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    Israël accusée de terrorisme d’État après attaque à Doha, experts alertent

    Israël, Qatar, Palestine

    Des experts en droit international et des observateurs qualifient d’« terrorisme d’État » l’attaque qu’Israël a menée mardi dernier contre des résidences abritant des membres du bureau politique du Hamas à Doha. L’action, dirigée contre des bâtiments civils sur le sol qatarien, est perçue comme une violation flagrante de la souveraineté d’un État indépendant et un manquement grave au droit international.

    Réactions internationales et accusation de « État voyou »

    Des spécialistes du droit international ont unanimement dénoncé l’opération comme le signe d’une politique d’État qui recourt à la force militaire en dehors de ses frontières pour atteindre des objectifs politiques. Ils estiment que cette pratique s’inscrit dans ce qu’on appelle le « terrorisme d’État ».

    Plusieurs points ont été soulignés par ces experts :

    • Il s’agit d’une attaque sur le territoire d’un État tiers qui joue un rôle de médiateur dans les négociations sur la question des otages et de la trêve.
    • Le recours à des frappes contre des lieux résidentiels lors d’une réunion de l’équipe de négociation relève, selon eux, d’une logique de terreur visant des civils et des processus diplomatiques.
    • La présence antérieure du Qatar comme facilitateur dans l’échange d’otages et les pourparlers augmente la gravité politique et juridique de l’attaque.

    Hamas a affirmé mardi que ses dirigeants ont échappé à une tentative d’assassinat « lâche et criminelle », après que des avions israéliens ont visé une résidence à Doha au moment où s’y tenait une réunion de l’équipe de négociation examinant une proposition américaine de cessez-le-feu pour la bande de Gaza.

    Définition et divisions du terrorisme, selon les experts

    Tajeddine Al-Husseini, professeur de relations internationales à l’université Mohammed V, a distingué trois catégories majeures du terrorisme :

    1. Le terrorisme individuel, incarné par les « loups solitaires ».
    2. Le terrorisme de groupe, organisé et planifié par des organisations.
    3. Le terrorisme d’État, le plus dangereux, qui implique l’usage de la force militaire par un État contre des cibles civiles.

    Al-Husseini a expliqué que les moyens militaires dont dispose un État dépassent largement les capacités individuelles ou collectives des groupes non étatiques. Il considère que lorsque des dirigeants politiques anticipent et revendiquent des attaques contre des bâtiments résidentiels en provoquant des explosions visibles par les civils, cela relève du terrorisme d’État.

    Il conclut que « Israël s’est muée en État voyou qui défie le droit international, tant dans son traitement des Palestiniens que dans son agression contre le Qatar », ajoutant que Tel-Aviv méprise même certaines décisions de la Cour pénale internationale.

    Responsabilité internationale et outils juridiques

    Les juristes rappellent que le droit international condamne fermement ces actes, mais qu’il existe un déficit d’outils de dissuasion efficaces. Les cadres juridiques évoqués incluent :

    • La convention internationale de prévention du financement du terrorisme.
    • La résolution 1566 du Conseil de sécurité qui condamne de tels comportements.

    Le principal obstacle à l’action contraignante demeure le droit de veto exercé par les États permanents au Conseil de sécurité, en particulier le veto américain, selon Al-Husseini. Il insiste pour que le Qatar dépose une plainte formelle au Conseil, malgré la probabilité d’un veto.

    En cas d’impossibilité pour le Conseil d’agir, le recours à l’Assemblée générale des Nations unies sous la procédure dite « Union pour la paix » est évoqué par le professeur de droit international Raed Abu Bedwaya.

    Cette procédure permet, selon lui, à l’Assemblée générale d’adopter des mesures collectives — économiques, diplomatiques et commerciales — et éventuellement de suspendre la participation d’un État aux organes onusiens, comme cela s’est produit par le passé pour d’autres pays.

    Sanctions potentielles et précédents

    Les intervenants juridiques rappellent que la répétition d’agressions contre des États comme le Qatar, ainsi que contre le Yémen, le Liban et la Syrie, constitue l’accumulation de preuves devant les instances internationales.

