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    La France face à son déficit extérieur : enjeux économiques de 2024

    France

    La France fait face à un défi économique majeur : son déficit extérieur. Les parlementaires doivent réaliser que ce « sursis » constitue une ultime opportunité de redresser les finances publiques.

    Une économie en déséquilibre

    Non, la France n’est pas uniquement un pays de déficits. Un aperçu de la situation économique pour 2024 révèle des problèmes profonds. Selon l’Insee, « le PIB ralentit mais le pouvoir d’achat des ménages accélère ». Ce déséquilibre découle d’un déficit budgétaire qui génère une demande excessive, entraînant ainsi un déficit extérieur. Sans le soutien des crédits publics, le panier de la ménagère serait considérablement réduit. Malgré cette situation préoccupante, une bonne nouvelle émerge : le pays réussit à régler ses importations massives sans détériorer l’ensemble de ses comptes extérieurs.

    Un fragile colmatage

    L’année dernière, la France a même enregistré une légère capacité de financement de 3,8 milliards d’euros (Insee, comptes de la Nation). Ce résultat n’est pas surprenant. Le déficit commercial abyssal de 81 milliards d’euros est compensé par les excédents provenant des flux de services (tourisme) et de revenus (rapatriement de dividendes). Ces éléments se regroupent dans la rubrique « transactions courantes », qui offre une vue d’ensemble des échanges. C’est la seule ligne gérée par les administrations publiques qui ne se trouve pas en rouge. Les responsables politiques doivent saisir qu’il s’agit d’un sursis, fragile et temporaire.

    Les dirigeants doivent tirer parti de ce répit pour traiter en amont les facteurs de déséquilibre. Cela inclut la réduction des ardoises annuelles de l’État et le lancement d’une stratégie de reconquête de l’appareil productif. Les forces vives doivent être éloignées du gouffre qui les menace. À l’automne 2024, en dépit des tempêtes politiques, le pays pourrait se retrouver face à une crise de la dette publique.

    Risques d’austérité

    Nombre d’opposants crient à l’austérité face à quelques milliards d’euros de ralentissement anticipé dans l’évolution des dépenses publiques, notamment à cause des indexations sociales. Les « 40 milliards » d’économies mentionnés sont en grande partie le fruit de cette dérive automatique. Il est crucial de préparer le pays à une crise potentielle qui pourrait provoquer une austérité bien plus sévère.

    Scénarios inquiétants

    Deux scénarios inquiétants se dessinent. Le premier est l’incapacité à financer le déficit extérieur de la balance courante, ce qui nécessiterait une contraction de la demande intérieure, en échange de soutiens européens ou internationaux (FMI). Le second, plus imminent, est l’incapacité à financer un taux d’endettement public devenu insoutenable à cause de taux d’intérêt extrêmement élevés. Dans tous les cas, les conséquences seraient les mêmes : une diminution du pouvoir d’achat pour les ménages et moins d’investissements pour les entreprises.

    Vers une gestion plus rigoureuse

    La France est confrontée à un avenir incertain si aucune action significative n’est entreprise pour rétablir les finances publiques. Les échappatoires, comme le recours à « l’argent des riches », ne sont que des solutions temporaires. Actuellement, les alertes ne résonnent qu’à la lumière du mur de la dette publique nationale. Une conjonction de facteurs négatifs complique la gestion de cette situation. Le colbertisme « trumpien » pourrait entraîner une perte de 0,4 point du PIB, dont trois points dus à une incertitude accrue. De plus, une inflation tombée à moins de 1% constitue une calamité pour les recettes fiscales, particulièrement la TVA.

    Si la croissance nominale du PIB (inflation comprise) devient inférieure au taux moyen d’intérêt sur la dette, la situation deviendra critique. À ce stade, l’endettement ne sera plus sous contrôle, comme l’a averti le gouverneur de la Banque de France, qui souligne que seul le respect de la limite de 3% de déficit prévue pour 2029 stabilisera le ratio de la dette par rapport au PIB.

    Un plan pour l’avenir

    La perspective d’un « plan Bayrou » est attendue, mais le gouvernement doit non seulement élaborer des solutions financières, mais aussi montrer à la population la pression croissante du système et les perspectives d’amélioration. La débâcle politique actuelle compromet davantage une politique de l’offre essentielle pour le redressement collectif. Les marges des sociétés non financières, qui atteignent 32%, dépassent encore le niveau d’avant-COVID, représentant une opportunité pour relancer les investissements.

    François Bayrou tente de contourner les obstacles par l’éducation sur les comptes publics, plaçant la question de la dette au premier plan. Les chefs d’entreprise doivent également assumer leurs responsabilités, car il est impératif d’augmenter la productivité et le volume de travail.

    La France arrive encore à financer son déficit extérieur

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