L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a ordonné l’inspection de 16 Airbus A380 — dont cinq en urgence avant leur prochain vol — après la découverte de fissures sur les longerons intermédiaires (wing mid spars) de l’aile d’un appareil. Quinze des avions concernés sont exploités par Emirates et un par Qantas, a précisé mardi 23 juin un porte-parole d’Airbus.
Cinq inspections dès mercredi, onze avant le treizième vol
Cinq A380 d’Emirates doivent être inspectés immédiatement, dès mercredi et avant leur prochain vol, a indiqué le constructeur aéronautique européen. Les onze autres avions peuvent être contrôlés plus tard, mais avant d’avoir effectué leur treizième vol — soit 25 « cycles » comprenant un décollage et un atterrissage.
Emirates, la compagnie des Émirats arabes unis basée à Dubaï, est le plus gros client d’Airbus pour l’A380, avec une flotte de plus d’une centaine d’appareils long courrier. L’avionneur précise que tous les A380 « ayant le même historique » de production ont été identifiés et qu’il discutera avec l’EASA pour déterminer s’il y a lieu d’effectuer des réparations.
Les wing mid spars, longerons sous haute surveillance
L’EASA pointe les « wing mid spars », des longerons intermédiaires qui constituent une structure interne importante de l’aile car ils supportent les charges de torsion et de flexion. Les fissures découvertes sur un appareil peuvent, selon l’avis de l’agence, amenuiser l’intégrité structurelle de l’aile. Cette découverte a eu lieu lors d’inspections ordonnées par l’EASA dans une directive de décembre 2025.
Un historique de fissures depuis 2012
Ce n’est pas la première fois qu’Airbus doit faire face à un problème de cette nature sur son très gros porteur quadrimoteur, produit de 2004 à 2021 et dont l’assemblage final était réalisé à Toulouse. En 2012, l’EASA avait demandé l’inspection de l’ensemble des A380 en service après la découverte de micro-fissures sur les ailes de certains d’entre eux. En 2019, l’agence avait préconisé d’inspecter aux ultrasons 25 des 234 A380 en circulation, soit ceux dont la date d’assemblage remontait à plus de 15 ans.
Les travaux de réparation et de contrôle sur les « super jumbos » avaient été évalués par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel à au moins un million d’euros par appareil, soit un coût total de 100 millions d’euros. Ces déconvenues successives avaient terni la réputation du plus gros avion civil au monde. En 2019, Airbus avait annoncé la fin de la production de l’A380, en bout de course faute de commandes, et le groupe avait cessé de le livrer en 2021.
Sources
- franceinfo — Airbus annonce que 16 avions A380 nécessitent des inspections, dont cinq immédiatement, après la découverte de fissures dans la structure des ailes d’un appareil
- Boursorama — Potentielles fissures dans les ailes: 16 Airbus A380 nécessitent des inspections
- Ouest-France — Après la découverte de fissures dans leurs ailes, 16 Airbus A380 nécessitent des inspections dont cinq en urgence
- RFI — Potentielles fissures dans les ailes: 16 Airbus A380 nécessitent des inspections dont cinq immédiatement
