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    Loi Duplomb: censure partielle et suite du débat

    France

    Le Conseil constitutionnel a censuré partiellement l’article 2 de la loi Duplomb, relançant le débat sur l’équilibre entre protection sanitaire et pratiques agricoles en France.

    Décision du Conseil constitutionnel sur la loi Duplomb
    Le Conseil constitutionnel a censuré l’article 2 de la loi Duplomb.

    Contexte et enjeux

    La loi Duplomb, portée par le député Laurent Duplomb, visait à faciliter l’exercice du métier d’agriculteur en autorisant des dérogations à l’interdiction d’utiliser certains produits phytopharmaceutiques, dont l’acétamipride. Cet étiquetage est présenté comme un levier pour sécuriser les pratiques agricoles face à des enjeux économiques et européens, alors que l’acétamipride est un pesticide classé comme néonicotinoïde et interdit en France depuis 2018. L’Union européenne autorise son usage dans certains cas jusqu’en 2033.

    La décision a mobilisé l’ensemble des acteurs du dossier: gouvernement, chambres et organisations agricoles, syndicats et acteurs de la santé, avec des avis opposés sur les risques sanitaires et environnementaux et sur le coût politique de la loi.

    La décision du Conseil constitutionnel

    Selon les Sages, l’article 2 présente un encadrement insuffisant et est contraire à la Charte de l’environnement, ce qui a conduit à sa censure partielle. Le texte reste toutefois au cœur d’un dialogue sur une éventuelle réécriture.

    Le Conseil explique que l’encadrement entourant la dérogation est insuffisant et ne répond pas pleinement aux exigences de protection du principe de précaution.

    L’Elysée a rapidement réagi, affirmant qu’« Emmanuel Macron a pris bonne note de la décision du Conseil constitutionnel » et qu’il « promulguera le texte tel [qu’il] résulte de cette décision dans les meilleurs délais ».

    Réactions et enjeux politiques

    • France insoumise: « Grâce à notre recours au Conseil constitutionnel, celui-ci censure le cœur de la loi Duplomb soutenue par le gouvernement ».
    • Écologistes et certains opposants parlementaires: certains estiment que la censure est une étape, mais que la loi demeure problématique sur le plan sanitaire et environnemental.
    • Marine Le Pen: « Le Conseil constitutionnel se comporte comme un législateur sans légitimité démocratique », dénonçant une ingérence jugée démocratiquement problématique.
    • Laurent Wauquiez: « L’ingérence des juges constitutionnels devient un vrai problème pour notre démocratie », appelant à une refonte du processus législatif.
    • FNSEA: « choc, inacceptable et incompréhensible », redoute des effets sur certaines filières comme la betterave et la noisette et rappelle l’autorisation européenne jusqu’en 2033.
    • Confédération paysanne: « victoire d’étape », appelle à une réorientation des politiques agricoles.
    • Ordre des médecins: « respect du principe de précaution et protection de la santé », tout en reconnaissant les défis rencontrés par les agriculteurs.
    • Ministre de la Santé: « respect de la décision et réévaluation sans délai », plaidant pour plus de transparence et de rigueur.
    • Députés régionaux et autres personnalités: certains demandent au gouvernement d’ouvrir le débat et de privilégier des solutions balancées plutôt que des mesures prises en urgence.

    Des discussions internes indiquent la possibilité d’un nouveau texte rédigé pour répondre aux critiques du Conseil, tout en tentant de préserver des mécanismes de dérogation sous conditions strictes. Des chiffres relayés par les soutiens de l’initiative évoquent plus de 2,1 millions de signatures contre le texte, perçues comme un indicateur de l’ampleur des préoccupations citoyennes sur les orientations agricoles et sanitaires.

    Perspectives et suites

    La suite du dossier dépendra des échanges entre les parlementaires, les autorités sanitaires et les associations agricoles. Une réécriture encadrée pourrait être envisagée afin de concilier les exigences environnementales, la sécurité sanitaire et les besoins des filières agricoles. Le dossier demeure dans l’agenda politique et pourrait alimenter de nouveaux débats publics et mobilisations citoyennes autour de l’agriculture et de l’usage des produits phytopharmaceutiques.

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