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    Fitch dégrade la France à A+ : un choc pour les finances publiques

    France

    La note souveraine de la France est abaissée par Fitch de AA- à A+ vendredi soir, en raison de l’instabilité politique et des incertitudes budgétaires. L’annonce a été publiée après la fermeture des marchés, dans un contexte de dissolution de l’Assemblée et de débats sur le budget 2026. Dans l’immédiat, les conséquences pour les finances publiques restent limitées, mais les marchés pourraient exiger des rendements plus élevés si la consolidation budgétaire venait à être compromise. « La chute du gouvernement lors d’un vote de confiance illustre la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure », a indiqué Fitch dans un communiqué. « Cette instabilité affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur », ajoute-t-elle.

    Pourquoi Fitch a abaissé la note et quelles explications ?

    Selon Fitch, l’instabilité politique affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur. La dette et les finances publiques ont été mises en avant comme facteurs structurels. La dette de la France est estimée à environ 55 milliards d’euros en 2025. Les finances publiques françaises sont parmi les plus détériorées de la zone euro. Fin mars, la dette atteignait 113,9 % du Produit intérieur brut (PIB) qui correspond à la somme des richesses produites dans notre pays. Selon Fitch, l’endettement de la France continuerait de gonfler jusqu’à 121 % du PIB en 2027 si le nouveau gouvernement ne corrige pas le tir. Le déficit, lui, est escompté à 5,4 % en 2025. L’objectif affiché par le gouvernement de le limiter à 4,6 %, l’an prochain semble hors de portée, sans même parler des sacro-saints 3 %.

    Image montrant Fitch dégradant la note de la France
    Image associée à Fitch et à la dégradation de la note française.

    Réactions et enjeux économiques et politiques

    La dégradation a suscité des réactions variées. Daniel Baal, président de la Fédération bancaire française, a estimé que c’était « d’abord (d’) une responsabilité politique », appelant à « un budget de compromis » pour 2026. Il a ajouté que « c’est juste le résultat de politiques, notamment de politiques budgétaires, menées depuis très longtemps dans ce pays qui nous conduisent dans cette situation extrêmement complexe ». Il a aussi évoqué « le manque de dialogue » et un « vrai malaise d’une grande partie des Français qui ont le sentiment de ne pas être écoutés et encore moins d’être entendus ». Pour sortir de l’impasse, il a plaidé pour le dialogue et la poursuite d’un budget de compromis. De son côté Bruno Retailleau a dénoncé « des décennies d’errance budgétaire » et a affirmé que « la dégradation de la note vient sanctionner non seulement l’instabilité chronique voulue par les ingénieurs du chaos mais aussi des décennies d’errance budgétaire et de politiques social-étatistes ». À l’approche du budget 2026, il a souligné la nécessité d’un terrain d’entente entre les formations politiques. François Bayrou, ancien Premier ministre, a publié sur X une phrase reprise dans les débats: « Note Fitch: un pays que ses ‘élites’ conduisent à refuser la vérité est condamné à en payer le prix ». Véronique Louwagie, ministre du Commerce démissionnaire, a jugé que « La dégradation de la note doit nous réunir pour, ensemble, réagir et corriger durablement la trajectoire budgétaire de la France ». Eric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée, a estimé que « les seuls responsables de cette évaluation sont ceux qui ont dramatisé l’état des finances publiques pour le bénéfice unique de leur agenda politique », avertissant que « si le prochain gouvernement choisit lui aussi de s’appuyer sur les marchés pour imposer l’austérité, il court à la catastrophe annoncée par lui-même et conduira le pays toujours plus loin dans la crise économique, sociale et écologique ». L’agence a aussi invoqué pour justifier sa décision « la chute du gouvernement lors d’un vote de confiance » qui « illustre la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure » et elle estime improbable de ramener le déficit public sous 3 % du PIB en 2029 comme l’ambitionnait le gouvernement sortant.

    Bruno Retailleau lors d'un événement politique
    Bruno Retailleau réagit à la dégradation Fitch.

    Ce qui va se passer ensuite

    Sébastien Lecornu doit d’abord former son gouvernement. Il devra ensuite présenter dans les temps un budget 2026 qui puisse échapper à la censure des oppositions. Il a commencé à rencontrer les forces politiques et à consulter les partenaires sociaux. Une journée intersyndicale de mobilisation est programmée le jeudi 18 septembre, selon les informations des sources.

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