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    Pourquoi des scientifiques envoient-ils des gènes humains sur la Lune

    Pourquoi des scientifiques envoient-ils des gènes humains sur la Lune

    Le célèbre film de science-fiction « Interstellar », réalisé par Christopher Nolan, met en avant un scénario où l’humanité tente de survivre après qu’une pandémie a décimé la population de la Terre. Pour échapper à cette catastrophe, un projet ambitieux a été conçu : la construction d’une vaste station spatiale capable de transporter de grandes populations vers une planète plus sûre.

    Une alternative à ce plan consiste à envoyer des embryons congelés avec un groupe d’astronautes, faisant ainsi de ces derniers les seuls survivants de l’humanité, et permettant ainsi la renaissance de la vie sur une autre planète grâce à cette petite communauté humaine.

    Les scientifiques, inspirés par ce scénario, pensent que la survie des êtres vivants peut résider non pas sur Terre, mais dans l’espace, étant donné les conflits incessants et l’évolution des armes de destruction massive menaçant toute forme de vie. Une équipe de chercheurs a proposé dans un publication dans la revue « Bioscience » d’envoyer des gènes génétiquement conservés de diverses espèces, y compris des humains, sur la surface de la Lune, les stockant dans des dépôts biologiques similaires à ceux que l’on trouve sur Terre.

    Un environnement idéal

    Le choix de la Lune n’est pas anodin, selon l’étude. Les menaces pesant sur l’identité génétique et son éventuelle extinction sur Terre, telles que le changement climatique, les conflits militaires et d’autres catastrophes naturelles, sont pratiquement inexistantes sur la Lune.

    De plus, le climat froid de la Lune, avec son absence d’atmosphère pour conserver la chaleur, constitue un environnement idéal pour garder ces échantillons congelés toute l’année sans nécessiter de source d’énergie.

    Les chercheurs peuvent également tirer parti des cratères lunaires ombragés qui n’ont pas reçu la lumière du soleil depuis des millions d’années, où les températures peuvent chuter à environ -196 °C, créant des conditions optimales pour la préservation et la reproduction éventuelle de ces échantillons.

    En général, les scientifiques utilisent de l’hydrogène pour maintenir les banques de gènes à des températures très basses, ce qui empêche toute activité vitale dans les cellules conservées, les protégeant ainsi de toute dégradation.

    Cependant, les chercheurs estiment que ce projet, s’il est approuvé, ne sera pas facile à réaliser. La construction pourrait prendre plusieurs décennies avant d’être opérationnelle, compte tenu de l’absence d’infrastructures sur la Lune à ce jour.

    Des défis à surmonter

    Les scientifiques doivent prendre en compte divers défis, tels que la différence de pression, la manière adéquate de conditionner et emballer les gènes, ainsi que leur transport sur un vaisseau spatial volant à grande vitesse. Tous ces facteurs rendent le projet complexe, mais pas impossible, surtout face aux menaces continues pesant sur les banques de semences à travers le monde.

    ![La tâche est difficile, mais pas impossible ; ces défis sont exacerbés par les menaces pesant sur les banques de semences dans le monde (Wikipédia)](https://aljazeera.net/wp-content/uploads/2024/08/Plant-1722698763.jpg?w=770&resize=770%2C340)

    Les banques de semences, des dépôts en péril

    Sur une île glacée et isolée près du pôle Nord, se dresse un monument en fer contenant une petite porte en acier, menant à un accès souterrain vers l’un des principaux dépôts futurs pour l’humanité, connu sous le nom de « Caveau mondial de Svalbard ».

    Sur l’île norvégienne de Spitsberg, le réservoir mondial de Svalbard stocke plus de 930 000 graines de toutes les plantes connues, agissant comme une banque pour l’avenir des ressources végétales. Brian Lainoff, directeur de l’Organisation mondiale de la diversité des cultures, affirme que ce bâtiment renferme un patrimoine agricole vieux de 13 000 ans.

    Ce dépôt a reçu plusieurs envois en trois phases depuis une banque de semences située à Alep, qui abritait certaines des plantes les plus rares du Moyen-Orient avant d’être détruite lors du bombardement de la ville pendant la guerre civile syrienne. Un sort similaire a été réservé à une grande banque de semences en Ukraine en raison du conflit en cours depuis la mi-2022.

    Cela soulève un drapeau rouge pour les scientifiques : la survie des codes génétiques et des gènes ne peut être garantie sur Terre. Il est devenu impératif d’explorer d’autres solutions loin d’une planète ravagée par les conflits, ne laissant ni présent, ni passé, ni vie sur elle.

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