Lundi 22 juin 2026, la voix étranglée par les larmes, Keir Starmer a annoncé sa démission de la tête du Parti travailliste devant le 10 Downing Street, à Londres. Le premier ministre britannique quitte la direction du Labour après avoir perdu le contrôle de sa majorité parlementaire et alors que son rival de toujours, Andy Burnham, est désormais en position de lui succéder.
« Toutes les décisions que j’ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j’aime. C’est pourquoi je vais démissionner de mon poste de chef du Parti travailliste », a déclaré le dirigeant de 63 ans. Il a ajouté avoir « parlé à Sa Majesté le roi ce matin » pour l’informer de sa décision et vouloir se concentrer sur sa famille — son épouse Victoria et leurs deux adolescents — évoquant « le plus important des métiers », selon ses propres mots.
L’impopularité de Keir Starmer ne datait pas d’hier : sa position était devenue intenable après l’élection, jeudi au Parlement, d’Andy Burnham comme député travailliste, ce qui a placé le maire du Grand Manchester en position de briguer la direction du parti et Downing Street. Burnham a confirmé dans la foulée sa candidature : « Cette démission marque le début d’une transition. Je me porte candidat », a-t-il écrit sur X.
Un calendrier fixé par le NEC du Labour
Keir Starmer a précisé avoir demandé au comité exécutif national (NEC) du Parti travailliste d’établir un calendrier prévoyant l’ouverture des candidatures le 9 juillet, et leur clôture avant la fin de la pause estivale, le 1er septembre. L’objectif affiché est de garantir qu’un nouveau chef soit en place avant la reprise des travaux du Parlement, en septembre. « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer une passation de pouvoir dans les règles », a-t-il ajouté.
Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester, apparaît comme le grand favori du groupe parlementaire travailliste. Un autre candidat déclaré, Wes Streeting, lui a apporté son soutien public : « Nous pouvons retrousser nos manches et l’aider à mettre en œuvre le changement dont notre parti et notre pays ont besoin », a-t-il écrit dans une lettre publiée sur X. Si la course se joue sans heurt, Keir Starmer pourrait quitter Downing Street dès la mi-juillet.
Sept Premiers ministres en dix ans et un bilan contesté
Avec ce départ, le Royaume-Uni s’apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans — un rythme qualifié de « record » dans la presse britannique. Cette séquence traduit une instabilité politique durable, alimentée par les divisions internes des grands partis et par la fragmentation du paysage parlementaire depuis le Brexit.
Lors de son allocution, Keir Starmer a défendu son bilan sur l’économie, l’accès à la santé ou le soutien à l’Ukraine, tout en reconnaissant avoir « entendu le message » de son parti : « La question que mon parti se pose aujourd’hui est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J’ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire à cette question et j’accepte cette réponse », a-t-il déclaré.
Plusieurs erreurs de gestion ont marqué son mandat. Parmi elles, la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington : ce dernier a été limogé neuf mois après sa prise de fonctions, après des révélations sur ses liens d’amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Du côté de l’opposition, Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, en tête des sondages nationaux depuis des mois, a appelé à de nouvelles élections législatives. Mais le Labour garde une large majorité au Parlement, et des législatives ne sont pas prévues avant 2029.
