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    Comment Gaza est devenue un centre intellectuel de l’Empire romain

    Comment Gaza est devenue un centre intellectuel de l’Empire romain

    Tout au long de l’ère romaine, Gaza était une ville prospère, connue pour son essor intellectuel et culturel qui a perduré pendant les périodes byzantine et islamique. Bien que la guerre israélienne actuelle soit l’une des périodes les plus sombres de l’histoire du long parcours de Gaza, marquée par la destruction d’édifices et d’institutions dans ce qui est qualifié d' »extermination éducative », analyser l’histoire intellectuelle de cette ville ancienne peut nous fournir des perspectives sur son avenir.

    Une carrefour historique

    Gaza, en tant que carrefour entre l’Égypte et la péninsule arabique, ainsi que les civilisations méditerranéennes, a été un champ de bataille pour les royaumes et les armées anciennes. Les Égyptiens en ont pris possession pendant des siècles avant que les anciens Palestiniens ne s’y établissent vers le XIIe siècle avant Jésus-Christ. Par la suite, elle entra sous le règne des rois David et Salomon, puis fut contrôlée par les Assyriens et les Perses. Alexandre le Grand assiège Gaza, tuant de nombreux habitants avant qu’elle ne soit reconstruite sous l’Empire romain vers 63 avant J.-C., à proximité de la Palestine septentrionale.

    Les conséquences du conflit actuel

    Des mosquées, des églises, des bâtiments historiques et des institutions éducatives ont subi des dommages considérables pendant la guerre israélienne actuelle contre la Gaza assiégée. Des observateurs estiment qu’Entité sioniste vise à « effacer la conscience culturelle » du peuple palestinien, coupant les liens entre ce peuple et son héritage historique. Alors que la guerre entre Entité sioniste et Gaza entre dans son dixième mois, le monastère de Saint-Hilarion, situé à Tel Am Amar, a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en danger de l’UNESCO.

    L’héritage intellectuel de Gaza

    Ce rapport invite à réfléchir sur l’histoire intellectuelle de Gaza, souvent peu abordée en dehors des cercles académiques. À la fin de l’Empire romain, dans les cinquième et sixième siècles, Gaza était l’un des principaux centres intellectuels de la Méditerranée, comme le souligne l’académicien Christopher Malan, professeur de études classiques et d’histoire ancienne à l’Université de l’Australie-Occidentale.

    Historiquement, Gaza a retrouvé une certaine stabilité sous l’Empire romain où elle n’était plus à la merci des intérêts impériaux de ses puissants voisins. Les habitants de Gaza ont su exploiter leur situation géographique à un carrefour entre l’Égypte et les anciennes cités du Levant, tout en accédant à la Méditerranée, ce qui a permis un commerce florissant.

    Éducation et culture

    Bien que les universités officielles n’existaient pas comme nous les connaissons aujourd’hui, ces anciennes institutions intellectuelles attiraient des enseignants renommés qui attiraient l’élite romaine la plus brillante. Les programmes éducatifs des écoles de Gaza se concentraient sur la littérature et la rhétorique, en mettant l’accent sur les textes classiques grecs plutôt que sur les textes latins ou syriaques.

    Les étudiants apprenaient à rédiger des discours sur divers sujets, parfois adressés à l’empereur, et parmi eux se trouvait Timothy de Gaza, un grand enseignant, qui rédigeait une lettre à l’empereur Anastase pour demander l’abrogation d’une taxe sur les marchands.

    Procope et son héritage

    Procope de Gaza est considéré comme l’un des intellectuels les plus influents de cet âge. Il était un écrivain prolifique, connu pour son invention d’un type de commentaire littéraire reliant les enseignements des savants antérieurs. Son description de l’horloge de Gaza est emblématique de l’éducation de son époque, une merveille mécanique qui attirait l’attention des contemporains.

    Malheureusement, tout comme les célèbres écoles de Gaza, cette horloge a disparu, tout comme les luttes ont continué à agiter la région. Près de 1500 ans après l’époque de Procope, Gaza reste une ville vivante, pleine de poètes et d’enseignants. Christopher Malan espère que les écoles modernes de Gaza ouvriront bientôt leurs portes, permettant ainsi à la vie intellectuelle de s’épanouir à nouveau.

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