More

    Israël déjoue le programme nucléaire iranien avec le piratage du Mossad

    Iran, Israël

    Le Mossad dérobe l’archive nucléaire iranienne et révèle des secrets stratégiques

    En janvier 2018, des agents du Mossad ont mené une opération audacieuse au cœur de Téhéran, s’emparant de près d’une demi-tonne de documents essentiels liés au programme nucléaire iranien. Cet exploit a permis de découvrir non seulement l’emplacement de plusieurs sites nucléaires cachés, mais aussi des méthodes sophistiquées employées par l’Iran pour dissimuler ses activités aux inspecteurs internationaux.

    Selon un article du journal israélien Israel Hayom écrit par Itay Elnai, cette opération a offert un aperçu inédit sur les stratégies d’obfuscation iraniennes. Ces révélations surviennent alors que l’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, entamait de nouvelles négociations avec Téhéran. L’enjeu essentiel n’est plus de savoir si l’Iran violera l’accord nucléaire, mais plutôt comment cette violation sera orchestrée.

    Une opération de longue haleine débutée en 2016

    Le Mossad a commencé à s’intéresser à cette affaire dès janvier 2016 en détectant une activité suspecte au sein du ministère iranien de la Défense. Des agents ont observé que des employés rassemblaient minutieusement des documents provenant de divers sites à travers le pays, les transférant secrètement dans un entrepôt civil situé dans une zone industrielle au sud de Téhéran.

    Yossi Cohen, alors chef du Mossad, a ordonné à ses agents de préparer la récupération de ces archives, une mission qui s’est conclue avec succès deux ans plus tard. Ce trésor documentaire a permis d’identifier plusieurs installations nucléaires militaires secrètes que même Israël ne connaissait pas auparavant.

    Des preuves accablantes de falsifications et de dissimulation

    Les documents volés ont mis au jour des tentatives iraniennes systématiques de tromperie vis-à-vis de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Iran a falsifié des rapports, détruit des preuves sur des sites sensibles, et falsifié des documents pour masquer ses activités nucléaires militaires.

    Parmi les stratégies découvertes, on note :

    • La déviation discrète d’équipements et de matériaux nucléaires vers des sites non déclarés.
    • Des opérations de nettoyage minutieux des installations pour effacer toute trace compromettante.
    • La création de sites clandestins pour poursuivre l’enrichissement d’uranium en secret.

    Ces manœuvres rendent extrêmement difficile pour l’AIEA de contrôler efficacement le programme nucléaire iranien.

    Sites clés du programme nucléaire iranien

    Parmi les sites mentionnés dans les archives, deux ont particulièrement retenu l’attention : Ramin et Lavizan. Ces installations étaient dédiées à la production de la « gâteau jaune » – une forme d’oxyde d’uranium – et à sa transformation en composés nécessaires pour la fabrication de matériaux fissiles.

    Lavizan a été entièrement démoli par l’Iran en 2002, bien que les inspecteurs de l’AIEA aient demandé à visiter le site en 2004. D’autres documents évoquent la mine d’uranium de Gchine et la production de la « gâteau jaune » à Bandar Abbas, où des falsifications documentaires ont été utilisées pour tromper l’AIEA.

    Le programme militaire « Amad » et ses ramifications

    Les archives révèlent que le programme militaire iranien de développement d’armes nucléaires, baptisé « Amad », était dirigé par le professeur Mohsen Fakhrizadeh, assassiné près de Téhéran en 2020. Ce programme visait à concevoir un petit nombre de bombes nucléaires susceptibles d’être montées sur des missiles balistiques.

    Par ailleurs, la centrale d’enrichissement d’uranium de Natanz, découverte seulement en 2002, est creusée à 20 mètres sous terre, servant de modèle pour un autre site secret à Fordow, identifié en 2009. L’objectif était de poursuivre discrètement l’enrichissement de l’uranium à différents niveaux, jusqu’à plus de 90% d’enrichissement, avec une production annuelle estimée à 45 kilogrammes.

    Partage des informations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique

    Face à la richesse des informations obtenues, Israël a décidé de transmettre l’intégralité des données à l’AIEA. Un responsable de la sécurité a déclaré que cet archive était cruciale pour exposer la vérité sur le programme nucléaire iranien, contenant des informations jusque-là inconnues.

    En réponse, l’AIEA a demandé à l’Iran la permission d’effectuer des inspections dans plusieurs sites non déclarés. Ces demandes ont été systématiquement rejetées avec des justifications qualifiées de « bizarres » par la presse.

    Pressions diplomatiques et découvertes récentes

    Dans un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dévoilé au monde entier l’existence du site de Turquzabad, critiquant l’AIEA pour son refus initial de procéder à des inspections malgré la réception des documents iraniens.

    Suite à cette pression, l’AIEA a intensifié ses exigences. Les inspections menées ont révélé la présence de traces d’uranium naturel sur le site, ce que les explications iraniennes, invoquant un usage industriel civil, n’ont pas convaincu. Les tentatives de l’agence pour résoudre ces « dossiers ouverts » se sont heurtées à de nombreuses difficultés.

    Alerte de l’AIEA et enjeux pour les négociations internationales

    En avril 2023, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a averti que l’Iran était à quelques semaines seulement de posséder une bombe nucléaire. Il a souligné que le manque d’accès aux sites nucléaires iraniens aggravait considérablement la situation.

    Ces déclarations devraient être un signal d’alarme pour les négociateurs américains actuellement engagés dans des discussions avec Téhéran. Elles confirment que l’Iran continuera probablement à violer les termes des accords pour progresser vers l’acquisition de l’arme nucléaire.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/4/26/%d9%8a%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84-%d9%87%d8%a7%d9%8a%d9%88%d9%85-%d9%87%d9%83%d8%b0%d8%a7-%d8%b3%d8%b1%d9%82-%d8%a7%d9%84%d9%85%d9%88%d8%b3%d8%a7%d8%af-%d9%88%d8%ab%d8%a7%d8%a6%d9%82

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici


    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    Tour de France 2026 : 184 coureurs au départ, mais seulement 30 Français

    Le Tour de France 2026 s'élance samedi 4 juillet...

    Jimmy Mohamed retiré de l’antenne de France Télévisions après les accusations de violences de son épouse

    France Télévisions a confirmé, lundi, que Jimmy Mohamed n'interviendra...

    Inflation : la France repasse sous les 2 % en juin, mais l’Insee attend une remontée à 2,7 % d’ici décembre

    L'inflation française retombe à 1,8 % sur un an en juin, après 2,4 % en mai, portée par la détente des prix de l'énergie. L'Insee anticipe cependant un retour à 2,7 % en décembre.

    Motion de censure contre Lecornu : les écologistes défient la majorité, le vote attendu lundi

    Le groupe écologiste à l'Assemblée nationale a déposé, jeudi...

    BCE, Banque de France, OCDE : trois signaux macroéconomiques qui pèsent sur la France cet été

    Alors que la BCE laisse entendre qu'une nouvelle hausse des taux est improbable en juillet, la Banque de France ramène sa prévision de croissance 2026 à 0,5 % et l'OCDE confirme que la France reste l'un des cancres budgétaires de la zone euro. Trois signaux qui dessinent un été tendu pour le portefeuille des Français et les comptes de l'État.

    Espagne : la croissance continue de défier la sinistrose française

    Le ministre espagnol de l'Économie Carlos Cuerpo a annoncé...

    à Lire

    Categories