More

    Union européenne : le loup moins protégé, un tournant controversé

    Union européenne, France

    Les eurodéputés ont validé jeudi une modification majeure du statut de protection du loup en Europe. Désormais, cet animal sera considéré comme une espèce « protégée » au sein de l’Union européenne, et non plus comme « strictement protégée ». Cette décision, qui marque un tournant dans la conservation du loup, suscite vives critiques de la part des défenseurs de la biodiversité.

    Les eurodéputés votent jeudi 8 mai sur le déclassement du statut du loup, qui sera désormais sur le territoire de l'UE un espèce 'protégée' et non plus 'strictement protégée'

    Une modification issue de la Convention de Berne

    Ce changement législatif transpose dans le droit européen les récentes évolutions de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage. Le texte a été adopté en session plénière à Strasbourg, avec le soutien de la majorité réunissant la droite (PPE), les socialistes et démocrates (groupe S&D) ainsi que les libéraux centristes de Renew.

    À l’inverse, les Verts et le groupe de La Gauche ont exprimé leur opposition, dénonçant une décision motivée davantage par des considérations politiques que scientifiques. Selon Sebastian Everding, élu allemand représentant La Gauche, cette dégradation de la protection ignore des outils efficaces de coexistence et transforme la sauvegarde de la nature en un enjeu politique alimentant la peur plutôt que les faits.

    De son côté, l’organisation WWF avait déjà critiqué cette mesure à l’automne 2024, soulignant que l’Union européenne abandonnait ainsi le loup à un sort incertain.

    Quelles conséquences pour la protection du loup en Europe ?

    Concrètement, ce déclassement facilite les tirs et abattages de loups dans les zones rurales et montagneuses où la proximité de l’animal avec le bétail et les chiens de troupeau est perçue comme une menace. Les États membres conservent la responsabilité des plans de gestion du loup, mais bénéficient désormais d’une plus grande flexibilité dans leur mise en œuvre, ce qui, selon Herbert Dorfmann, eurodéputé italien du PPE, pourrait favoriser la coexistence entre humains et loups.

    Le Parti populaire européen (PPE), premier groupe du Parlement européen et famille politique de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, est à l’origine de cette initiative. Ce texte est le fruit de trois années de travail, motivé par la hausse des conflits entre éleveurs et loups.

    Une population de loups en forte augmentation

    Depuis la directive européenne de 1992 interdisant leur élimination, la population de loups a fortement progressé en Europe. En 2023, on dénombrait environ 20 300 individus sur le territoire de l’Union.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle-même alerté sur le « réel danger » que constituent les meutes de loups pour le bétail dans certaines régions. En septembre 2022, un loup avait pénétré dans la propriété familiale au nord de l’Allemagne, causant la mort d’un vieux poney.

    Si aucun accident humain n’a encore été recensé, les inquiétudes des éleveurs restent vives. Selon les élus du PPE, plus de 60 000 animaux d’élevage sont attaqués chaque année dans l’UE, un chiffre souligné par l’Espagnole Esther Herranz Garcia, négociatrice du texte pour son groupe.

    Des réactions politiques contrastées

    Une partie de l’extrême droite semble prête à soutenir cette mesure, estimant que les agriculteurs ne peuvent plus travailler dans des conditions où ils se sentent menacés. Valérie Deloge, députée française du groupe Les Patriotes, affirme représenter à la fois les éleveurs et les citoyens confrontés à ce qu’elle qualifie de « menace permanente ».

    Face à cette controverse, les socialistes et les centristes ont tenté de relativiser l’impact de ce changement. Pascal Canfin, eurodéputé français du groupe Renew et ancien ministre, a insisté sur le fait que le texte ne donne pas un « permis de tuer », mais simplement une latitude accrue pour des dérogations locales. Selon lui, le loup demeure une espèce protégée au niveau européen.

    Protection Du Loup En Europe | Loup | Protection Des Espèces | Biodiversité | Union Européenne | Directives Européennes | Conflits Loups-éleveurs | Abattage | Conservation | Strasbourg | Wwf | France
    source:https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20250507-en-europe-le-loup-reste-une-esp%C3%A8ce-prot%C3%A9g%C3%A9e-mais-moins-qu-avant

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici


    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    Inflation : la France repasse sous les 2 % en juin, mais l’Insee attend une remontée à 2,7 % d’ici décembre

    L'inflation française retombe à 1,8 % sur un an en juin, après 2,4 % en mai, portée par la détente des prix de l'énergie. L'Insee anticipe cependant un retour à 2,7 % en décembre.

    Motion de censure contre Lecornu : les écologistes défient la majorité, le vote attendu lundi

    Le groupe écologiste à l'Assemblée nationale a déposé, jeudi...

    BCE, Banque de France, OCDE : trois signaux macroéconomiques qui pèsent sur la France cet été

    Alors que la BCE laisse entendre qu'une nouvelle hausse des taux est improbable en juillet, la Banque de France ramène sa prévision de croissance 2026 à 0,5 % et l'OCDE confirme que la France reste l'un des cancres budgétaires de la zone euro. Trois signaux qui dessinent un été tendu pour le portefeuille des Français et les comptes de l'État.

    Espagne : la croissance continue de défier la sinistrose française

    Le ministre espagnol de l'Économie Carlos Cuerpo a annoncé...

    à Lire

    Categories