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    Le sit-in de la dignité parviendra-t-il à unifier la révolte en Syrie

    Le sit-in de la dignité parviendra-t-il à unifier la révolte en Syrie ?

    À Alep, les comités issus du sit-in connu sous le nom de « sit-in de la dignité » ont tenu une conférence dans les zones sous contrôle des factions proches de la Turquie au nord de la Syrie. L’objectif était de mettre en place un mécanisme pour élire une autorité dirigeante suprême de la révolution syrienne selon un calendrier précis, selon les organisateurs.

    Le 1er juillet dernier, un groupe d’académiciens, d’activistes et de citoyens a lancé le « sit-in de la dignité », ou « l’Intifada de juillet », en réponse à la mort de sept personnes et près de 50 blessés lors d’un sit-in ouvert dans les villes d’Afrin, d’Azaz et de Mare’ pour protester contre la normalisation avec le régime syrien et l’ouverture des passages vers ses régions.

    Les participants ont appelé à la mise en place d’une enquête judiciaire pour tenir les responsables pour comptes, à indemniser les familles des victimes, à rejeter les mesures de normalisation avec le régime, à interdire l’ouverture des passages et à demander à la Turquie, considérée comme un allié, de ne pas intervenir dans la gestion de la région. Ils ont aussi appelé à l’annulation de l’Alliance et de toutes les institutions qui en découlent, ainsi qu’à la création d’une autorité supérieure pour diriger la révolution, accompagnée de conseils adaptés aux exigences de celle-ci.

    Élection d’une autorité suprême

    Au cours du sit-in, les manifestants ont formé trois comités. Le premier est chargé de la gestion du sit-in, avec Rashid Zamout élu coordinateur général et Mohammed Dahla comme porte-parole officiel. Le second est composé d’avocats représentant les blessés et les proches des martyrs pour faire valoir leurs droits. Le troisième comité a été créé pour préparer un projet en trois mois pour élire une autorité dirigeante suprême de la révolution.

    Plus d’un mois après le début du sit-in, le troisième comité a tenu sa première conférence, réunissant les autres comités et d’autres personnalités sous le thème « Mécanisme d’élection d’une autorité suprême de la révolution ». Le processus électoral est prévu dans 60 jours, et sera supervisé par une commission électorale.

    Rashid Zamout, coordinateur général du sit-in de la dignité, a déclaré qu’un rassemblement électoral de 2200 personnes avait été formé pour élire cette autorité sous la direction d’une commission électorale et d’une commission d’appels. Il a indiqué : « Nous visons une représentation politique véritable de la révolution après l’échec de l’Alliance, c’est nécessaire et doit émaner de la volonté du peuple, et non de nominations par des États. » Selon lui, l’Alliance a mené des réformes « illusoire » qui servent les intérêts extérieurs sans prêter attention à la volonté du peuple syrien.

    ![Photo d’une manifestation à Azaz en soutien au sit-in de la dignité](https://aljazeera.net/wp-content/uploads/2024/08/uipi11-1724069299.jpg?w=770&resize=770%2C513)

    Manifestation à Azaz en soutien au sit-in de la dignité (Al Jazeera)

    Contexte et enjeux

    Un chercheur au Centre Jossour, Bassam Sleyman, souligne les défis auxquels le sit-in de la dignité est confronté, notamment la réintroduction par la Turquie des coordinateurs dans la région nord de la Syrie après les avoir retirés suite à des affrontements. Sleyman a commenté que le mouvement dispose de ressources humaines actives, mais que ses exigences sont très ambitieuses et peu réalistes, aspirant à mettre fin aux coordinateurs turcs et à l’Alliance, sans avoir les moyens d’y parvenir ou même de trouver une alternative.

    Selon lui, la meilleure voie serait d’avoir des demandes réalistes, telles que la limitation du rôle des coordinateurs au bénéfice du gouvernement provisoire, ainsi que la mise en œuvre de réformes pour équilibrer leur pouvoir. Si ces conditions ne sont pas remplies, le sit-in risque de ne pas atteindre ses objectifs affichés.

    Attentes et réactions

    Mohammed Dahla, porte-parole officiel du sit-in, indique que la décision populaire d’annuler l’Alliance vise à se libérer des engagements imposés par des États qui s’opposent aux principes de la révolution. Il déclare que la confiance envers ces institutions a disparu, ayant échoué sur tous les fronts politique, civil et militaire, même pour ce qui est de libérer un détenu.

    Perspectives d’avenir

    Treize ans après le début de la révolution syrienne, et après plusieurs tentatives infructueuses visant à former un conseil dirigeant, le « sit-in de la dignité » fait face à des obstacles internes et externes. Dahla affirme que parmi les obstacles internes, se trouve le gouvernement « provisoire » lié à l’Alliance nationale, qui bénéficie du soutien international, ainsi que le rôle de la Turquie dans la gestion de la région d’Alep et l’absence de large mobilisation populaire autour du sit-in.

    Du côté externe, la Turquie considère cette région comme vitale pour sa sécurité nationale, après avoir expulsé les forces « SDF » et « DAECH ». Les pays concernés par la situation syrienne voient l’Alliance comme le véritable représentant de l’opposition.

    Déalors, le porte-parole annonce que l’élection d’une autorité suprême pour la direction de la révolution, sans prendre en compte la dimension régionale et sans disposer de forces armées ou de sécurité, semble irréalisable pour beaucoup. Néanmoins, il espère que, par la mobilisation populaire, ils pourront redonner le pouvoir à la révolution syrienne et le placer entre les mains de son peuple.

    La situation actuelle

    La région rurale d’Alep, ainsi que certaines parties de l’ouest et de l’est, sont parmi les trois zones contrôlées par des entités opposées au régime syrien, sous le contrôle de factions alliées à la Turquie qui administrent la région via un gouvernement provisoire lié à l’Alliance nationale syrienne, qui est l’unique entité bénéficiant d’une certaine reconnaissance internationale. D’autre part, la région d’Idlib est contrôlée par Hay’at Tahrir al-Sham, tandis que l’est de la Syrie est sous le contrôle des Forces syriennes démocratiques (SDF), avec la direction politico-militaire assurée par le Conseil démocratique syrien (MSD), contrôlé par le Parti de l’union démocratique, un dérivé du Parti des travailleurs du Kurdistan.

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