Aude de Vivies, actuelle directrice générale adjointe de Santé publique France (SpF), prendra la direction par intérim de l’agence sanitaire le 1er juillet 2026. Sa nomination, officialisée par un arrêté de la ministre de la Santé Stéphanie Rist daté du 15 juin et publié ce dimanche 21 juin au Journal officiel, intervient dans un contexte de vives critiques syndicales sur des retards pris dans plusieurs campagnes nationales de prévention.
Un intérim sur fond de transition « dans le flou »
Aude de Vivies succède provisoirement à Caroline Semaille, dont le mandat de directrice générale arrive à échéance. Selon une source syndicale interrogée par l’Agence France-Presse, les personnels n’ont « même pas été avertis en interne de cette nomination », et la transition s’effectue dans un certain « flou ». Interrogé dimanche matin par l’Agence France-Presse sur le calendrier et les modalités de recrutement du futur directeur général, le ministère de la Santé n’a pas répondu dans l’immédiat.
Des campagnes de prévention sous tension
Depuis janvier 2026, l’ensemble des campagnes nationales de prévention conduites par Santé publique France doivent recevoir une validation préalable des services de Matignon. Le gouvernement justifie cette réforme par la volonté d’améliorer la cohérence et l’efficacité de la communication publique.
Plusieurs syndicats et agents ont néanmoins alerté sur des retards pris dans la diffusion de campagnes relatives à la canicule, au tabac et aux paris sportifs. Fin mai 2026, le collectif « Santé publique en danger », réunissant des agents de SpF et une intersyndicale, avait notamment dénoncé l’absence de déploiement d’une campagne sur l’adaptation à la chaleur, pourtant prête à être diffusée en amont des premières fortes chaleurs, et parlé d’une « ingérence des services du Premier ministre qui empêche SpF de réaliser ses missions ».
Saisis par l’Agence France-Presse, les services de Matignon ont affirmé dimanche que le gouvernement n’avait « annulé aucune campagne de communication du ministère de la Santé ou de SpF », et indiqué que le service d’information du Gouvernement avait été saisi le 20 mai par le ministère de la Santé d’une demande d’agrément pour une campagne sur les grandes chaleurs, validée en 48 heures. Selon des sources proches du dossier, cette campagne était prête depuis avril.
Une manifestation prévue mardi par le collectif « Agences en lutte ! »
La prise de fonctions d’Aude de Vivies interviendra deux jours avant une manifestation prévue mardi 23 juin 2026, à l’appel du collectif « Agences en lutte ! ». Ce collectif rassemble des représentants syndicaux de Santé publique France, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), de l’Ademe et de l’Office français de la biodiversité, pour protester contre des projets de réforme qui, selon ses termes, « les fragilisent ».
Le collectif affirme que « depuis janvier 2025, les attaques — budgétaires, législatives, symboliques — s’intensifient dangereusement contre les agences environnementales et sanitaires françaises, et plus largement les opérateurs de l’État et les instituts publics de référence ».
Le dossier de la nomination par intérim ouvre ainsi, à l’approche de l’été, une nouvelle séquence sensible pour l’agence sanitaire, à la fois sur sa gouvernance interne et sur sa capacité à déployer ses campagnes de prévention dans un calendrier où la question des chaleurs extrêmes est déjà posée.
Sources
- Sud Ouest (avec AFP) — Santé publique France : Aude de Vivies nommée directrice générale par intérim, dans un moment délicat
- La Tribune — Santé publique France nomme une directrice générale par intérim sur fond de tensions
- Le Figaro (avec AFP) — Une directrice générale par intérim pour Santé publique France, dans un moment délicat
