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    Divergences entre Trump et Netanyahou sur la politique syrienne

    Syrie, États-Unis, Israël, Turquie, Arabie Saoudite

    La réduction significative des sanctions américaines contre la Syrie par l’administration du président Donald Trump vise à consolider la stabilité du régime d’Ahmed al-Charaa. Cette approche nouvelle cherche à tirer parti des opportunités offertes par la Syrie pour transformer historiquement les relations avec Damas et redéfinir son rôle au Moyen-Orient.

    Un écart marqué entre Washington et Tel-Aviv

    Une divergence notable apparaît dans la politique américaine envers la Syrie, notamment par rapport à celle d’Israël. D’un côté, la stratégie de Trump s’oppose à la vision israélienne, qui considérait jusqu’à récemment le régime syrien comme une menace stratégique. Israël défendait l’idée de maintenir la Syrie affaiblie et favorisait des fédérations confessionnelles pour encourager son éclatement.

    De l’autre, Washington manifeste un intérêt important pour les intérêts israéliens tout en voyant dans le changement syrien une opportunité historique pour normaliser les relations entre Damas et Tel-Aviv à long terme.

    Par ailleurs, cette divergence ne se limite pas à la perception du régime d’Ahmed al-Charaa. Tandis que l’administration Trump encourage l’engagement accru de la Turquie et de l’Arabie Saoudite en Syrie, Israël perçoit la présence turque comme une menace géopolitique majeure.

    Les raisons profondes de cette divergence

    Cette contradiction entre deux alliés privilégiés des États-Unis est rare dans la politique américaine au Moyen-Orient. Elle s’explique par quatre axes principaux :

    1. Transformation géopolitique : Le changement en Syrie offre une chance historique aux États-Unis de faire de ce pays un nouvel allié régional, après des décennies d’hostilité. Cela permet également d’étendre l’influence américaine vers des pays voisins comme le Liban et l’Irak. La politique israélienne visant à maintenir la Syrie en état de chaos constitue un obstacle majeur à cette ambition.
    2. Diminution de l’engagement direct : L’administration Trump privilégie le rôle accru de la Turquie et de l’Arabie Saoudite, afin de réduire l’implication militaire et politique américaine directe au Moyen-Orient, tout en s’appuyant sur des alliés locaux plus autonomes. L’intégration de la Syrie à cette coalition alliée renforcerait ainsi le nouvel ordre régional souhaité. Israël, cependant, oppose une résistance qui complique la politique américaine.
    3. Protection de la stabilité : Washington estime que son engagement en Syrie limite le risque d’un effondrement du pays, susceptible de déclencher une guerre civile propice à la résurgence de groupes extrémistes comme l’État islamique. Ce scénario compliquerait le retrait militaire planifié par Trump et pourrait entraîner un retour accentué des influences russe et iranienne, ainsi qu’un conflit ouvert entre la Turquie et Israël.
    4. Opportunité de paix : Trump mise beaucoup sur l’extension des accords de paix régionaux entre Israël et ses voisins. Rapprocher la Syrie de l’alliance américaine représente une occasion stratégique d’établir à terme une normalisation syréo-israélienne, bénéfique pour la sécurité d’Israël. Toute tentative israélienne de déstabiliser le régime syrien nouvellement soutenu risquerait donc d’échouer.

    Signes d’un changement progressif dans la politique israélienne

    Plusieurs indices indiquent une évolution dans l’approche israélienne sous l’influence de Washington :

    • Une réduction notable des frappes militaires israéliennes en Syrie depuis quelque temps, en comparaison avec la période suivant la chute d’Assad.
    • Un changement dans le ton israélien envers le régime syrien suite au début de négociations indirectes.
    • Le lancement d’un dialogue entre Israël et la Turquie pour apaiser les tensions en Syrie et aboutir à des accords de gestion conjointe.

    Cependant, la consolidation d’une politique israélienne stable dépend fortement de l’évolution des relations américano-syriennes.

    Vers une nouvelle dynamique régionale

    La période de six mois instaurée par Washington pour lever les sanctions contre la Syrie vise principalement à tester le président Ahmed al-Charaa et à préparer le terrain à de nouvelles relations bilatérales. Cette phase offre également une opportunité de définir des accords clairs afin de neutraliser la menace israélienne contre la Syrie.

    Bien que la normalisation syréo-israélienne semble encore lointaine, le contexte actuel et l’engagement américain aident à suspendre les antagonismes israéliens, permettant à Damas de se concentrer sur ses défis internes. En effet, la levée des sanctions ouvre une voie vers une reprise économique indispensable à la stabilité sécuritaire, politique et sociale.

    Par ailleurs, l’implication des États-Unis crée un cadre favorable pour que la Turquie et Israël collaborent au-delà de la simple gestion des risques, ce qui correspond aux ambitions de Trump. Il cherche à faire de la Syrie le pilier d’un nouvel ordre régional qui préserve l’influence américaine tout en réduisant son engagement direct.

    source:https://www.aljazeera.net/opinions/2025/5/29/%d9%81%d9%8a-%d8%b3%d9%88%d8%b1%d9%8a%d8%a7-%d8%aa%d8%b1%d8%a7%d9%85%d8%a8-%d9%8a%d8%af%d8%b9%d9%85-%d8%a7%d9%84%d8%b4%d8%b1%d8%b9-%d8%a3%d9%85-%d9%86%d8%aa%d9%86%d9%8a%d8%a7%d9%87%d9%88

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