Accueil ActualitéArcelorMittal: la CGT appelle à respecter le vote parlementaire

ArcelorMittal: la CGT appelle à respecter le vote parlementaire

par charles
France

La proposition de loi déposée par La France insoumise visant à nationaliser ArcelorMittal France a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, suscitant des réactions contrastées. Le texte a été voté jeudi par 127 voix pour 41 contre, avec le soutien de la gauche et l’abstention du RN; le camp gouvernemental s’est opposé au texte. À l’issue du vote, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a appelé le gouvernement à respecter ce vote et à agir rapidement pour que la nationalisation aille à son terme.

Sophie Binet lors d'un rassemblement CGT
Photo: Sophie Binet lors d’un rassemblement CGT, revendiquant le respect du vote parlementaire sur ArcelorMittal.

Adoption en première lecture et réactions des partis

Des chiffres officiels indiquent 127 voix pour, 41 contre et une abstention du Rassemblement national. Le texte, soutenu par la gauche (Insoumis, Socialistes, écologistes et communistes), voit la nationalisation des activités françaises d’ArcelorMittal comme une étape industrielle majeure, tandis que le gouvernement juge que cela n’offre pas de solution rapide et durable. « C’est un vote historique, c’est une victoire qui a été arrachée grâce à la mobilisation des travailleurs et des travailleuses et de toute la CGT », a réagi Sophie Binet, appelant le gouvernement à « respecter le vote qu’il y a eu au Parlement ».

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a évoqué une « réponse populiste à un problème structurel » et a déclaré que « La France a besoin d’un cap industriel clair, pas d’une prétendue formule magique que serait la nationalisation », selon un message diffusé sur Bluesky. Jeudi, le chef du gouvernement et ses partenaires ont souligné que le texte ne résout pas les mécanismes de compétitivité et que le débat doit s’inscrire dans un cadre européen plus vaste. L’avenir de la proposition de loi demeure incertain, car son adoption au Sénat, dominé par la droite et le centre, reste problématique.

Le RN s’est officiellement abstenu lors du vote, et les critiques se poursuivent autour des leviers à actionner pour redéfinir l’industrie sidérurgique française dans un contexte européen.

Assembl�e9e nationale et couverture de la nationalisation
Photo: couverture des agences sur le vote et les réactions autour d’ArcelorMittal.

Les suites et les propositions des acteurs

Dans la foulée, Sophie Binet a réaffirmé les demandes du mouvement: « La première chose que nous demandons au gouvernement de faire, c’est de convertir les aides publiques en prises de participation », a poursuivi la dirigeante de la CGT. « C’est quelque chose qu’il peut faire immédiatement, ça ne coûte rien et déjà, c’est envoyer un premier signal à Mittal et respecter le vote qu’il y a eu au Parlement ». « Il faut que le gouvernement mette en œuvre, sans attendre, ce vote, et nous appelons également les sénateurs à inscrire à l’ordre du jour, au plus vite, cette proposition de loi pour que la nationalisation aille à son terme ».

Sur le volet politique, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a rappelé que « ce vote crée l’illusion d’une protection, mais il ne résout ni la chute de la demande européenne, ni la concurrence mondiale faussée, ni les coûts de production qui pèsent sur la filière ». Il a ajouté que « l’avenir de la sidérurgie française ne se joue pas dans les postures. Il se joue dans des décisions courageuses : protéger l’acier européen à Bruxelles, investir, alléger les impôts de production, sécuriser les sites, lutter contre la concurrence déloyale ».

De son côté, ArcelorMittal a averti que « une nationalisation ne permettrait en aucun cas de résoudre les problèmes rencontrés par l’industrie de l’acier en France et en Europe », appelant à « agir sur les facteurs structurels de compétitivité », et soulignant que « les leviers sont européens ». Le groupe rappelle que le marché européen de l’acier est inondé d’importations massives à bas prix et appelle à renforcer les mesures de défense commerciale et à mettre en œuvre rapidement un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

Autant de déclarations qui montrent que, derrière le vote, les interlocuteurs restent divisés sur les outils et les horizons pour l’industrie sidérurgique française, avec un débat qui se joue désormais aussi au niveau européen et devant la perspective d’un examen au Sénat.

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire