Les États-Unis ont bombardé l’Iran pour le deuxième jour consécutif ce week-end des 27 et 28 juin 2026, en représailles à l’attaque par drone iranien d’un pétrolier battant pavillon panaméen dans le détroit d’Ormuz. Dimanche matin, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir visé huit cibles américaines — une base navale à Bahreïn et la base aérienne Ali Al Salem au Koweït — en riposte aux frappes américaines.
Une escalade qui fragilise l’accord du 17 juin
Ces représailles croisées constituent, d’après Middle East Eye, « la pire escalade depuis la signature, le 17 juin, d’un accord de paix provisoire » censé mettre fin à la guerre de quatre mois entre Washington et Téhéran. Samedi, l’armée américaine avait annoncé sur X avoir visé dix cibles iraniennes : infrastructures de surveillance militaire, systèmes de communication, sites de défense aérienne, installations de stockage de drones et moyens de pose de mines.
Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que les frappes iraniennes sur Bahreïn et le Koweït n’avaient fait ni victime ni dégât matériel majeur. Les deux jours d’échanges s’inscrivent dans un cycle ouvert jeudi 25 juin par l’attaque d’un cargo dans le détroit d’Ormuz, que l’Iran justifie par le refus du navire d’emprunter une route autorisée.
Trump menace, l’Iran met en garde contre tout contournement d’Ormuz
Donald Trump a accusé Téhéran, dans un message publié samedi soir sur Truth Social, d’avoir « ENCORE UNE FOIS violé l’accord de cessez-le-feu ». Il a ajouté : « Il se peut qu’un jour, nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister. »
De leur côté, les Gardiens de la Révolution ont averti que « toute agression ennemie potentielle, sous quelque prétexte que ce soit, même si elle vise des cibles mineures, se verrait infliger une riposte implacable ». Selon la BBC, l’Iran considère que le protocole d’accord lui octroie des « mécanismes pour contrôler le passage et la navigation dans le détroit d’Ormuz », et que « les navires contrevenant à ces règles seraient désormais traités avec une fermeté accrue ».
Liban : un cessez-le-feu distinct également fragilisé
L’accord-cadre signé vendredi entre le Liban et les États-Unis apparaît lui aussi fragilisé. Samedi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a qualifié cet accord de « grave erreur » et de « nul et non avenu », estimant qu’il « légitimait » l’occupation israélienne. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que Tsahal avait reçu l’ordre de se préparer à un « séjour prolongé » au Liban, tout retrait étant conditionné au désarmement du Hezbollah.
L’enchaînement des deux dossiers, iranien et libanais, fait peser une incertitude persistante sur la capacité du cessez-le-feu à se maintenir et sur la reprise des négociations interrompues.
Sources
- Courrier International – Le cessez-le-feu fragilisé après un nouvel échange de frappes
- Le Monde – Les États-Unis bombardent à nouveau l’Iran
- Les Échos – Direct Moyen-Orient : frappes entre Iran et États-Unis
- La Presse – L’Iran frappe le Bahreïn et le Koweït en riposte aux attaques américaines
- Franceinfo – Après de nouvelles frappes, la guerre se dirige-t-elle vers une reprise ?
- L’Orient-Le Jour – Les Gardiens de la Révolution disent frapper le Koweït et Bahreïn
- Euronews – Nouvelles frappes américaines sur l’Iran
