Trois personnes sont mortes lundi 22 juin 2026 dans une fusillade survenue en fin de matinée dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal. Un résident du quartier, un policier et l’assaillant ont été tués. Une policière a également été blessée. Le tireur a été abattu par les forces de l’ordre après un échange de coups de feu.
Le déroulé de l’intervention
Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’intervention a débuté vers 11 h 35 dans ce quartier central et résidentiel. Un important dispositif policier — patrouilles, ambulances et un hélicoptère de la Sûreté du Québec — a été mobilisé pour sécuriser la zone, où une alerte à la population a été diffusée : « Suspect armé et dangereux, secteur du quartier Côte-des-Neiges […] abritez-vous à l’intérieur, verrouillez les portes. » Le chef de la police de Montréal, Fady Dagher, a confirmé en conférence de presse que le suspect « a été abattu » à l’issue d’un échange de tirs.
Témoin direct, l’habitant Danny Wilk a raconté à l’Agence France-Presse s’être réfugié dans une pizzeria voisine pendant la fusillade : « Le tireur, qui semblait prêt à tirer avec son arme, en vêtement militaire. Puis j’ai vu le policier, qui semblait déjà mort. J’étais comme paralysé. Puis le tireur s’est déplacé et a été tué à son tour. Tout ça est arrivé très vite. »
Les victimes identifiées
Les autorités canadiennes ont depuis confirmé l’identité des deux victimes civiles et du policier tués : Michael Moshe Mizrahi, un résident du quartier Côte-des-Neiges ; Mohamed Lamine Benredouane, un policier du SPVM ; et l’assaillant, neutralisé sur place. Une policière a été blessée ; les autorités n’ont pas précisé son état de santé dans les heures qui ont suivi. Les circonstances exactes de la mort du résident n’ont pas encore été rendues publiques.
La piste d’un manifeste incel
Le diffuseur public canadien Radio-Canada a révélé que le tireur avait laissé derrière lui un manifeste se réclamant de la mouvance « incel », du nom de cette idéologie masculiniste composée d’hommes qui se présentent comme célibataires involontaires et rejettent la responsabilité de leur situation sur les femmes. Le manifeste contiendrait un appel à une « révolution violente contre le système » pour des raisons masculinistes. Les autorités policières n’ont, à ce stade, pas confirmé officiellement ce mobile, l’enquête étant toujours en cours.
Un précédent qui résonne à Montréal
C’est à Montréal qu’a eu lieu, en 1989, l’un des actes fondateurs de la violence masculiniste contemporaine : le massacre de l’École polytechnique, où quatorze femmes avaient été tuées par Marc Lépine. En 2018, un homme se revendiquant de la même mouvance avait par ailleurs tué onze personnes, principalement des femmes, à Toronto, en Ontario. La piste évoquée cette semaine ravive, dans la mémoire collective canadienne, le souvenir de ces drames et la question de la surveillance de ces mouvances en ligne.
Un quartier sous le choc
Le quartier de Côte-des-Neiges, l’un des plus densément peuplés de Montréal, s’est figé en début d’après-midi. Plusieurs écoles et commerces du secteur sont restés confinés pendant plusieurs heures, et des cellules psychologiques ont été ouvertes en soirée pour les habitants et les témoins. Le SPVM a demandé à toute personne disposant d’images ou de vidéos de la scène de les transmettre aux enquêteurs.
Sources
- Le Monde — Une fusillade à Montréal fait trois morts, dont l’assaillant et un policier
- Les Inrockuptibles — Fusillade à Montréal : 3 morts, un manifeste incel et un quartier sous le choc
- 20 Minutes — Canada : une fusillade en plein quartier résidentiel fait trois morts, dont un policier, à Montréal
- franceinfo — 3 morts dans une fusillade à Montréal
