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    Échec diplomatique en Alaska : Poutine et Trump jouent leur jeu

    France

    Rencontre attendue, résultat décevant : la crise diplomatique en Alaska entre Poutine et Trump s’est soldée par un bilan factuel qui laisse peu de place à l’optimisme pour l’Ukraine.

    Bruno Jeudy commentant la crise diplomatique
    Chaque semaine, Bruno Jeudy fait le point sur l’actualité.

    Crise diplomatique en Alaska : bilan de la rencontre à Anchorage

    La rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui devait initialement durer six heures, a finalement duré trois heures. La conférence de presse qui a suivi a été brève — 12 minutes sans questions de journalistes — et aucun cessez‑le‑feu n’a été conclu : tels sont les éléments concrets du sommet.

    Donald Trump, qui prétend s’être « stoppé un paquet de guerres » depuis son retour au pouvoir, est sorti sans le « deal » qu’il recherchait. À l’inverse, Vladimir Poutine a obtenu du temps et, selon l’édito, un avantage diplomatique. Les échanges à la table d’Anchorage ont été présentés de façon très différente par les deux camps, et le texte officiel est resté volontairement flou sur leur contenu.

    Avant de quitter le sol américain, le président russe s’est rendu sur des tombes de soldats soviétiques morts pendant la Seconde Guerre mondiale pour y déposer des fleurs, tandis que son homologue américain avait déjà regagné Air Force One. Le Kremlin a qualifié la rencontre d’« un échange constructif et utile » ; cette formule a été accueillie comme une antiphrase par l’auteur de l’édito.

    La formule prononcée par Vladimir Poutine, « Next time in Moscow », reprise largement par les médias russes, a renforcé l’impression d’un rapport de force en faveur du dirigeant russe et inquiète particulièrement l’Ukraine et les alliés européens.

    Conséquences pour l’Ukraine et réactions

    Pour les Ukrainiens, le rendez‑vous d’Anchorage est apparu comme un revers : l’échange a donné l’impression de réhabiliter le leader russe, alors même que la Russie poursuit ses opérations militaires. L’édito rappelle que « son armée n’a d’ailleurs pas molli en lançant, dans la nuit de vendredi à samedi, 85 drones sur les lignes de défenses ukrainiennes. »

    Le texte souligne également que la Russie occupe désormais 20 % de l’Ukraine et que, malgré l’échec de l’objectif initial de conquérir Kiev, Vladimir Poutine a bénéficié d’une forme de réhabilitation internationale, selon l’analyse présentée. L’auteur qualifie Donald Trump d’« idiot utile de ce conflit » pour avoir, selon lui, facilité ce regain d’influence.

    Aux Européens et à Volodymyr Zelensky, l’édito conseille de répondre à la posture de Poutine en s’inspirant d’une phrase de John Fitzgerald Kennedy : « Ne négocions jamais avec nos peurs. Mais n’ayons jamais peur de négocier. » L’auteur met en garde contre la communication conjointe et théâtrale des deux capitales, estimant que la « bulle gonflée » par les deux exécutifs a finalement éclaté.

    L’édito note enfin l’incertitude pesant sur la prochaine rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, prévue lundi à Washington, en espérant que le président américain n’infligera pas au chef de l’État ukrainien le même traitement que celui réservé à Poutine lors du sommet.

    Chiffres clés et faits cités

    • Durée effective de l’entretien : 3 heures (au lieu de 6 heures prévues).
    • Durée de la conférence de presse : 12 minutes, sans questions de journalistes.
    • Attaque ukrainienne rapportée : 85 drones lancés contre les lignes de défense dans la nuit de vendredi à samedi.
    • Part du territoire ukrainien occupée selon l’édito : 20 %.
    • Bilan des combattants évoqué dans le texte : 1,4 million de soldats tués ou blessés.

    L’édito conclut sur un constat de rapport de force : « Poutine ne veut pas la paix. Il veut maintenir le statu quo à son avantage. » Il ajoute que la Russie « n’est prête à aucune concession » et que Donald Trump, malgré son expérience et son style, a montré « ses limites comme négociateur diplomatique ». Les faits rapportés — durée réduite de la rencontre, absence de cessez‑le‑feu, nouvelles attaques militaires — composent le bilan immédiat d’un sommet qui, pour l’auteur, n’a pas apporté de solution aux tensions qui continuent d’affecter l’Ukraine.

    Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction.

    Crise Diplomatique | Alaska | Poutine | Trump | Ukraine | Crise | Diplomatie | France
    source:https://www.latribune.fr/la-tribune-dimanche/politique/l-edito-de-bruno-jeudy-jeu-de-dupes-en-alaska-1031212.html

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