À la veille de l’ouverture du G7 d’Évian, l’ONG Oxfam France chiffre l’asymétrie laissée par la guerre en Iran : 41 milliardaires de l’énergie des pays du G7 ont vu leur fortune croître de 23,5 milliards de dollars depuis le 28 février 2026, date des premières frappes sionistes et américaines sur la République islamique. Soit, selon l’organisation, l’équivalent de 300 millions de dollars par jour captés par une poignée de fortunes énergétiques, à rebours des populations qui supportent la flambée des prix de l’énergie.
Une note publiée à 24 heures du sommet
La note d’Oxfam tombe au moment précis où les chefs d’État et de gouvernement des sept pays du G7 — Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni — se réunissent à Évian, en Haute-Savoie, lundi 15 juin 2026. L’ONG y voit un test de la capacité des grandes puissances à s’attaquer à l’envolée des profits énergétiques générée par la guerre.
Le chiffre de 23,5 milliards de dollars, converti par La Libre, représente 20,3 milliards d’euros. Le calcul est construit à partir des résultats des entreprises énergétiques concernées et du classement Forbes des plus grandes fortunes.
Les groupes pétroliers grands gagnants
Au-delà des 41 milliardaires identifiés, Oxfam relève que les bénéfices cumulés des six principales compagnies pétrolières mondiales devraient atteindre 152 milliards de dollars en 2026, soit environ 416 millions de dollars par jour. Par rapport aux prévisions faites avant la guerre, la hausse moyenne atteint 80 %.
Le mouvement est d’abord mécanique : la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, par où transite une part majeure du brut mondial, a fait bondir les cours. Le baril de Brent, qui s’échangeait autour de 70 dollars avant le début du conflit, navigue désormais autour de 90 dollars, après avoir ponctuellement franchi la barre des 125 dollars fin avril. Le WTI, référence américaine, s’établit à 87 dollars.
Une concentration de richesse qui ne date pas du conflit
La guerre agit comme accélérateur, mais pas comme point de départ. Selon les chiffres repris par Oxfam, la richesse cumulée des milliardaires dans le monde a franchi 9 800 milliards de dollars (près de 8 466 milliards d’euros) depuis 2020, après cinq crises économiques successives. Le sommet d’Évian se tient donc sur fond d’élargissement continu de l’écart entre grandes fortunes et reste de la population, le conflit en Iran ayant simplement concentré la captation sur le secteur énergétique.
L’ONG attend des dirigeants du G7 qu’ils prennent position sur la taxation des surprofits, l’un des sujets qu’elle a placé dans son brief médiatique à l’attention des délégations présentes à Évian.
