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    Kering face au ralentissement du luxe : inquiets pour Gucci

    Kering face au ralentissement du luxe : inquiets pour Gucci

    (BFM Bourse) – La Royal Bank of Canada et Barclays ont décidé d’abaisser leur recommandation sur Kering ce lundi, considérant que le ralentissement du secteur du luxe complique davantage la mission de la direction du groupe.

    Kering en transition

    Kering traverse une période délicate. Le groupe de luxe est actuellement en phase de transition, avec l’introduction progressive de nouveaux produits dans ses boutiques depuis plusieurs mois. Cette évolution vise à redynamiser ses marques emblématiques, notamment Gucci. La maison italienne commence à présenter les articles issus des premières collections de son nouveau directeur de la création, Sabato de Sarno.

    Cette transition créative impacte l’activité du groupe, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte de baisse marquée de la demande pour les biens de luxe. Au premier semestre, les revenus de Kering ont enregistré une chute de 11% en données comparables, tandis que son résultat opérationnel courant a diminué de 42%.

    Kering espère voir une amélioration de l’activité au second semestre, lorsque les nouvelles créations de Sabato de Sarno seront davantage disponibles en magasin.

    Perspectives incertaines pour le redressement

    Les cabinets d’études, cependant, demeurent prudents concernant un éventuel redressement. Ce lundi, deux d’entre eux ont revu leurs prévisions à la baisse. La Royal Bank of Canada a abaissé son conseil de « surperformance » à « performance sectorielle », en réduisant son objectif de cours à 290 euros contre 310 euros. De son côté, Barclays a ajusté son avis à « sous-performance » contre « performance en ligne », avec un objectif de 276 euros au lieu de 210 euros.

    À la Bourse de Paris, Kering subit les conséquences de ces modifications de recommandations. L’action a chuté de 3,7% ce lundi à 10h45, alors que le CAC 40 affichait une hausse de 0,5%.

    « Nous pensons que l’environnement du luxe se dégrade progressivement, ce qui devrait avoir un impact significatif sur Gucci. La marque est actuellement dans une phase de transition entre l’ancien et le nouveau mix produit, alors qu’elle évolue vers un nouveau design esthétique », constate la Royal Bank of Canada (RBC).

    « Nous estimons que le délai pour un redressement éventuel continue de s’allonger et nos prévisions ne laissent pas entrevoir une croissance positive du chiffre d’affaires de Gucci avant le second semestre 2025 », ajoute la banque canadienne.

    Les défis en Chine pour Gucci

    Barclays, quant à elle, a abaissé son évaluation suite à une mission en Chine. Les analystes ont observé que Gucci continue de souffrir dans ce pays, bien plus que ses concurrents. Les retours d’experts sont alarmants, Barclays rapportant que ces spécialistes sont « plutôt pessimistes quant à l’impact potentiel des nouveaux produits de Gucci ».

    Dans ce contexte, Barclays anticipe que la reprise de Gucci pourrait être retardée, en ajoutant qu’elle ne s’attend pas à ce que les autres marques du portefeuille (Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga) compensent significativement la faiblesse de Gucci.

    Par conséquent, Barclays juge que les attentes du consensus concernant Kering sont excessivement optimistes et que des révisions des prévisions de croissance sont envisageables. L’établissement prévoit une chute de 13% des revenus de Kering au troisième trimestre, ainsi qu’une baisse de 11% au quatrième trimestre, avec des baisses respectives de 23% et 19% pour Gucci.

    Pour 2025, Barclays se montre pessimiste, prévoyant une diminution de 6% des revenus de Gucci en données comparables, alors que le consensus table sur une hausse de 5%.

    « Au regard de notre perspective prudente sur la Chine, nous pensons que Gucci devra probablement affronter une nouvelle année difficile lors de l’exercice 2025 », conclut Barclays.

    « Gucci apparaît particulièrement affecté par le ralentissement en Chine. Les consommateurs, devenant plus sélectifs, se concentrent sur des marques présentant un haut niveau de désirabilité ou d’exclusivité, ce qui complique la conquête de parts de marché par Gucci », poursuit la banque.

    Julien Marion – ©2024 BFM Bourse

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