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    La famine appauvrit les banques de sang à Gaza face à la crise

    Gaza, Palestine

    À Gaza, le 8h00 sonnait comme d’habitude à l’ouverture du service de la banque de sang au complexe médical Nasser, situé à Khan Younès, dans le sud du secteur de Gaza. Pourtant, pendant près de quatre heures, l’ambiance était d’un calme inhabituel avec des sièges vides, malgré le va-et-vient incessant des ambulances qui transportaient les victimes des bombardements aériens israéliens intenses sur les habitations et les camps de déplacés.

    Durant cette période, un seul donneur s’est présenté : Youssef Talawi, habitué à donner son sang depuis avant le déclenchement de la guerre israélienne après l’opération « Toufane al-Aqsa » du 7 octobre 2023. Cependant, il confie que durant les six derniers mois, il n’a pas pu donner son sang à cause de sa fatigue et de ses étourdissements liés à la famine et à la malnutrition sévère qui sévissent dans la région.

    Le dimanche matin précédent, il s’était éveillé avec l’intention de faire un don, mais le manque de nourriture l’a profondément attristé. Ce n’est qu’après qu’un ami l’ait invité à prendre un petit déjeuner ensemble qu’il a pu se rendre à la banque de sang. Il affirme : « Je n’ai rien d’autre à donner que mon sang pour aider à sauver la vie d’un blessé. Une simple goutte peut faire la différence. »

    La famine et le refus de don

    Avant le déclenchement des hostilités, Youssef Talawi, âgé de 25 ans, était un donneur régulier, apportant son sang tous les trois mois. Toutefois, la guerre ne lui a laissé que trois occasions pour donner son sang, expliquant cela par le ciblage des hôpitaux, le siège, la famine et la malnutrition extrême.

    Selon le docteur Sofia Zaarab, directrice des laboratoires et banques de sang au ministère de la Santé, une tendance inquiétante se dessine : les jeunes refusent de donner leur sang. Cette réticence s’est aggravée depuis le durcissement du blocus et la fermeture des points de passage le 2 mars 2025, suivie d’une explosion de la famine et de la malnutrition.

    Dans la période récente, la banque de sang du complexe médical Nasser n’a reçu que dix unités de sang en trois jours, alors qu’elle a distribué 250 unités durant la même période à partir du vendredi précédent. Cette quantité était destinée à faire face au nombre massif de blessés.

    • Les banques de sang de Gaza subissent une baisse dramatique des dons en raison des conditions sanitaires et alimentaires précaires.
    • La malnutrition affecte la capacité des donneurs à offrir leur sang sans risques.
    • Les hôpitaux doivent faire face à un déficit critique de sang pour soigner les blessés des bombardements.

    Une situation alarmante chez les jeunes donneurs

    Sharif Ehlil, un sportif trentenaire, confie se sentir mal en raison de la famine ambiante. Ancien joueur de football, il ne souffre pas de maladie connue, mais il n’a pas accès à une alimentation saine depuis la reprise des hostilités le 18 mars. Les denrées telles que viande, volaille, poissons et légumes sont rarissimes et très coûteuses. Sa nourriture se limite désormais aux quelques conserves fournies par les aides humanitaires.

    Le docteur Zaarab précise : « La famine a ravagé toute la population. De nombreux jeunes comme Sharif souffrent de malnutrition et craignent de donner leur sang. Certains surmontent la faim pour venir mais ressentent fatigue et vertiges, les obligeant à interrompre le don. Nous devons alors jeter le sang prélevé. »

    Un cas révélateur : le corps qui refuse de donner

    Il y a quelques jours, un jeune homme en bonne apparence s’est présenté pour un don. Après quelques minutes d’extraction de sang, il a soudainement manifesté des signes graves de fatigue, sueur abondante, nausées et vertiges.

    Le personnel lui a demandé s’il avait mangé avant le don. Il a répondu n’avoir ingéré qu’un petit morceau de pain avec du thym la veille au soir. Le prélèvement a été immédiatement arrêté et le don rejeté.

    Le docteur Zaarab explique que ce type d’incident est fréquent. Les donneurs, poussés par des appels constants des hôpitaux, ignorent leurs propres faiblesses. La transfusion sanguine demande de l’énergie, des calories et une compensation rapide en fluides et sucres, éléments qui font défaut sous le blocus et en cas de famine.

    Les banques de sang manquent également de jus à offrir aux donneurs pour les aider à récupérer, ainsi que d’eau potable, en raison des restrictions imposées par l’occupation qui empêchent l’entrée de l’aide humanitaire et des fournitures commerciales.

    Un défi majeur pour les services de santé

    Le personnel médical décrit la situation dans les banques de sang comme « complexe, dangereuse et très préoccupante ». Les réserves actuelles sont estimées à peine suffisantes pour quatre jours, dans le meilleur des cas, à moins d’une escalade des attaques israéliennes.

    La pénurie affecte non seulement les réserves de sang mais aussi le matériel nécessaire au transport, aux sacs de collecte et aux tests. La plupart des fournitures sont à zéro stock, bloquées par l’occupation qui refuse aussi l’entrée de dons de sang externes, notamment ceux provenant de la Cisjordanie.

    Cette situation oblige à des conditions de travail exceptionnelles, avec une préparation manuelle d’une unité de sang qui prend environ 30 minutes, soit le double du temps normal.

    Face à la forte demande et au manque de ressources, les normes médicales internationales sont souvent compromises, concernant :

    • Le contrôle de l’hémoglobine
    • Le poids et la pression des donneurs
    • La vérification de leur santé générale

    Le personnel est parfois contraint d’accepter des donneurs souffrant de malnutrition, ce qui explique pourquoi la majorité ressent vertiges, maux de tête, faiblesse et nausées après le don.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/5/20/%d8%a8%d9%86%d9%88%d9%83-%d8%a7%d9%84%d8%af%d9%85-%d8%ae%d8%a7%d9%88%d9%8a%d8%a9-%d9%81%d9%8a-%d8%ba%d8%b2%d8%a9-%d9%88%d8%a7%d9%84%d9%85%d8%ac%d8%a7%d8%b9%d8%a9-%d8%aa%d8%a4%d8%ab%d8%b1

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