La Marine nationale a arraisonné mardi 23 juin 2026, au large de la Sicile, le pétrolier Deliver, soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe. C’est la cinquième interception de ce type menée par la France depuis septembre 2025.
L’opération, en cinq points
- Navire : Deliver, pavillon camerounais, en provenance de Primorsk (Russie).
- Lieu : Méditerranée centrale, au large de la Sicile.
- Date de l’interception : mardi 23 juin 2026.
- Annonce : jeudi 25 juin par l’Élysée (post du président de la République sur X), avec vidéo de l’intervention des commandos marine.
- Cadre juridique : article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), vérification de la nationalité du navire soupçonné d’arborer un faux pavillon.
« Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions »
Sur le réseau social X, le président de la République a confirmé l’opération en la reliant explicitement au contournement des sanctions européennes adoptées après l’invasion de l’Ukraine :
« Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe. L’Europe est déterminée. Elle poursuivra tous les efforts nécessaires pour accroître le coût de la guerre pour la Russie et permettre l’avènement d’une paix robuste et durable en Ukraine. »
Son message est accompagné d’une vidéo tournée par les forces de la Marine nationale, montrant l’observation du Deliver aux jumelles puis l’intervention de commandos hélitreuillés à bord du navire.
Un pavillon camerounais sur un tanker au départ de Primorsk
Selon la préfecture maritime de la Méditerranée, le Deliver arborait un pavillon camerounais
et naviguait en provenance de Primorsk en Russie
, l’un des grands terminaux d’exportation de brut russe sur la Baltique. C’est précisément la configuration typique des navires utilisés pour échapper au plafonnement des prix du pétrole russe : changement fréquent de pavillon, routes opaques, transbordements en mer.
Le contrôle mené par la France s’est fondé sur l’article 110 de la CNUDM : si un navire refuse de arborer son pavillon, ou si le pavillon est mis en doute, un bâtiment de guerre peut arraisonner le navire pour vérifier sa nationalité. La préfecture évoque la suspicion de faux pavillon
comme motif du contrôle.
Cinq opérations françaises en neuf mois
L’arraisonnement du Deliver est le cinquième depuis septembre 2025, ce qui en fait une doctrine d’emploi désormais lisible. Le précédent le plus médiatisé est celui du Tagor, intercepté dans l’océan Atlantique le 2 juin 2026 à son arrivée dans la baie de Douarnenez.
Flotte fantôme : de quoi parle-t-on ?
L’expression désigne les navires-citernes, souvent anciens, ré-immatriculés sous des pavillons de complaisance et utilisés pour exporter du brut russe en contournant les sanctions et le plafonnement des prix mis en place par le G7 et l’Union européenne. Le recours à des pavillons opaques ou incohérents avec l’historique du navire est l’un des marqueurs suivis par les marines occidentales pour déclencher un contrôle.
Une stratégie française assumée politiquement
En s’exprimant personnellement sur X et en diffusant la vidéo de l’opération, l’Élysée choisit la transparence sur ce type d’intervention, jusqu’ici restituée principalement par des communiqués de la préfecture maritime. Le choix de l’arraisonnement plutôt que de la simple observation, et l’ancrage explicite dans les sanctions européennes, inscrivent la démarche française dans la stratégie plus large d’« accroître le coût de la guerre pour la Russie » défendue par le chef de l’État.
Sources
- TV5Monde — La France arraisonne un cinquième pétrolier de la flotte fantôme russe (25 juin 2026, dépêche AFP)
- Le Figaro — Guerre en Ukraine : la France a intercepté un cinquième pétrolier de la flotte fantôme russe (25 juin 2026)
- 20 Minutes — Méditerranée : un nouveau pétrolier de la « flotte fantôme » russe intercepté par la France au large de la Sicile (25 juin 2026)