    Parmi les options évoquées :

    • La suspension ou la limitation de la participation d’Israël dans certains organes des Nations unies.
    • L’imposition de sanctions collectives décidées par une majorité qualifiée de l’Assemblée générale.

    Les experts soulignent que ces mesures nécessitent une mobilisation diplomatique arabe, islamique et internationale pour créer un front uni capable d’exercer une pression effective.

    Voies d’action recommandées pour le Qatar

    Les spécialistes recommandent une réponse strictement fondée sur le droit international, en privilégiant les voies juridiques et institutionnelles :

    • Déposer sans délai une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité.
    • Si le Conseil est paralysé par le veto, convoquer l’Assemblée générale au titre de l’« Union pour la paix » pour tenter d’imposer des mesures collectives.
    • Coordonner la démarche avec des partenaires régionaux et internationaux — pays du Golfe, monde arabe et organisations internationales — pour renforcer la légitimité et l’impact.

    Al-Husseini insiste sur la nécessité d’une action collective plutôt que d’une initiative qatarie isolée, afin d’augmenter les chances d’un réel effet dissuasif.

    Discours de Netanyahu et contre-arguments juridiques

    Dans un discours prononcé mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a tenté de justifier l’opération en évoquant un parallèle avec les attaques du 11 septembre 2001, affirmant qu’« Israël a aussi son 11 septembre » et faisant référence à l’offensive du 7 octobre 2023 comme un acte terroriste majeur.

    Des juristes et analystes ont vivement critiqué cette analogie. Anis Qassem, spécialiste du droit international, l’a qualifiée d’« argument fallacieux », rappelant que l’attaque d’Al-Qaïda visait des civils innocents sans contexte d’occupation, alors que, selon le droit international, le cadre du conflit israélo-palestinien inclut la réalité de l’occupation et le droit à la résistance.

    Al-Husseini estime que ce raisonnement vise à marginaliser le droit international et à substituer à celui-ci la loi du plus fort, ce qui correspond, selon lui, à la logique d’un État qui se place hors du respect des normes internationales.

    Répercussions sur la médiation et les négociations

    Le Qatar, qui a joué un rôle de médiateur central dans les échanges d’otages et dans les pourparlers de cessez-le-feu pour la bande de Gaza, a vivement condamné l’attaque, la qualifiant de violation de toutes les lois internationales et de menace grave pour la sécurité des citoyens et résidents.

    Doha a lancé une enquête officielle et demandé la convocation urgente de la Ligue arabe pour étudier la réponse appropriée.

    Les analystes avertissent que l’attaque contre un pays médiateur constitue un revers majeur pour les efforts de désescalade et compromet les perspectives de négociation et de libérations futures d’otages, plongeant le dossier dans l’incertitude.

    Fumée s'élevant après une explosion, allégée attribuée à une frappe israélienne à Doha, Qatar.

    Doha — Qatar : photographie montrant de la fumée après une explosion attribuée à une frappe, le 9 septembre 2025.

    Impact régional et diplomatique

    L’attaque alimente les critiques internationales envers Israël et renforce les appels à sa responsabilisation selon les normes du droit international. Les experts affirment que la multiplication de ces incidents pourrait pousser l’Assemblée générale à adopter des mesures de rétorsion si le Conseil de sécurité reste bloqué.

    Ils appellent également à un effort coordonné pour documenter les violations et mobiliser l’opinion publique et les États membres afin de créer une dynamique diplomatique en faveur de sanctions ou d’autres réponses collectives.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/9/11/%d8%ae%d8%a8%d8%b1%d8%a7%d8%a1-%d9%82%d8%a7%d9%86%d9%88%d9%86-%d8%af%d9%88%d9%84%d9%8a-%d8%a5%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84-%d8%aa%d8%ad%d9%88%d9%84%d8%aa-%d9%84%d8%af%d9%88%d9%84%d8%a9

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