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    Manifestation en Tunisie contre la réforme électorale

    Manifestation en Tunisie contre la réforme électorale

    Ce dimanche, des centaines de Tunisiens se sont réunis pour protester contre les efforts du parlement, pro-président Kaïs Saïed, visant à modifier le code électoral. Cette réforme entend réduire la surveillance de la cour administrative sur les élections Présidentielles prévues le 6 octobre prochain.

    La mobilisation des manifestants

    Les protestataires se sont rassemblés dans l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, à l’appel du Réseau tunisien des droits et libertés, qui regroupe des associations et organisations de défense des droits humains, ainsi que plusieurs partis de gauche et sociaux.

    Selon le réseau, cette manifestation vise à s’opposer aux dérives et violations commises par le pouvoir exécutif, selon le texte d’appel à la mobilisation.

    Les revendications des manifestants

    Les manifestants ont scandé des slogans tels que « À bas le régime ! » et « Dégage ! », tout en brandissant des pancartes dénonçant les tentatives de modifier le code électoral dans le but de réaliser des élections « sur mesure ». Ils ont exigé au président Saïed de ne pas toucher à la loi électorale actuelle.

    De plus, les manifestants ont affiché des slogans appelant au retour de la démocratie, à l’arrêt des attaques contre les politiciens, les défenseurs des droits, et les journalistes, ainsi qu’à la cessation de la instrumentalisation de la justice contre les activistes. Certains ont également demandé l’abrogation de lois qu’ils considèrent comme hostiles aux libertés, comme le décret 54.

    Critiques envers le parlement

    Les pancartes portaient également des critiques destinées au parlement, qui est dominé par des alliés de Saïed, suite à la proposition d’initiative visant à modifier la loi électorale. Les manifestants ont accusé l’instance électorale de manquer d’indépendance.

    En effet, 34 députés du parlement tunisien ont récemment présenté un projet de loi visant à déposséder la cour administrative de sa compétence dans le règlement des litiges électoraux, quelques semaines seulement avant le scrutin présidentiel.

    Contexte politique

    L’opposition tunisienne estime que ce projet de loi constitue une nouvelle tentative de saper la crédibilité des élections présidentielles. La cour administrative, souvent décrite comme la dernière instance indépendante en Tunisie, avait rétabli trois candidats à l’élection présidentielle qui avaient été exclus par l’instance électorale. Cependant, cette dernière a refusé d’appliquer les décisions de la cour en prétextant que ces décisions étaient intervenues après l’expiration des délais légaux.

    Les trois candidats exclus sont notamment Abdel Latif Mekki, ancien ministre et dirigeant du parti de travail et de la réalisation, ainsi que Mohamed Zanati, ancien ministre, et l’ancien député Imed Daïmi.

    Réactions à la réforme

    Les détracteurs du président estiment que l’initiative des députés pro-Saïed de modifier le code électoral est motivée par la crainte que la cour administrative ne déclare l’invalidité des élections si les candidats exclus contestent les résultats.

    L’opposition accuse le président d’avoir violé la Constitution en dissolvant le parlement et le gouvernement le 25 juillet 2021, consolidant ainsi un régime dictatorial, tandis que Saïed rejette ces accusations, affirmant que ses actions visent à sauver l’État et à libérer le pays de ceux qu’il qualifie de « traîtres, mercenaires et corrompus ».

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