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    Suspension de la réforme des retraites: coûts et contours

    France

    La suspension de la réforme des retraites a été adoptée par l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Cette mesure, présentée comme temporaire, vise à repousser l’objectif de départ à la retraite et à étendre la suspension à certaines carrières longues et professions actives. Le coût budgétaire est estimé à 300 millions d’euros en 2026 et à 1,9 milliard d’euros en 2027, selon les porte-paroles du gouvernement et les rapports parlementaires. Des débats et des réactions marquent ce tournant, avec des soutiens de la gauche et du Rassemblement national, et des objections des opposants qui dénoncent une mise en pause sans solution durable.

    Assemblée nationale lors des débats sur la réforme des retraites
    Franceinfo – image illustrant les débats à l’Assemblée sur la suspension

    Portée et contours de la suspension

    Selon l’article 45 bis du PLFSS, la suspension vise à geler l’évolution vers l’âge légal de départ à la retraite et à reporter la progression du nombre de trimestres jusqu’au 1er janvier 2028. Cela concerne notamment les carrières longues et certains métiers de la fonction publique.

    « L’amendement du gouvernement élargit aussi la suspension pour \ »prendre en compte les cas spécifiques qui n’avaient pas été intégrés dans la lettre rectificative\ » », a expliqué mardi le ministère du Travail.

    Par ailleurs, l’amendement élargi la suspension pour prendre en compte les cas spécifiques qui n’avaient pas été intégrés dans la lettre rectificative, a expliqué mardi le ministère du Travail. Cela concerne notamment les personnes qui ont commencé à travailler avant l’âge de 21 ans. Le gouvernement propose d’avancer l’entrée en vigueur de la suspension aux pensions qui prennent effet dès le 1er septembre 2026, pour que les personnes concernées par le dispositif « longues carrières, inaptitude et invalidité » puissent en bénéficier. Cela leur permettrait un départ anticipé à la retraite.

    Si vous êtes policier, surveillant de prison, égoutier, pompier, infirmier de catégorie A… L’élargissement de la suspension pourrait aussi toucher des professions considérées comme « actives » ou « super-actives » dans la fonction publique, qui peuvent déjà partir plus tôt à la retraite. « Ce sont des métiers difficiles : on pense aux policiers, aux pompiers, on pense aux égoutiers, on pense aux pompiers professionnels, on pense aux contrôleurs aériens », a expliqué le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

    Par ailleurs, pour Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon, l’amendement permet un départ à la retraite un trimestre plus tôt, qu’ils soient fonctionnaires ou salariés du privé. Si aucune autre réforme n’était votée après l’élection présidentielle de 2027, l’application reprendrait le 1er janvier 2028. L’article 45 bis doit être examiné, avec l’ensemble du PLFSS, par le Sénat, à partir du 19 novembre.

    Réactions et enjeux parlementaires

    « Voici venue l’heure de vérité, s’exclame-t-elle. Nous allons dénouer un premier mystère : comment un gouvernement a-t-il pu mettre son sort entre les mains des socialistes qui ne représentaient, lors de la dernière présidentielle, que 1,5 % des voix ? »

    Les débats ont aussi mis en lumière le coût et les marges de financement. Le coût total est estimé à 300 millions d’euros en 2026 et 1,9 milliard d’euros en 2027, selon les évaluations du gouvernement et des députés.

    « La suspension, c’est très faisable de la financer », a estimé Denis Gravouil (CGT). Par ailleurs, le vice-président du Medef Fabrice Le Saché a averti que la dette s’accroissait et qu’il fallait trouver des sources de financement sans céder au recul. « Le compte n’y est pas », estime Éric Coquerel (LFI).

    Les parlementaires ont en outre choisi de soutenir une hausse de la CSG sur les revenus du capital, devant rapporter environ 2,8 milliards d’euros en 2026 afin de financer partiellement la suspension et d’éviter un gel pur et simple des pensions et des minima sociaux.

    Effets sur les parcours et coûts pour l’État

    Pour donner un aperçu concret des effets sur les parcours, voici les évolutions prévues par l’amendement et les projections associées.

    1. 1964: départ à 62 ans et 9 mois, 170 trimestres cotisés, retraite à taux plein possible
    2. 1965: départ à 62 ans et 9 mois, 170 trimestres; possibilité élargie par l’amendement.
    3. 1966: départ à 63 ans et 3 mois
    4. 1967: départ à 63 ans et 6 mois
    5. 1968: départ à 63 ans et 9 mois
    6. 1969 et après: départ à 64 ans

    Ces dispositions seront examinées par le Sénat lors de la navette parlementaire, avec la perspective d’une entrée en vigueur conditionnée par les votes du prochain budget.

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