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    Jean-Louis Étienne repart vers l’Antarctique à 79 ans

    France

    À 79 ans, l’explorateur Jean-Louis Étienne repart vers l’Antarctique à bord de la goélette Persévérance. L’expédition, présentée comme une étape majeure de suivi de la biodiversité marine, vise à étudier l’évolution des écosystèmes dans l’aire marine protégée (AMP) de la mer de Ross et à réaliser des relevés en Dumont-d’Urville et autour des îles Balleny. Le programme prévoit aussi de calibrer le satellite Pace de la Nasa pour cartographier le phytoplancton depuis l’espace, afin de mieux comprendre le rôle des espèces marines dans le puits de carbone océanique, et d’affiner ces observations par des mesures sur le terrain. Le départ est annoncé depuis la Nouvelle-Zélande, où l’expédition doit partir le 20 janvier.

    Jean-Louis Étienne sur Persévérance près de l’Antarctique
    Jean-Louis Étienne, à bord de Persévérance, départ pour l’Antarctique.

    Jean-Louis Étienne, à 79 ans, repart vers l’Antarctique

    Selon les informations publiées, la goélette Persévérance doit arriver ces prochains jours en Nouvelle-Zélande, d’où l’expédition partira le 20 janvier, et Jean-Louis Étienne doit atteindre la zone d’escale la semaine suivante.

    « L’Antarctique, c’est un désert de glace géant. Les zones de nidification pour les manchots et les mammifères marins, phoques et otaries, sont rares. Elles se trouvent surtout sur la péninsule, mais elles sont rares. C’est pour ça qu’il y a une telle densité dans les colonies de manchots, qui s’installent en novembre pour pondre leurs œufs et élever leurs petits. Mais il faut nourrir tout ce monde, et le sandwich de toutes les espèces de la région, c’est le krill », explique Jean-Louis Étienne.

    Taillé pour les glaces arctiques ou australes, la Persévérance embarquera également une dizaine d’expériences scientifiques, en collaboration avec des laboratoires français, américains ou britanniques. L’expédition doit notamment calibrer le satellite Pace de la Nasa, afin de pouvoir cartographier les ressources en phytoplancton depuis l’espace.

    « Cette mission, c’est deux ans de préparation. J’ai hâte maintenant d’embarquer. Je suis très content, c’est une belle mission. C’est deux mois de mer, avec huit jours pour traverser les quarantièmes et les cinquantièmes – mais on aura le vent de travers, avec les voiles, ça devrait aller vite. »

    Objectifs et enjeux autour de la biodiversité dans la mer de Ross

    La mission vise à étudier l’évolution de la biodiversité dans l’aire marine protégée (AMP) de la mer de Ross, dix ans après sa mise en place. En collaboration avec les scientifiques américains présents sur place, l’expédition doit notamment préfigurer un comptage des colonies de manchots et réaliser des relevés dans la mer Dumont-d’Urville et autour des îles Balleny, afin de suivre l’état des populations et des habitats.

    Il existe une seule aire marine protégée dans la région antarctique : celle de la mer de Ross. La France et l’Australie souhaiteraient en mettre trois autres en place, mais leur création nécessite l’unanimité des 27 membres de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique. Jusqu’à présent, toutes les tentatives se sont heurtées à l’opposition de la Chine et la Russie.

    « L’océan Austral est le principal puits de carbone océanique de la planète. À lui seul, il contient 50 % du CO2 absorbé par l’océan mondial », explique le médecin explorateur. À mesure que les observations avancent, les responsables espèrent étayer les décisions sur la gestion des ressources et la protection des écosystèmes.

    Pour l’explorateur, l’objectif est aussi d’évaluer les effets des activités humaines sur l’AMP et d’apporter des données sur l’évolution des colonies de manchots, élément central de la chaîne alimentaire antarctique et témoin des pressions environnementales.

    « L’idéal serait de sanctuariser l’océan Austral, d’avoir une couronne interdite de pêche tout autour de l’Antarctique », reprend sans trop d’illusions l’explorateur, et il craint de voir diminuer les ressources en krill dans une zone déjà soumise à des usages économiques croissants.

    Source: https://www.ledauphine.com/science-et-technologie/2026/01/10/c-est-une-belle-mission-a-79-ans-jean-louis-etienne-remet-le-cap-sur-l-antarctique

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