à un redressement fiscal de 22,5 millions d’euros » — Notre Temps (AFP), 4 juillet 2026
- « Bernard Arnault condamné à payer 22,5 millions d’euros au fisc » — L’Informé, 4 juillet 2026
