L’épisode de canicule qui frappe la France depuis le 17 juin 2026 a déjà causé environ 1 000 décès supplémentaires par rapport à la normale depuis le 24 juin, selon un premier bilan de Santé publique France rendu public dimanche 28 juin. Le ministère de la Santé prévient : le coût humain définitif ne pourra être mesuré que dans plusieurs semaines, comme ce fut le cas après les vagues de chaleur de 2003 et 2019.
Un thermomètre national au plus haut depuis 1947
Météo-France a indiqué que l’« indicateur thermique national » (ITN), calculé quotidiennement à partir de 30 stations réparties sur le territoire, a atteint 30 °C le 24 juin, dépassant pour la deuxième fois en deux jours le précédent record de 29,4 °C établi le 25 juillet 2019. Près de 500 records mensuels ou absolus de chaleur ont été battus le 22 juin, principalement sur la moitié ouest du pays.
Le pic nocturne a également été pulvérisé entre le 24 et le 25 juin : le mercure est resté au-dessus de 27 °C à Nantes et Orly, et Paris n’est pas descendu sous 26,4 °C. Selon l’analyse de World Weather Attribution, ces températures nocturnes étouffantes sont devenues 100 fois plus probables aujourd’hui qu’il y a vingt-trois ans.
Vers une fin d’épisode sous haute surveillance orageuse
Dimanche 28 juin, la chaleur s’est décalée vers l’Europe centrale : 41,3 °C ont été relevés samedi à Sarrebruck, en Allemagne, 41 °C en Autriche et 40 °C en Pologne ce dimanche. En France, l’est et le Sud-Est conservent les valeurs les plus élevées, avec 33 à 37 °C dimanche après-midi et de nouveaux records absolus dans le Var, dont 41,8 °C aux Arcs.
Une dégradation orageuse « organisée » est attendue dimanche soir et lundi, avec des vagues successives du Sud-Ouest vers l’Est. Météo-France prévoit des orages forts à violents accompagnés de fortes pluies, de chutes de grêle, de rafales et d’une activité électrique marquée, susceptibles de provoquer coupures d’électricité et inondations locales. 39 départements restent placés en vigilance orange dimanche soir, dont 19 pour le risque orageux ; lundi, aucun département ne devrait plus être en vigilance rouge.
Le mois de juin 2026 candidat au record mensuel depuis 1900
Si les projections se confirment, juin 2026 deviendrait le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des relevés en 1900. La Fédération nationale du funéraire indique observer une « forte activité » mais pas de « saturation » des infrastructures, tandis que le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou a alerté dimanche matin sur Franceinfo sur un bilan « encore provisoire ».
Santé publique France recommande de maintenir la vigilance sanitaire, notamment pour les personnes âgées, les nourrissons et les travailleurs exposés. Les pouvoirs publics appellent à différer les efforts physiques intenses aux heures les plus fraîches et à signaler toute personne en difficulté aux services de secours.
