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    Les horreurs des prisons syriennes sous le régime Assad

    Syrie

    Les horreurs des prisons syriennes sous le régime Assad

    Les Syriens vivent un état de choc face à la réalité des prisons et des centres de détention gérés par le régime d’Assad, décrivant des lieux d’enfer comparables à des procès de l’Inquisition du Moyen Âge. Ces révélations mettent en lumière des vérités douloureuses que le régime de l’ancien président Bachar al-Assad a cherché à cacher aux yeux du monde.

    Des conditions de détention inhumaines

    Les images diffusées par Al Jazeera depuis l’académie militaire d’Alep et la prison de Saydnaya révèlent des cellules sombres, des couloirs étouffants et des sous-sols conçus pour isoler des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants du monde extérieur. Ce tableau illustre la nature de l’ère sombre orchestrée par la famille Assad, qui a étouffé les aspirations et les rêves des Syriens.

    Selon les estimations des Nations Unies et des organisations de droits humains, plus de 130 000 personnes sont portées disparues en Syrie, dont beaucoup ne savent toujours pas si elles sont vivantes ou mortes. Des organisations locales avancent même le chiffre de 300 000 détenus, dont un grand nombre a perdu la vie sous la torture.

    Un héritage de violence

    La construction et l’extension des prisons remontent à l’époque de Hafez al-Assad, le père de Bachar, dont le régime, dans les années 1980, a exercé une répression brutale contre ses opposants. La ville de Hama a été l’une des dernières victimes de cette politique, transformant le pays en un véritable abattoir.

    Le journaliste syrien Abdullah Baroudi souligne que la plupart des centres de détention à Damas ou dans d’autres villes ont été construits durant cette période, à l’intérieur de zones sécurisées, car les prisons traditionnelles étaient saturées. Des dizaines de milliers de personnes ont été enlevées et ont disparu dans des lieux d’incarcération inconnus, à l’exception de la prison de Palmyre, qui a été mise en lumière après un célèbre massacre perpétré en 1980, faisant plus de mille victimes.

    Les obligations du droit international

    Le droit international impose aux États des obligations claires pour protéger toutes les personnes sous leur garde et leur garantir un traitement humain, les préservant d’actes de violence et de conditions menaçant leur vie, y compris toute forme de torture. Il est également interdit de procéder à des exécutions sommaires ou à des meurtres extrajudiciaires.

    Baroudi affirme que ces engagements ne peuvent être ignorés et sont essentiels pour prévenir l’impunité et poursuivre les responsables de leurs crimes. Le régime de Bachar al-Assad a en effet continué les erreurs du passé et a intensifié la répression systématique face aux manifestations du printemps syrien, dépassant même les actes de violence de son père.

    Des témoignages bouleversants

    Le juriste Ahmad al-Ayti décrit l’émotion ressentie lors de la libération de centaines de femmes détenues à la prison de Saydnaya, un moment qui a bouleversé les Syriens. Beaucoup d’entre elles n’ont pas pu croire que le régime Baas était fini et qu’Assad avait fui le pays.

    Des familles continuent de chercher leurs proches disparus, espérant les retrouver vivants dans d’autres prisons où elles avaient payé des millions de livres syriennes à des responsables pour obtenir des informations, en vain. D’autres familles ont demandé la restitution des corps de leurs proches morts en détention, sans obtenir de réponse, à l’exception de certificats de décès mentionnant des causes banales comme une crise cardiaque.

    La situation actuelle

    Les forces d’opposition syriennes, sous le nom de « Riposte à l’agression », qui ont lancé une offensive militaire contre le régime d’Assad, ont pris le contrôle de la plupart des prisons en Syrie et ont libéré des milliers de prisonniers. La Commission d’enquête internationale sur la Syrie de l’ONU a qualifié cet événement de moment historique pour un peuple qui a souffert de violences inouïes pendant 14 ans.

    Des familles en attente

    Fedwa Mahmoud, cofondatrice du mouvement « Familles pour la liberté », incarne le calvaire de milliers de familles syriennes. Elle raconte son parcours difficile pour retrouver des informations sur les détenus, déclarant : « Je suis la femme de l’opposant disparu Abdel Aziz al-Kheir et la mère du disparu Maher. »

    Fedwa a été arrêtée pour la première fois sous le règne de Hafez al-Assad et a passé deux ans en détention, étant séparée de sa propre famille. Elle raconte avec émotion comment, à son retour, ses enfants lui ont demandé pourquoi elle prenait des risques alors qu’ils avaient besoin d’elle.

    La situation de son mari et de son fils, disparus depuis longtemps, reste un mystère. La souffrance de Fedwa est partagée par des milliers de familles syriennes encore à la recherche de leurs proches.

    Une politique de répression

    Depuis 2011, les autorités syriennes ont emprisonné des dizaines de milliers d’opposants, dont des militants politiques, des journalistes et des travailleurs humanitaires, dans une campagne de répression qui s’apparente à des crimes contre l’humanité. Des organisations internationales ont révélé le rôle des services de renseignement syriens dans l’enlèvement et l’élimination physique de ces détenus.

    La description de l’organisation des opérations de répression et d’enlèvement par l’Organisation des détenus et disparus de Saydnaya met en évidence la complicité des institutions judiciaires et sécurité pour masquer les crimes et entraver toute enquête sur le sort des disparus.

    Le sociologue syrien Saeed Al-Bunni affirme que le système carcéral mis en place par Assad vise à soumettre, humilier et éliminer les opposants, instaurant un climat de terreur pour contrôler les populations.

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