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    Le projet de loi britannique menace la liberté d’expression dans les pubs

    Royaume-Uni

    Le pub britannique a longtemps été un lieu où chacun pouvait s’exprimer librement sur tous les sujets, des absurdités du gouvernement aux défauts de certains membres de la famille royale, en passant par les habitudes étranges du nouveau vicaire. Ces établissements étaient les rares endroits, en dehors du domicile, où l’on se sentait libre de dire ce que l’on pense, et même parfois de laisser éclater sa colère en compagnie d’amis ou de connaissances. Cependant, cette liberté ancestrale est aujourd’hui menacée par le projet de loi britannique sur les droits des travailleurs, porté par Angela Rayner, qui pourrait transformer ce refuge en un espace moins sûr pour la liberté d’expression.

    Un projet de loi aux impacts multiples sur le monde du travail

    Le Employment Rights Bill (projet de loi sur les droits des travailleurs) prévoit plusieurs mesures importantes, notamment la possibilité pour les employés de contester un licenciement abusif dès le premier jour de leur emploi, alors qu’actuellement, ils doivent attendre deux ans. Le versement des indemnités de maladie légales deviendrait aussi immédiat.

    Selon le gouvernement britannique, ces mesures pourraient coûter environ 5 milliards d’euros par an aux entreprises, fragilisant davantage des employeurs déjà sous pression. Le pouvoir syndical devrait également s’en trouver renforcé.

    La controverse autour de la « banter ban » : une menace pour la liberté d’expression

    Mais au-delà des conséquences financières, c’est la clause 20 du projet de loi, surnommée la « banter ban » (interdiction des plaisanteries), qui soulève de vives inquiétudes. Cette mesure risquerait de restreindre la liberté d’expression non seulement dans les pubs, mais aussi dans d’autres lieux publics comme les universités ou les stades de sport.

    Angela Rayner, la vice-Première ministre, soutient l’idée que les employeurs doivent légalement protéger leurs employés contre le harcèlement, y compris celui provenant de tiers tels que les clients ou les usagers. En cas d’échec, des poursuites pourraient être engagées devant les tribunaux du travail.

    Imaginez une discussion animée dans un pub sur des sujets sensibles comme la religion, l’avortement ou les questions transgenres. Si un barman, à l’écoute, se sentait offensé par les propos tenus, il pourrait demander au propriétaire du pub d’intervenir. Sans action, un tribunal du travail pourrait être saisi.

    Élargissement inquiétant de la notion de harcèlement

    La définition du harcèlement au Royaume-Uni s’est considérablement élargie ces dernières années. De simples remarques auparavant jugées anodines sont désormais considérées comme du harcèlement par les tribunaux. Par exemple :

    • En 2022, un tribunal a jugé que traiter un homme de « chauve » constituait un harcèlement sexuel, donnant droit à une compensation.
    • Un juge a suggéré que dire à une personne avec un accent étranger qu’on ne la comprend pas pourrait être du harcèlement racial.
    • Imiter un accent indien, même dans le cadre d’une « blague privée », a été qualifié de harcèlement racial.
    • Un policier noir a obtenu plus de 28 000 euros de dédommagements après avoir été qualifié de « menaçant » par son supérieur.

    Même les plaisanteries dites « bon enfant », comme celles sur la maladie d’Alzheimer au travail, ont été reconnues comme du harcèlement et de la discrimination directe.

    Une restriction future à la liberté d’expression dans les espaces publics

    Avec la possible adoption de la clause 20, certains pourraient se retrouver poursuivis pour des propos échangés autour d’une pinte. D’autres, plus nombreux sans doute, se censureraient, craignant de s’exprimer librement en public.

    Le gouvernement assure que cette mesure ne vise pas à restreindre la « liberté d’expression légale » mais souhaite renforcer les protections contre le harcèlement au travail. Pourtant, ce qui pour une personne est une plaisanterie, peut pour une autre apparaître comme du harcèlement.

    L’opposition et les perspectives législatives

    Toby Young, membre conservateur de la Chambre des Lords et fondateur de la Free Speech Union, cherche à faire supprimer ou modifier la clause 20 lors de l’examen du projet de loi. Son objectif est d’exempter les opinions politiques, morales, religieuses ou sociales de cette loi, à condition qu’elles ne soient pas « indécentes ou offensantes ».

    Le gouvernement est peu enclin à accepter des amendements, laissant donc la responsabilité à l’opposition et à certains partis minoritaires de défendre cette cause à la Chambre des communes.

    La Equality and Human Rights Commission a également mis en garde contre des règles trop générales obligeant les entreprises à prendre « toutes les mesures raisonnables » pour prévenir le harcèlement, ce qui pourrait limiter excessivement les débats publics.

    Des conséquences au-delà des pubs : stades et universités en alerte

    Cette menace dépasse les pubs. Par exemple, dans les stades de football, des cris tels que « t’es aveugle ? » sont fréquemment entendus à l’encontre des arbitres. Il est incertain quelles mesures pourraient être considérées comme « raisonnables » par les gestionnaires de ces lieux pour empêcher ces comportements.

    Lord Young souligne aussi que la clause 20 faciliterait l’exclusion de conférenciers dans les universités, au motif que leur simple présence pourrait être perçue comme du harcèlement par des étudiants sensibles à certains discours divergents.

    Un avenir incertain pour la liberté d’expression au Royaume-Uni

    Pourquoi introduire une telle mesure, mentionnée à peine dans le manifeste du Parti travailliste, qui risque de restreindre la liberté d’expression là où elle devrait être la plus vivante ? Cette loi ne ferait qu’alimenter la charge des tribunaux déjà saturés et enrichir les avocats spécialisés.

    Dans un monde idéal, ce projet de loi dans son ensemble serait abandonné, mais la majorité gouvernementale importante rend cela improbable. Malgré cela, il reste possible que la clause 20 soit retirée, notamment sous la pression des critiques et du public.

    Lorsque des personnalités transatlantiques telles qu’Elon Musk ou le vice-président JD Vance dénoncent la limitation de la liberté d’expression au Royaume-Uni, elles sont souvent mal informées. Cette fois, si le Parti travailliste persiste, leur critique sera malheureusement justifiée.

    Elon Musk et JD Vance critiquent les restrictions à la liberté d'expression au Royaume-Uni

    Elon Musk et JD Vance dénoncent souvent les restrictions à la liberté d’expression au Royaume-Uni.

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    source:https://www.dailymail.co.uk/debate/article-14619577/STEPHEN-GLOVER-Labours-banter-ban-goes-ahead-JD-Vance-right-free-speech-Britain.html?ns_mchannel=rss&ns_campaign=1490&ito=1490

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