Vous éteignez votre smartphone 30 minutes avant le coucher, vous avez changé d’oreiller, essayé une infusion de mélisse… et pourtant, le sommeil ne vient toujours pas. Quand les insomnies persistent malgré une bonne hygiène de vie, la cause peut parfois se cacher dans l’armoire à pharmacie.
De plus en plus d’experts alertent en effet sur un effet méconnu de certaines vitamines, capables de dérégler le cycle veille-sommeil. Selon le Dr Raj Dasgupta, médecin spécialiste du sommeil, certaines d’entre elles influencent directement la mélatonine, la chimie du cerveau et le rythme circadien.
La vitamine B12, un stimulant inattendu
Parmi les vitamines susceptibles de perturber les nuits, la vitamine B12 attire particulièrement l’attention. Le Dr Dasgupta dit avoir vu plusieurs patients développer de mauvaises habitudes de sommeil après avoir commencé une supplémentation censée leur donner plus d’énergie.
La vitamine B12 intervient dans la production d’énergie et le bon fonctionnement du système nerveux. Sur le papier, tout semble bénéfique, mais elle peut se révéler trop stimulante pour certaines personnes, notamment lorsqu’elle est prise au mauvais moment de la journée.
Le médecin insiste sur un point essentiel : il faut savoir ce que l’on met dans son corps et comment cela interagit avec le cycle veille-sommeil. Si la prise de vitamine B12 s’accompagne d’une sensation d’agitation en soirée ou d’une incapacité à s’endormir, il peut s’agir d’un signal à ne pas négliger.
Quand la prise de B12 gêne l’endormissement
La vitamine B12 n’a rien d’une vitamine sédative. C’est même plutôt l’inverse : en prendre trop tard dans la journée, ou à doses élevées, peut perturber la capacité à se détendre et à rester endormi. L’effet peut être encore plus marqué chez les personnes sensibles aux changements de rythme.
Le Dr Dasgupta prévient que cette stimulation peut se traduire par une impression d’être “surexcitée” au moment du coucher. Chez certains patients, cela suffit à retarder l’endormissement ou à provoquer des réveils nocturnes répétés.
Bien sûr, d’autres facteurs peuvent aussi expliquer des nuits hachées :
- le stress ;
- l’anxiété ;
- la consommation d’alcool ;
- les écrans utilisés trop tard ;
- des horaires de coucher irréguliers.
Mais si ces éléments ne suffisent pas à expliquer vos troubles du sommeil, il peut être utile de regarder du côté des compléments alimentaires et des vitamines pris récemment.
À quoi sert vraiment la vitamine B12 ?
La vitamine B12 n’est pas l’ennemie de tout le monde. Elle joue un rôle essentiel dans la formation des globules rouges, la santé du système nerveux et la production d’énergie. On la trouve surtout dans les produits d’origine animale, comme la viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers.
Une supplémentation peut parfois être recommandée chez les personnes ayant un régime plutôt végétarien, ou en cas de carence avérée. Un manque de vitamine B12 peut en effet provoquer une grande fatigue, voire des troubles de la mémoire.
En revanche, chez les adultes en bonne santé et non malnutris, la supplémentation n’est pas forcément utile. Le médecin rappelle d’ailleurs qu’il est très peu probable d’être carencé lorsque l’organisme fonctionne normalement et régule correctement son taux de B12.
Pourquoi la prudence s’impose le soir
La vitamine B12 agit comme un stimulant naturel lorsqu’elle est prise tard dans la journée. Cet effet dynamisant peut gêner l’installation du sommeil, surtout chez les personnes déjà sujettes à l’anxiété ou sensibles à la caféine.
Dans certains cas, le simple fait de décaler la prise à un moment plus tôt de la journée peut suffire à limiter l’impact sur les nuits. Si les insomnies apparaissent après le début d’une supplémentation, le lien mérite donc d’être envisagé sérieusement.
Avant de multiplier les solutions contre les troubles du sommeil, mieux vaut vérifier si un complément alimentaire ne perturbe pas, sans qu’on s’en rende compte, le rythme veille-sommeil.
