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    Procès Péchier : l’anesthésiste de Besançon jugé pour empoisonnements

    France

    Le procès Péchier, empoisonnements, anesthésiste Besançon s’ouvre lundi devant la cour d’assises du Doubs à Besançon : Frédéric Péchier doit répondre de trente empoisonnements présumés, dont douze mortels, dans un dossier qui mêle admiration professionnelle, troubles personnels et accusations graves.

    Procès Péchier, empoisonnements, anesthésiste Besançon : chefs d’accusation et déroulé de l’audience

    La cour d’assises du Doubs juge Frédéric Péchier à partir du 8 septembre. Le médecin est mis en examen pour trente empoisonnements présumés, dont douze mortels, pour des faits situés principalement entre 2008 et 2017. Le procès, qualifié d’« hors normes » par la presse, doit durer près de trois mois et demi, jusqu’au 19 décembre.

    Interrogé au fil de la procédure, le praticien clame son innocence. Selon le dossier, il a d’abord choisi le silence avant d’évoquer la possibilité d’erreurs médicales face aux constats de pollution de poches de perfusion. Il a par ailleurs désigné un collègue comme possible responsable, affirmation visant, selon l’instruction, à lui nuire. Dans une interview accordée en 2024, il a affirmé n’avoir « empoisonné personne » et déclaré attendre d’être jugé pour « prouver son innocence ».

    Parcours personnel et professionnel de Frédéric Péchier

    Agé de 52 ans, Frédéric Péchier est né et a grandi dans un environnement hospitalier : son père était médecin réanimateur et sa mère infirmière anesthésiste. Il a fait l’essentiel de sa carrière à la clinique Saint‑Vincent à Besançon, avec un passage en 2009 à la polyclinique de la ville. De nombreux collègues le décrivaient comme « le meilleur anesthésiste » de la clinique et certains confessaient leur admiration.

    Marié à une cardiologue, père de deux filles, il vivait à Montfaucon, près de Besançon, avant l’ouverture des investigations. Le couple a divorcé en 2021. Interdit d’exercer après sa mise en examen en 2017, il a été autorisé en 2024 à reprendre une activité sans contact avec des patients, mais n’a pas repris d’emploi. Il vit aujourd’hui du RSA et demeure chez ses parents, sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence depuis 2019.

    Comportements, santé mentale et éléments mis au jour par l’enquête

    Le dossier décrit un médecin à la personnalité forte mais discret, et qui a souffert de troubles psychiques. En 2014, il a été suivi par un psychologue après une tentative de suicide à la clinique, prise en charge par le SAMU. Les notes du psychologue indiquent qu’il « s’ennuyait dans son travail et dans sa vie ».

    En 2021, alors qu’il était interdit d’exercer, il aurait tenté de nouveau de se suicider en sautant d’une fenêtre chez ses parents, après une soirée fortement alcoolisée, selon les éléments du dossier. L’enquête a également mis en lumière des comportements visant à masquer certaines réalités : falsification de résultats sportifs au golf et usage des résultats de prise de sang d’une collègue pour constituer un dossier de prêt bancaire afin de dissimuler la prise de médicaments.

    Ces éléments interrogent à l’aune des soupçons portés contre lui : la justice le suspecte d’avoir pollué des poches de perfusion pour provoquer des arrêts cardiaques, puis d’avoir démontré ses compétences de réanimateur.

    Expositions antérieures à des affaires d’empoisonnement et liens familiaux

    Plusieurs affaires d’empoisonnements apparaissent dans l’entourage ou la carrière de M. Péchier. À la fin des années 1990, alors interne au CHU de Besançon, il a assisté à des injections intraveineuses de potassium lors d’une affaire d’euthanasie confirmée en 2002, qui avait évoqué l’accélération de la mort pour quatorze patients. Plus tôt, en 1984, adolescent, il était présent dans un contexte où une jeune femme est morte après un empoisonnement à l’hôpital de Poitiers ; l’enquête de l’époque n’avait pas déterminé s’il s’agissait d’un acte délibéré ou d’une erreur.

    Sur le papier, Frédéric Péchier n’est directement impliqué ni dans l’une ni dans l’autre de ces affaires, mais le fait d’avoir été « baigné » dans ces dossiers est mentionné dans le dossier et sera abordé lors du procès.

    Chronologie : dates clés et mises en examen de 2017 à 2024

    1. 6 mars 2017 – Frédéric Péchier soupçonné de sept empoisonnements, dont deux mortels ; mis en examen pour « empoisonnement avec préméditation ».
    2. 10 mai 2018 – Il demande la levée de sa mise en examen et souhaite retravailler.
    3. 16 mai 2019 – La justice retient 17 nouveaux cas d’empoisonnement, dont sept mortels, portant le total à 24 cas dont neuf mortels.
    4. 17 mai 2019 – L’anesthésiste part dans le Poitou en attendant son procès.
    5. 20 juin 2019 – Le praticien clame son innocence et dénonce un « acharnement » contre lui.
    6. 18 septembre 2019 – Il reste en liberté après une décision de la Cour de cassation.
    7. 11 novembre 2019 – Le père d’une victime affirme qu’il « ne lâchera rien ».
    8. 11 avril 2021 – L’expertise Zagury conclut que Frédéric Péchier « n’a pas le profil d’un tueur en série ».
    9. 5 octobre 2021 – L’avocat révèle que son client a tenté de se suicider.
    10. 8 mars 2023 – Mise en examen pour deux nouveaux cas d’empoisonnement.
    11. 29 mars 2023 – Mise en examen pour un nouveau cas, portant à 30 le nombre de cas poursuivis.
    12. 31 mars 2023 – La justice détaille la liste des 32 victimes présumées (chiffres évoluant au fil de l’instruction).
    13. 26 avril 2023 – Frédéric Péchier obtient une autorisation partielle d’exercice.
    14. 23 mai 2024 – Le parquet de Besançon requiert des Assises pour l’ancien anesthésiste.
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    source:https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/proces-pechier-l-anesthesiste-de-besancon-juge-pour-empoisonnements-un-medecin-admire-un-homme-tourmente-7309120#xtor=RSS-10

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