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    أوربان ينسحب من المحكمة الجنائية الدولية لدعم نتنياهو

    المجر, إسرائيل, أوروبا

    Un discours révolutionnaire en 1989

    À l’été 1989, un jeune homme de 26 ans au visage européen, aux cheveux longs et à la barbe courte, vêtu d’un costume décontracté sans cravate, s’adressa à environ 250 000 personnes rassemblées sur la place des Héros à Budapest. Cette foule inhabituelle célébrait la cérémonie de réinhumation des symboles de la révolution hongroise contre le régime communiste, brutalement écrasée par l’armée soviétique en 1956.

    Emery Nagy, ancien Premier ministre hongrois exécuté par le régime pro-soviétique pour sa rébellion contre la poigne stalinienne, était ce jour-là le héros symbolique majeur.

    Le jeune politicien hongrois, membre d’un petit parti nommé « Fidesz » ou « Parti des Jeunes », prononça un discours court mais puissant, appelant à croire en soi pour mettre fin à la dictature communiste et à forcer le parti au pouvoir à organiser des élections libres. Il déclara notamment :

    • « Maintenant, après 33 ans depuis la révolution hongroise, et 31 ans depuis l’exécution du dernier Premier ministre responsable, nous avons une chance de réaliser les souhaits des révolutionnaires de 1956 par des moyens pacifiques. »
    • « Si nous restons fidèles aux idées de la révolution, nous pourrons voter pour un gouvernement qui négociera le retrait des troupes russes. »

    Ce discours libéral et révolutionnaire contrastait avec le contexte soviétique oppressant, et paradoxalement, cet orateur deviendra plus tard un adversaire farouche du libéralisme.

    De la révolte libérale à la montée autoritaire

    Viktor Orbán, qui gouverne la Hongrie depuis 15 ans avec une majorité écrasante et domine le parlement, a profondément modifié la constitution et le visage du pays. Considéré en Europe comme un leader poussant vers l’autoritarisme et l’extrême droite, il est aussi accusé d’être « l’homme de la Russie en Europe », l’exact opposé de l’ennemi soviétique qu’il dénonçait autrefois.

    Récemment, Orbán a suscité une vive polémique dans le monde arabe en recevant Benjamin Netanyahou à Budapest, défiant un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le Premier ministre israélien pour crimes de guerre lors de son offensive à Gaza. Orbán a même annoncé le retrait total de la Hongrie de la CPI.

    De la pauvreté à la politique

    Viktor Orbán est issu d’un milieu modeste dans un village d’Europe de l’Est dominé par un régime soviétique autoritaire. Son enfance fut marquée par la pauvreté, un père sévère et un travail dur dès le plus jeune âge.

    • Son seul plaisir était le football, où il rêvait d’être attaquant et de devenir un joueur international.
    • Il a étudié le droit et maîtrisé l’anglais, créant en 1988 une organisation étudiante démocratique qui deviendra le parti Fidesz.

    À cette époque, Orbán était un libéral anti-communiste, soutenu par le milliardaire George Soros, avant de devenir son opposant acharné.

    Ascension politique et virage à droite

    Après un début prometteur, la défaite électorale de 1994 poussa Orbán à adopter une stratégie nationaliste et populiste. En 1998, son parti remporta les élections et il devint le plus jeune Premier ministre de l’histoire hongroise.

    Orbán exploita la sensibilité nationale autour du traité de Trianon (1920), qui avait amputé la Hongrie de deux tiers de son territoire, nourrissant un sentiment de rancune collective.

    Il mena la Hongrie à rejoindre l’OTAN (1999) et l’Union européenne (2004), mais perdit les élections de 2002. Suite à cette défaite, il accentua son virage vers la droite, mêlant nationalisme et conservatisme chrétien.

    Le pouvoir et la transformation de la Hongrie

    Depuis son retour au pouvoir en 2010, Orbán a profondément transformé la Hongrie :

    • Contrôle accru des médias avec des alliés locaux remplaçant les investisseurs étrangers.
    • Adoption d’environ 365 nouvelles lois en deux ans, renforçant son pouvoir et réduisant l’indépendance judiciaire.
    • Réduction des pouvoirs de la Cour constitutionnelle, nomination des juges par le parlement avec majorité qualifiée.
    • Distribution des postes clés dans l’État à ses partisans.

    Ces réformes ont suscité une forte opposition en Europe, certains dénonçant une dérive dictatoriale, tandis que des conservateurs dans le monde voient en Orbán un modèle pour affaiblir l’État profond.

    Une politique étrangère d’équilibre entre Est et Ouest

    Orbán cherche à équilibrer ses relations entre l’Est (Russie, Chine) et l’Ouest (UE, États-Unis). Il prédit la domination future de la Chine et espère que la Hongrie jouera un rôle plus important sur la scène mondiale en s’appuyant sur ces puissances.

    En même temps, il tente de construire une alliance en Europe de l’Est contre les pressions libérales occidentales, soutenant des régimes non libéraux et renforçant ses liens avec le Parti républicain américain et le mouvement « Make America Great Again ».

    La controverse récente : le soutien à Netanyahou et le retrait de la CPI

    La visite de Benjamin Netanyahou à Budapest et le soutien explicite d’Orbán au Premier ministre israélien ont amplifié l’opposition européenne envers Orbán, notamment en raison de son refus de respecter les décisions de la Cour pénale internationale.

    Ce geste politique alimente les tensions entre la Hongrie et d’autres pays européens, annonçant une nouvelle phase conflictuelle dans les relations entre Orbán et l’Union européenne.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/4/16/%d9%85%d8%a7%d8%b0%d8%a7-%d8%aa%d8%b9%d8%b1%d9%81-%d8%b9%d9%86-%d9%82%d8%a7%d8%b7%d9%81-%d8%a7%d9%84%d8%a8%d9%86%d8%ac%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b0%d9%8a-%d8%a7%d9%86%d8%b3%d8%ad%d8%a8-%d9%85%d9%86

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