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    Afghanistan : la coupure de l’internet par fibre optique inquiète

    Afghanistan

    La coupure de l’internet par fibre optique ordonnée par les autorités talibanes a commencé à provoquer des perturbations importantes dans plusieurs provinces afghanes. Cette décision, présentée comme une mesure pour « empêcher les actions immorales », a d’abord été appliquée à Mazar-i-Sharif (province de Balkh) puis étendue à d’autres régions, suscitant inquiétude et paralysie d’activités économiques et administratives.

    Étendue de la coupure et provinces touchées

    Après l’arrêt initial des services à Balkh, la suspension des connexions par fibre optique a été signalée dans plusieurs provinces, tandis que les services mobiles restaient, pour l’instant, actifs. Parmi les régions concernées figurent :

    • Kandahar
    • Herat
    • Uruzgan (Arzghan)
    • Nimroz
    • Baghlan
    • Takhar
    • Kunduz

    De nombreux habitants indiquent que l’accès via fibre optique est interrompu depuis plus de 24 heures, rendant difficiles les tâches quotidiennes et professionnelles.

    Impact direct sur entreprises et services publics

    La coupure a affecté le fonctionnement normal d’institutions publiques et privées. Parmi les services perturbés :

    • services des passeports et registres d’état civil
    • douanes et ports
    • secteur bancaire et paiements électroniques
    • médias et entreprises privées dépendant d’Internet haut débit

    Des responsables d’entreprises de télécommunications signalent que des dizaines de sociétés, ayant investi des millions de dollars dans les réseaux à fibre optique ces dernières années, voient leurs investissements menacés.

    Avant la coupure, la vitesse moyenne fournie par la « fibre optique » était d’environ 40 Mbit/s. Après l’arrêt, la navigation via réseaux sans fil est tombée à 4–6 Mbit/s, rendant impossibles de nombreuses opérations en ligne.

    Accès à internet dans un café privé à Kaboul

    La décision a donc un impact direct sur la capacité des entreprises et administrations à fonctionner normalement.

    Motifs invoqués par les autorités

    Les autorités locales affirment que la restriction répond à un ordre direct du chef des talibans, visant à « prévenir les actions immorales ». Les responsables ont indiqué travailler à la mise en place d’une « solution locale alternative » pour fournir un accès limité et nécessaire aux citoyens et aux entreprises.

    Un responsable à Balkh a précisé que la nature exacte de cette alternative n’était pas encore définie, et que sa mise en œuvre nécessiterait du temps et des coûts importants.

    Des réunions entre gouverneurs provinciaux et fournisseurs de services ont confirmé que l’ordre avait été transmis directement par la direction suprême et devait être appliqué immédiatement.

    Conséquences techniques et contraintes alternatives

    Les spécialistes du secteur rappellent que l’Afghanistan, en tant que pays enclavé, dépend principalement de connexions terrestres à haut débit via des points d’interconnexion régionaux. Le recours à l’Internet par satellite reste coûteux et offre une qualité inférieure aux liaisons terrestres.

    Quelques éléments clés :

    • Le pays est connecté via plusieurs points principaux de fibre optique à des réseaux d’Asie centrale et du sud.
    • Le basculement vers des solutions satellitaires représenterait un coût élevé et une baisse notable de la performance.
    • Des secteurs sensibles (banques, services publics essentiels) nécessitent un Internet haut débit pour fonctionner correctement.

    Tour de télécommunications dans une province d'Afghanistan

    Réactions des citoyens et risques sociaux

    Sur les réseaux sociaux, de nombreux Afghans ont exprimé leur inquiétude face à la coupure, craignant des pertes d’emploi et une dégradation des moyens de subsistance. Plusieurs témoignages locaux décrivent des difficultés à travailler et à étudier.

    Exemples de témoignages recueillis :

    • Un habitant de Kandahar signalant l’arrêt total des opérations de son entreprise après la coupure.
    • Des résidents de Herat se plaignant d’une connexion Wi‑Fi domestique inactive et d’un accès mobile trop faible pour envoyer des messages instantanés.
    • Des familles et des étudiantes exprimant la crainte que la perte d’accès à l’Internet haut débit complique l’enseignement à distance et le travail en ligne.

    Les organisations de soutien aux journalistes s’inquiètent également, au regard des restrictions précédentes imposées aux médias, comme l’interdiction de diffusion de musique et les contraintes sur les présentatrices.

    Perspectives et incertitudes

    Les autorités parlent d’une application progressive du dispositif à d’autres provinces, y compris Kaboul, mais les détails et le calendrier restent flous. La mise en place d’une « solution locale » demande des ressources et du temps, ce qui laisse les entreprises et les citoyens dans l’incertitude.

    En attendant une éventuelle réactivation partielle ou la mise en place d’alternatives, la coupure alimente la préoccupation concernant la stabilité économique et l’accès à l’éducation et à l’information.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/9/20/%d9%82%d9%84%d9%82-%d9%81%d9%8a-%d8%a3%d9%81%d8%ba%d8%a7%d9%86%d8%b3%d8%aa%d8%a7%d9%86-%d8%a8%d8%b3%d8%a8%d8%a8-%d9%82%d8%b1%d8%a7%d8%b1-%d8%b7%d8%a7%d9%84%d8%a8%d8%a7%d9%86-%d9%82%d8%b7%d8%b9

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