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    Séismes au Venezuela : plus de 50 000 disparus selon l’ONU, le pays sous tutelle américaine face à sa première catastrophe

    Le Venezuela tente de mesurer l’ampleur de la catastrophe. Cinq jours après le double séisme qui a frappé le nord du pays le 24 juin 2026, les autorités vénézuéliennes recensent au moins 589 morts, mais le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a alerté vendredi sur un bilan humain bien plus lourd : plus de 50 000 personnes sont portées disparues et plus de 500 sont décédées selon ses chiffres. Les secours fouillent sans relâche les décombres dans les États de Caracas, La Guaira, Miranda, Aragua, Carabobo et Falcón, sous la menace permanente de répliques.

    À titre de comparaison, des séismes de magnitude similaire ont causé plus de 200 000 morts en Haïti en 2010, 73 000 dans le Cachemire en 2005 ou encore près de 53 500 morts à la frontière entre la Turquie et la Syrie en 2023. Le Venezuela n’avait plus connu de secousse d’une telle violence depuis 1997, selon les sismologues interrogés par la BBC.

    Un « doublet sismique », un phénomène rare

    Ce qui distingue la séquence vénézuélienne des séismes plus classiques, c’est la survenue quasi simultanée de deux secousses principales. Le premier tremblement de terre, de magnitude 7,2, s’est produit à 18 h 04 dans la zone côtière centrale, avec un épicentre situé près de la ville de San Felipe, dans l’État de Yaracuy, à environ 280 km à l’ouest de Caracas. Trente-neuf secondes plus tard, un second séisme, encore plus puissant avec une magnitude de 7,5, a frappé à seulement 45 km du premier épicentre, près de la municipalité de Yumare.

    Les sismologues parlent d’un « doublet sismique » : un phénomène inhabituel dans lequel deux séismes surviennent, mais où le second ne peut être considéré comme une simple réplique du premier, soit parce que les deux magnitudes sont proches, soit parce que leurs épicentres sont trop rapprochés. La séquence la plus typique reste celle d’un séisme principal suivi d’une série de répliques de moindre intensité. À Caracas comme à La Guaira, les bâtiments encore debout menacent désormais de s’effondrer à chaque nouvelle secousse.

    Les secours face à une situation « d’une complexité incroyable »

    Sur le terrain, l’ampleur des destructions complique chaque intervention. « Il y a aussi la menace de répliques ; les équipes de secours interviennent donc dans des conditions d’une complexité incroyable », a résumé Tom Fletcher lors d’un entretien avec l’Agence France-Presse à Genève. Entre bâtiments instables et infrastructures détruites, chaque opération représente un risque supplémentaire pour les secouristes, dont plusieurs ONG internationales ont commencé à coordonner l’arrivée.

    L’aide internationale commence à s’organiser, mais aucun bilan matériel chiffré n’a encore été communiqué par les autorités. Des dizaines d’immeubles ont été détruits et des centaines d’autres endommagés dans les six États affectés, privant des milliers de familles de logement et d’accès à l’eau potable.

    Un « test » pour la « doctrine Donroe » de Washington

    Au-delà du drame humain, la catastrophe met à l’épreuve un contexte géopolitique inédit. Depuis la capture de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines en janvier dernier, le Venezuela a été placé de facto sous tutelle des États-Unis, avec une réorientation des flux de pétrole et d’or vers Washington. La nouvelle « doctrine Donroe », qui redéfinit l’Amérique latine comme l’arrière-cour et principale sphère d’influence américaine, est désormais confrontée à sa première épreuve humanitaire d’envergure.

    Donald Trump a réagi dès l’annonce du bilan en déclarant : « Nous serons là pour nos nouveaux et formidables amis ». Mais selon un responsable du gouvernement américain cité par The Intercept, cette offre est « insuffisante », le Venezuela étant désormais considéré comme un « État vassal » des États-Unis. Pour le New York Times, « la reconstruction à venir permettra de déterminer si [le gouvernement américain] est désormais disposé à soutenir un allié présumé avec des fonds d’aide et des politiques de secours ». La manière dont Washington articulera aide humanitaire et sanctions économiques dans les semaines à venir dira si la « doctrine Donroe » survit à sa première catastrophe.

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