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    Pourquoi l’Afrique redoute un retour de Trump à la présidence

    Pourquoi l’Afrique redoute un retour de Trump à la présidence

    Les répercussions de l’élection de l’ancien président Donald Trump lors de son premier mandat n’ont pas seulement impacté son pays, mais ont également engendré une dynamique de « politique d’excitation » qui a eu des répercussions dans le monde entier, y compris sur le continent africain. De nombreux décideurs en Afrique s’inquiètent de ce que cet hiver américain, avec les élections à la clé, pourrait leur réserver.

    Une expérience marquée par des difficultés

    Le continent africain a déjà vécu une expérience difficile durant le mandat de Trump, décrite par Ronak Gubaldas, directeur de Signal Risk, comme oscillant entre « le mépris et l’indifférence ». Ce constat est largement partagé dans les études évaluant l’approche de Trump envers l’Afrique. Il est notable que Trump n’a jamais visité le continent africain et n’a reçu que trois dirigeants africains durant son mandat.

    Trump a été rapporté en train de tenir des propos racistes en parlant de l’immigration d’Afrique, déclarant : « Pourquoi devrais-je accepter des réfugiés de pays sales ? Nous devrions accueillir davantage de réfugiés de pays comme la Norvège. » Ce n’est pas la seule fois qu’il a utilisé un langage offensant pour qualifier les immigrants africains.

    Des chiffres alarmants

    Les statistiques parlent d’elles-mêmes : le commerce entre les États-Unis et l’Afrique a chuté à environ 41 milliards de dollars en 2018 contre 100 milliards en 2008. Le détachement de l’administration américaine vis-à-vis du continent a eu des conséquences négatives sur les investissements américains en Afrique, diminuant de 50.4 milliards de dollars en 2017 à 43.2 milliards de dollars en 2019.

    Stratégie africaine 2018

    Une analyse menée par des universitaires, dont Francis Osso, a dressé un panorama de l’approche américaine envers l’Afrique, considérant l’administration de Bill Clinton comme le début d’une collaboration sérieuse et durable, poursuivie par George W. Bush et Barack Obama. En revanche, l’élection de Trump en 2016 a marqué une rupture fondamentale.

    Le 13 décembre 2018, John Bolton, alors conseiller à la sécurité nationale, a annoncé une nouvelle stratégie pour l’Afrique, qui reposait sur trois piliers : la sécurité, la géopolitique et l’économie, visant à renforcer les liens commerciaux et à aborder les défis sécuritaires liés aux groupes armés.

    Les enjeux économiques et politiques

    La montée du « nationalisme économique » sous Trump, promue par le slogan « America First », pourrait avoir des conséquences inflationnistes en Afrique, entraînant des augmentations des obligations de service de la dette. Cette situation pourrait s’aggraver, alors que de nombreux pays africains souffrent déjà des effets résiduels de la pandémie de COVID-19 et des conflits internationaux, comme la guerre en Ukraine.

    Un retour à des politiques de réduction des investissements et d’aide pourrait détruire les avancées économiques, particulièrement dans des secteurs vulnérables comme la santé et les initiatives contre le changement climatique. De plus, il est probable que l’administration Trump révise des accords commerciaux comme la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique, ce qui risquerait de compromettre la zone de libre-échange continentale africaine.

    La dynamique géopolitique croissante

    Une étude stipule que la compétition géopolitique entre les États-Unis et la Chine se traduira par une montée des tensions en Afrique, susceptibles de provoquer des conflits autour des ressources. Avec un intérêt croissant pour des matières premières criticales comme celles nécessaires à la transition énergétique, les pays africains pourraient devenir encore plus stratégiques.

    Les droits de l’homme, relégués au second plan

    Le rapport mondial sur les droits de l’homme de 2021 qualifie la présidence de Trump de « désastreuse pour les droits de l’homme ». En Afrique, cela se manifeste par un soutien à des gouvernements inflexibles tant qu’ils s’alignent avec les priorités géostratégiques de Washington.

    La stratégie de 2018 de Trump n’a fait qu’une seule mention des droits de l’homme, loin des 16 mentions faites par l’administration Obama. Cela démontre un possible désintérêt des États-Unis à aborder les préoccupations relatives aux droits humains sur le continent.

    Potentialités et opportunités

    Malgré la perception négative des conséquences éventuelles du retour de Trump pour l’Afrique, des opportunités pourraient se présenter si les pays africains parviennent à naviguer les tensions géopolitiques. Une ligne plus ferme de Washington contre Pékin pourrait ouvrir des possibilités pour les économies africaines de renforcer leurs positions sur la scène mondiale.

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