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    Trump et la polémique autour du Nobel de la paix : mérite ou stratégie ?

    États-Unis, Pakistan, Inde, Israël, Iran

    Depuis le début de sa présidence, Donald Trump n’a cessé de revendiquer son droit au Prix Nobel de la paix, s’appuyant sur ce qu’il considère comme des réalisations majeures en politique internationale. Parmi celles-ci, figurent notamment les accords de normalisation entre Israël et plusieurs États arabes, ainsi que sa doctrine qu’il qualifie de « paix par la force ».

    Le débat autour de cette récompense a récemment resurgi après que le gouvernement pakistanais a proposé la candidature de Trump, saluant ses efforts pour désamorcer les tensions entre Islamabad et New Delhi. Cette proposition a été suivie d’une autre, formulée par un membre républicain de la Chambre des représentants des États-Unis.

    Cette actualité intervient alors que la deuxième administration Trump a mené des frappes inédites sur des installations nucléaires iraniennes, tout en poursuivant un soutien inconditionnel à Israël dans sa guerre contre Gaza. Cette situation soulève des questions sur la conformité de ses politiques avec les critères éthiques et humanitaires traditionnellement pris en compte par le comité Nobel.

    Un écart de valeurs notable

    Les partisans de Trump, qui le considèrent comme un candidat « méritant » la distinction, mettent en avant des « réussites tangibles », notamment l’apaisement récent d’une escalade grave entre l’Iran et Israël. Toutefois, plusieurs républicains estiment que le prix pourrait fondamentalement contredire l’image que Trump véhicule.

    Thomas Garrett, ancien député républicain et membre du comité des affaires étrangères à la Chambre des représentants, exclut la possibilité que Trump reçoive ce prix, estimant qu’ »il existe un véritable fossé de valeurs entre lui et l’institution qui sélectionne les lauréats ».

    Dans un entretien exclusif, Garrett loue l’initiative de Trump qui, selon lui, a arrêté le déclenchement d’une guerre régionale majeure : « Le monde est aujourd’hui plus sûr qu’il ne l’était il y a un mois. Si vous m’aviez demandé il y a deux semaines, j’aurais dit que nous étions au bord d’une catastrophe ».

    Il évoque trois dossiers qui, à ses yeux, justifieraient théoriquement la candidature de Trump au Nobel de la paix :

    1. La gestion du risque de conflit nucléaire entre le Pakistan et l’Inde, une détente sous-estimée selon lui.
    2. Les Accords d’Abraham, signés durant le premier mandat de Trump, qui surpasseraient tout ce qu’un président américain avait accompli en cinquante ans.
    3. La maîtrise de l’escalade avec l’Iran, qualifiée d’ »exploit rare » par Garrett, capable de stopper la guerre à un moment critique.

    Une stratégie politique plus qu’un véritable espoir

    Malgré son admiration pour ces succès diplomatiques, Garrett ne fait pas partie des « trumpistes purs et durs ». Il précise qu’il a été tour à tour partisan et critique de Trump et souligne qu’il « ne comprend ni ses adorateurs ni ses opposants inconditionnels ».

    Pour lui, Trump tire davantage profit de la revendication de son mérite que d’une véritable victoire. Le prix lui-même ne servirait pas l’image que Trump cherche à asseoir auprès de ses électeurs. Au contraire, il préfère apparaître comme une victime rejetée par les institutions — une idée centrale de sa marque politique.

    Selon Garrett, Trump sait pertinemment qu’il ne recevra pas le Nobel et prend plaisir à entretenir cette contradiction : « Il aime répéter : je mérite le prix mais ils ne me le donneront pas. Même s’il recevait le prix par miracle, cela pourrait nuire à son image auprès de sa base, car celle-ci repose sur le conflit avec les institutions, et non leur reconnaissance ».

    Une controverse morale pour ses détracteurs

    Pour les opposants de Trump, évoquer le prix Nobel dans le contexte de son bilan politique est une véritable incongruité morale. Au cours de ses deux mandats, il a fait face à des critiques sévères pour des décisions telles que l’interdiction d’entrée aux États-Unis des ressortissants de plusieurs pays islamiques, ses propos qualifiés d’incitatifs envers les migrants, ainsi que son soutien inconditionnel à Israël dans le conflit de Gaza.

    Dans ce cadre, Salahuddin Maqsood, directeur exécutif du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) dans le New Jersey, qualifie la quête de Trump au Nobel de la paix d’ »absurde ». Il déclare à Al Jazeera que « ses actions, sa personnalité et ses politiques ne correspondent pas aux valeurs traditionnellement associées au Prix Nobel ».

    Maqsood souligne qu’un candidat digne de ce prix doit démontrer un engagement sincère envers les valeurs humaines. « Pour de multiples raisons, le président Trump est plus proche de la caricature que d’un candidat sérieux à cette distinction prestigieuse ».

    Les présidents américains et le Prix Nobel

    Depuis sa création en 1901, le comité norvégien du Nobel attribue ce prix aux personnalités ayant contribué de manière exceptionnelle à la résolution des conflits et à la promotion de la paix. Quatre présidents américains en ont été lauréats :

    • Théodore Roosevelt en 1906, pour son rôle dans la fin de la guerre russo-japonaise.
    • Woodrow Wilson en 1919, en reconnaissance de son initiative pour la création de la Société des Nations.
    • Jimmy Carter en 2002, pour ses efforts dans la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.
    • Barack Obama en 2009, moins de neuf mois après son investiture, pour ce que le comité a décrit comme un « renforcement de la diplomatie internationale ». Cette décision avait déclenché un large débat aux États-Unis et ailleurs, suscitant aussi les moqueries de Trump, qui avait plusieurs fois affirmé que « même Obama ne comprend pas pourquoi il a reçu le prix ».
    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/7/1/%d9%87%d9%84-%d9%8a%d8%b3%d8%aa%d9%81%d9%8a%d8%af-%d8%aa%d8%b1%d8%a7%d9%85%d8%a8-%d9%85%d9%86-%d9%81%d9%83%d8%b1%d8%a9-%d8%a7%d8%b3%d8%aa%d8%ad%d9%82%d8%a7%d9%82-%d9%86%d9%88%d8%a8%d9%84

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