Paris et Berlin ont annoncé lundi 22 juin avoir conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance paritaire du groupe franco-allemand KNDS, le fabricant des chars du futur (programme MGCS). L’État français détient actuellement 50 % du capital ; Berlin montera à 40 %, l’objectif affiché étant un « actionnariat paritaire » entre les deux pays avant la prochaine introduction en Bourse.
Le nouvel actionnariat
Dans un communiqué commun, les gouvernements français et allemand indiquent que la France et l’Allemagne ont l’intention de « devenir coactionnaires, à travers des transactions visant à un actionnariat paritaire entre les deux pays ». Concrètement, l’État français conserve sa part majoritaire actuelle de 50 %, tandis que Berlin va monter à 40 %, le solde restant entre les mains de Wegmann & Co., la holding familiale qui contrôle l’allemand KMW.
KNDS, champion européen des chars
KNDS est l’un des acteurs-clés de l’industrie européenne de défense terrestre, face à la concurrence américaine incarnée par General Dynamics (GDLS). Le groupe a été créé en 2015 par la fusion du français Nexter, alors détenu par l’État français, et de l’allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann. Il est aujourd’hui au cœur du programme de char du futur MGCS, principal programme terrestre de coopération entre Paris et Berlin.
Après l’échec du Scaf
L’annonce survient quelques semaines après l’abandon du projet d’avion de combat commun Scaf, acté par un accord entre Emmanuel Macron et le chancelier Friedrich Merz le 8 juin dernier. Sur le segment terrestre en revanche, la coopération franco-allemande reste donc active : le dossier KNDS apparaît comme le principal point de convergence industrielle entre les deux capitales après la rupture du Scaf.
Une étape vers la Bourse
L’accord ouvre la voie à la prochaine introduction en Bourse de KNDS, attendue depuis plusieurs mois. Les négociations entre l’État allemand et Wegmann & Co. avaient auparavant achoppé sur la question du prix d’entrée en Bourse, après la hausse puis l’inversion des valeurs de défense cotées en Europe en début d’année. L’arrivée au capital de l’État allemand à 40 %, dans la perspective d’une parité avec Paris, doit permettre de fixer ce prix dans un cadre stabilisé.
Lecture politique
La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a commenté dans un communiqué séparé que la participation allemande allait permettre de « sécuriser des technologies-clés, de la valeur industrielle et des emplois en Allemagne ». Elle a ajouté qu’à l’avenir « l’Allemagne et la France décideront sur un pied d’égalité du développement d’une entreprise essentielle pour les capacités de défense européennes ». La séquence donne un signal de continuité à la coopération industrielle de défense franco-allemande, alors même que le volet aérien du Scaf a été abandonné.
Sources
- Le Monde — La France et l’Allemagne renforcent leur partenariat stratégique en s’accordant sur la gouvernance paritaire de KNDS
- Le Parisien — La France et l’Allemagne s’accordent sur la gouvernance du fabricant de chars KNDS
- Le Figaro — Projet de char du futur : la France et l’Allemagne deviennent co-actionnaires de KNDS
