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    Google attaque Microsoft pour pratiques anticoncurrentielles en Europe

    France, Europe

    Google accuse Microsoft de pratiques anticoncurrentielles sur le marché du cloud

    Google, troisième acteur du cloud, a déposé une plainte contre Microsoft auprès de la Commission européenne, l’accusant de tirer parti de la position dominante de son logiciel Windows Server. Ce système d’exploitation, largement utilisé par les entreprises pour gérer leurs serveurs, serait utilisé par Microsoft pour inciter ses clients à opter pour Azure lors de leur transition vers des solutions cloud.

    Une plainte historique

    Cette démarche est un tournant historique pour Google Cloud qui n’avait jamais sollicité auparavant l’intervention du régulateur européen. Le dépôt de plainte survient alors que Google Cloud, avec 11% de parts de marché, se voit distancé par Microsoft Azure qui, avec 25%, profite d’une croissance fulgurante et tente même de réduire l’écart avec le leader, Amazon Web Services (31%).

    Selon Google, cette dynamique du marché est étroitement liée aux pratiques concurrentielles injustes de Microsoft, qui pousserait les utilisateurs de Windows Server à migrer vers Azure au lieu d’envisager d’autres options.

    Le monopole de Microsoft sur le marché des serveurs

    Google désigne Windows Server comme un « monopole logiciel », estimant qu’il contrôlerait jusqu’à 70% du marché. Bien que ce chiffre soit sujet à débat, certaines études le chiffrent plutôt autour de 40%. Quoi qu’il en soit, Windows Server représente un obstacle important pour ses concurrents dans le secteur.

    Le régulateur britannique (la CMA) a déjà donné raison à Google, affirmant que Microsoft détient un « degré significatif de pouvoir sur le marché grâce à Windows Server ». Pour mettre en lumière ces problèmes, Google cite une étude de McKinsey, révélant que 68% des entreprises européennes n’ont pas encore transféré leur charge de calcul dans le cloud, laissant ainsi un potentiel de croissance immense pour les fournisseurs de services cloud.

    Un enjeu financier colossal

    Le marché européen du cloud a connu une hausse de 20% entre 2023 et 2024, représentant plus de quinze milliards de dollars. Cette croissance, selon Google, pourrait être menacée par les pratiques de Microsoft, qui manipulerait les choix des clients pour maximiser ses profits.

    Les clients utilisant déjà Windows Server se retrouvent souvent confrontés à un dilemme : migrer vers Azure en conservant leur licence actuelle ou changer complètement de fournisseur en devant acheter une nouvelle licence. Microsoft vante le coût de migration vers AWS comme étant jusqu’à cinq fois plus élevé, tandis que Google qualifie ces disparités de pratiques anticoncurrentielles préjudiciables à la concurrence.

    Des accusations de pratiques déloyales

    Les difficultés rencontrées par Google dans cette bataille commerciale remontent à 2019, lorsque Microsoft a modifié les termes d’utilisation de Windows Server. Cette modification a conduit à des conditions désavantageuses pour les clients souhaitant migrer leurs serveurs vers d’autres plateformes cloud.

    Google a notamment déclaré que si un client voulait transférer ses opérations vers AWS ou Google Cloud, il devait faire face à des frais supplémentaires et à des pénalités en raison des nouvelles règles imposées par Microsoft.

    Demandes de Google pour un changement

    Pour remédier à cette situation, Google exige que les clients ayant une licence Windows Server aient la liberté de l’utiliser sur n’importe quelle plateforme cloud. L’entreprise souhaite également que Microsoft propose des licences à prix unique sans favoritisme et assure des mises à jour régulières pour toutes les licences.

    Un retournement de situation possible

    En tant qu’acteur challenger sur le marché du cloud, Google se positionne comme un défenseur de la concurrence loyale. Il a été le premier à supprimer les frais de sortie pour les clients changeant de fournisseur, mais reste conscient que ces pratiques anticoncurrentielles pourraient être bientôt illégales avec la mise en œuvre du nouveau Data Act européen.

    Ce combat entre géants technologiques met en lumière les complexités du marché du cloud et le besoin d’une régulation efficace pour garantir une concurrence juste.

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