More

    L’Alaska, une vente historique entre Russie et États-Unis en 1867

    France

    En 1867, la Russie cédait l’Alaska aux États-Unis pour 7,2 millions de dollars, une transaction devenue l’une des plus célèbres dans l’histoire des acquisitions territoriales. Ce territoire, alors perçu comme coûteux et lointain, allait marquer durablement les relations entre les deux grandes puissances et révéler un potentiel économique bien plus tardif. Sur les cartes modernes, Sitka et l’ancienne Novo-Arkhangelsk rappellent encore ce tournant géopolitique du Pacifique nord.

    Carte de l'Alaska, transfert des mains russes aux américaines, 1867
    Carte de l'Alaska illustrant le transfert historique entre Russie et États-Unis

    Fourrures, prêtres et monopole impérial

    La présence russe en Alaska ne s’est pas imposée par la guerre, mais par la fourrure. Au XVIIIe siècle, des marchands et des aventuriers s’aventurent au-delà de la Sibérie, attirés par les richesses des loutres de mer. Les premiers navires reviennent chargés de loutres, de renards et d’autres fourrures qui séduisent les marchés européens et américains. Dans les années 1790, Catherine II autorise la création de la Compagnie russo-américaine et lui confère le monopole du commerce et de l’administration du territoire.

    À l’époque, l’Alaska demeure un espace froid et peu peuplé. Les Russes, dont le nombre ne dépassait pas 800 au sommet, doivent faire face à l’isolement géographique vis-à-vis de Saint-Pétersbourg. Les communications sont difficiles et les coûts de maintien de la colonie pèsent lourdement sur la décision stratégique. Les responsables russes finissent par évaluer que conserver ce territoire coûteux et peu rentable peut être moins avantageux que d’en tirer rapidement profit, notamment dans le contexte des coûts liés à la guerre de Crimée.

    L’Alaska vendue pour 7,2 millions de dollars

    En juillet 1867, Edouard de Stoeckl, envoyé russe à Washington et négociateur en chef, confie à un proche que l’accord suscite une forte opposion, mais que la réalité des colonies demeure mal appréhendée par la métropole. Le territoire est finalement cédé le 30 mars 1867 pour 7,2 millions de dollars, soit environ 6,6 millions d’euros à l’époque, et environ 128 millions d’euros actuels une fois l’inflation prise en compte.

    Pour les Américains, l’achat apparaissait comme une opportunité stratégique majeure: ressources potentielles, fourrures, pêche et une ouverture commerciale accrue avec la Chine et le Japon. Le gouvernement américain espérait surtout prévenir une éventuelle présence britannique sur le territoire et envisager l’Alaska comme une étape vers l’émergence d’une puissance pacifique sur le continent. L’opinion de l’époque décrivait une démarche expansionniste qui semblait répondre à des intérêts américains croisés.

    « Déserts de neige » ou affaire du siècle ?

    À Saint-Pétersbourg, certains considèrent la vente comme une humiliation: une colonie périphérique et coûteuse aurait été bradée. Le journal libéral Golos dénonce une vente « profondément irritante pour tous les vrais Russes » et s’interroge sur le prix d’un territoire aussi symbolique pour la nation.

    De l’autre côté du Pacifique, les réactions divergent également. Le secrétaire d’État américain qui a oeuvré pour le traité est parfois moqué pour avoir dépensé ce qui était perçu comme une somme extravagante dans un « désert gelé ». D’autres journaux évoquent l’Alaska comme une possession de déserts de neige infranchissables, renforçant le sens d’un territoire éloigné et difficile à défendre.

    Héritage et potentiel futur

    Depuis lors, les États-Unis ont tiré des bénéfices considérables des ressources et du positionnement stratégique de l’Alaska. Huile de baleine, fourrures, minéraux et, plus tard, pétrole ont soutenu la croissance économique et l’expansion industrielle américaine. Aujourd’hui, l’Alaska est soupçonnée de receler des milliards de barils de réserves pétrolières, consolidant son rôle clé dans l’économie et la sécurité énergétique des États‑Unis. Cette vente historique demeure ainsi l’une des plus célèbres et lucratives du XXe siècle dans l’histoire des acquisitions territoriales.

    Vente De Lalaska | Russie | États-unis | Achat Territoire | Alaska | Histoire | Vente Territoriale | France
    source:https://www.lepoint.fr/eureka/le-jour-ou-les-etats-unis-ont-achete-l-alaska-aux-russes-pour-une-bouchee-de-pain-14-08-2025-2596342_4706.php

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici


    Actualités

    L’acteur de Friends, Matthew Perry, décède à 54 ans

    "Matthew Perry, célèbre pour son rôle de Chandler Bing dans Friends, décède à 54 ans. Acteur très apprécié, sa mort suscite l'émotion mondiale."

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge selon un expert militaire

    Entité sioniste déploie des navires de guerre en Mer Rouge pour contrer les Houthis au Yémen, une manœuvre vue comme une démonstration de force envers l'Iran.

    L’affaire des SMS entre Pfizer et la Commission européenne : ce qu’il faut savoir

    En avril 2021, le New York Times a révélé...

    Banque suisse : Credit Suisse en chute libre après la faillite de la SVB

    L'action de Credit Suisse a dévissé de plus de...

    Le Retour de Microsoft avec Bing et Edge : Une Menace pour Google ?

    Depuis moins de trois mois, ChatGPT a déjà créé...

    Taïwan: Lai réaffirme que l’île ne dépend pas de Pékin

    Lai Ching-te a réaffirmé que Taïwan n’appartenait pas à Pékin et que seul le peuple taïwanais pouvait décider de l’avenir de l’île. Une déclaration qui relance les questions sur l’équilibre entre Taipei, Washington et la Chine.

    Google, UE et parasite SEO : le vrai combat autour du site reputation abuse

    Google propose des concessions à Bruxelles sur sa politique site reputation abuse. Derrière le parasite SEO, un bras de fer sur la visibilité des médias.

    Attaque de drones sur Moscou: ce que l’on sait de la plus forte vague revendiquée depuis plus d’un an

    La Russie dit avoir subi sa plus importante attaque de drones sur Moscou depuis plus d’un an, avec au moins quatre morts selon Reuters.

    Ebola: l’OMS déclenche son plus haut niveau d’alerte internationale pour la RDC et l’Ouganda

    L’OMS a élevé l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda au rang d’urgence de santé publique de portée internationale.

    OpenAI et Malte lancent une expérimentation inédite: un an de ChatGPT Plus pour les habitants formés à l’IA

    Malte veut démocratiser l’usage de l’IA avec un an d’accès à ChatGPT Plus après un parcours de formation gratuit.

    Tunisie : des manifestants remettent la pression sur Kaïs Saïed au cœur d’une crise politique et sociale

    La mobilisation de samedi à Tunis relance les inquiétudes sur les libertés publiques et sur l’aggravation de la crise économique tunisienne.

    Hantavirus : un cas confirmé au Canada, faut-il s’inquiéter en France ? Ce que l’on sait des symptômes, de la transmission et du risque...

    Après un nouveau cas confirmé au Canada, voici ce que disent Reuters, l’OMS, l’ECDC, le CDC, le ministère de la Santé et l’Institut Pasteur sur le risque réel en France.

    SpaceX : BlackRock aurait discuté d’un investissement géant pour l’IPO, ce que l’on sait vraiment

    Un possible investissement de BlackRock dans l’IPO de SpaceX alimente les marchés, mais le dossier reste au stade de discussions rapportées et non confirmées officiellement.

    à Lire

    Categories