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    Boxeur de passage : combat contre la dépression, drogues et abus

    Royaume-Uni

    Johnny Greaves, boxeur itinérant originaire de l’Est de Londres, a mené un combat bien plus dur que ceux disputés sur le ring. Au cours d’une carrière professionnelle comptant 100 combats, il a affronté la drogue, l’alcool, la dépression et les abus, perdant 96 de ses combats mais gagnant la bataille contre ses démons personnels.

    Johnny Greaves, boxeur britannique

    Un parcours atypique dans le monde de la boxe

    Âgé de 46 ans, Johnny Greaves est entré dans le monde professionnel de la boxe relativement tard, à 30 ans en 2007. Avant cela, il avait déjà combattu 50 fois en matches non licenciés et 30 fois en amateur. Cependant, conscient que ses chances de gloire étaient limitées, il a choisi de devenir « l’adversaire » dans le coin adverse pour des combattants en pleine ascension.

    Plutôt que de viser la victoire, Greaves acceptait souvent des combats au dernier moment, parfois après avoir consommé de la bière, espérant même perdre pour assurer un revenu régulier. Il touchait environ 2 300 € par combat en tant qu’adversaire, contre seulement 920 € s’il avait cherché à construire sa réputation en tant que champion.

    Combats dans et hors du ring

    Johnny Greaves raconte dans son livre Bright Lights and Dark Corners comment sa vie personnelle était marquée par des difficultés : naissance de son fils Teddy avec un pied bot sévère, nuits passées à l’hôpital, et un manque cruel de travail en dehors de la boxe. Malgré tout, il continuait à se battre dans des conditions particulièrement précaires.

    Il relate notamment une soirée en 2008 où, après avoir bu plusieurs bières, il a accepté un combat à la dernière minute au Excel Arena, montant sur le ring à peine une heure et demie après avoir reçu l’appel.

    En 2012, alors qu’il devait simplement coacher un autre boxeur, il a dû lui-même prendre part au combat à York Hall, recevant les équipements nécessaires en urgence avant de monter sur le ring.

    Une vision réaliste et impitoyable du métier

    Pour Greaves, la boxe professionnelle est avant tout un business, loin des rêves sportifs traditionnels. Il a affronté neuf champions du monde et plus de vingt champions britanniques, dont Anthony Crolla, Jamie Cox et Johan Perez. Il explique que gagner pouvait s’avérer contre-productif : cela ferait perdre des opportunités futures, car un adversaire victorieux devient un risque pour les promoteurs.

    • Il évitait donc de « mettre ses poings » contre des jeunes prometteurs.
    • Il jouait la sécurité en perdant souvent aux points.
    • Il combattait fréquemment, parfois jusqu’à 20 fois par an.

    Une addiction cachée et un combat contre la dépendance

    Peu de gens savaient que Johnny Greaves luttait en secret contre une addiction sévère à la cocaïne, qu’il consommait même les soirs de combats. Il qualifie cette période de sa vie de « dégoûtante ».

    Il raconte comment, en 2009, il est monté sur le ring à Dublin après une lourde beuverie et une nuit blanche passée seul dans sa chambre d’hôtel. Désormais sobre, il travaille comme peintre sur le chantier du gratte-ciel The Shard à Londres.

    Les blessures invisibles d’un vétéran du ring

    Au-delà des combats physiques, Johnny Greaves a souffert psychologiquement : la dépression, les pensées suicidaires et une faible estime de soi ont longtemps pesé sur lui. La violence des foules, qui le conspuaient et parfois lui crachaient dessus à son entrée sur le ring, a laissé des traces profondes.

    Il se souvient : « J’ai été traité parfois comme un chien. » Son mantra était clair : exclure sa famille des combats pour les préserver du spectacle de ses défaites et des humiliations publiques.

    Un dernier combat victorieux et une thérapie par l’écriture

    En 2013, Greaves a exceptionnellement autorisé sa famille à assister à son dernier combat, qu’il a remporté face à Dan Carr devant 500 spectateurs. Cette victoire a marqué la fin de sa carrière professionnelle sur une note positive.

    Son autobiographie, Bright Lights and Dark Corners, a été pour lui une forme de thérapie, lui permettant de mettre des mots sur les épreuves traversées et d’affronter ses démons intérieurs.

    Johnny Greaves | Boxe | Addiction | Dépression | Carrière | Carrière Sportive | Résilience | Royaume-uni
    source:https://www.thesun.co.uk/sport/34932320/boxing-journeyman-cocaine-alcohol-johnny-greaves/

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